Enfant au Nunavut

Enfant au Nunavut à qui on n'a pas tenu la promesse d'éliminer la pauvreté avant 2000.
Photo Credit: Radio-Canada

Pauvreté infantile au Canada : la situation empire

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Le taux de pauvreté des enfants au Canada ne cesse de croître. Il est passé  de 12,4 % en 1989 à 19,9 % en 2014. Plus de 551 130 enfants vivent en situation de pauvreté.

Deux rapports, l’un de Campagne 2000 et l’autre de Campagne 2000 – Ontario indiquent que  le Canada a failli à son engagement pris en 1989 d’éliminer la pauvreté infantile.

Pire : la  pauvreté des enfants est plus importante aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 25 ans lorsque tous les partis de la Chambre des communes votaient pour l’éradication du problème, au plus tard en 2000.

Complexe Le Partage, à La Prairie
Complexe Le Partage, à La Prairie © Marie-Ève Maheu

Selon les chiffres compilés par les deux organismes, plus de 1,3 million d’enfants, soit un sur cinq, vivent en situation de pauvreté, tandis que quatre enfants autochtones sur dix vivent dans une famille à faible revenu.

Par ailleurs, 4 enfants pauvres sur 10 vivent dans une famille où les parents travaillent à temps plein, toute l’année et plus de 310 000 enfants au Canada ont recours chaque mois aux banques alimentaires.

Problème insoluble?

Les chiffres accablants peuvent donner l’impression d’une impuissance face au problème de la pauvreté des enfants au Canada. Mais il n’en est rien selon  Anita Khanna, coordonnatrice de Campagne 2000 – Ontario. Elle note par exemple que l’augmentation du salaire minimum et la Prestation ontarienne pour enfants ont eu des effets positifs sur le taux de pauvreté des enfants de la province, trois années de suite.

Pour remédier à la pauvreté des enfants au Canada, renchérit Laurel Rothman, Coordonnatrice nationale de Campagne 2000, il faut « Fournir de bons emplois et des salaires décents, cibler les transferts de revenu vers les personnes les plus dans le besoin, et renforcer les services de soutien aux familles ».

Chaussures déchirées
Un enfant sur sept vit dans la pauvreté au pays © IS

Depuis 2005, des initiatives municipales et provinciales sont en cours. Mais ce qu’il faut, d’après Campagne 2000, c’est un effort de tous les ordres de gouvernement et surtout qu’Ottawa se dote d’une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté.

Pour lutter contre la pauvreté, le gouvernement fédéral doit faire des investissements ciblés dans la Prestation nationale pour enfants, dans un système de services de garde à l’enfance de qualité et abordables, dans des stratégies de logement pour prévenir la faim, l’anxiété et la maladie dont trop d’enfants, parce qu’ils sont pauvres, souffrent

(Laurel Rothman)

En tout cas, Campagne 2000 et Campagne 2000-Ontario sont d’avis que de bonnes politiques publiques réussissent à réduire la pauvreté.  Une bonification de la prestation pour enfant à 5 600 dollars permettrait à 174 000 enfants au moins d’échapper à ce fléau. Il ne faut surtout pas attendre plus longtemps avant d’agir, compte tenu des conséquences sociales, économiques et psychologique de la pauvreté. D’ailleurs, divers autres organismes nationaux, comme la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants s’inquiètent de la persistance de ce fléau et font régulièrement des recommandations à ce sujet.

Quelques faits saillants

  • C’est en Ontario que les frais de garde d’enfants coûtent le plus cher : à 12 516 $ par année en moyenne pour faire garder un poupon, soit près de sept fois plus cher que les frais de garde annuels au Québec (1824 $).
  • Le coût élevé du logement contribue à la faim. Plus de 131 000 enfants ont recours chaque mois aux banques alimentaires. En Ontario, au moins 165 069 ménages sont en attente d’un logement au loyer établi en fonction du revenu.
  • Une personne sur sept qui vit dans un refuge pour sans-abri est un enfant : 37 % des ménages canadiens ont peine à garder leur logement. L’itinérance coûte quelque 7 milliards de dollars par année au Canada.
  • La pauvreté touche les personnes différemment : les enfants de familles non blanches et d’immigration récente, les enfants autochtones et les enfants qui ont une incapacité sont plus vulnérables à la pauvreté, ce qui entraîne des inégalités sociales et économiques persistantes

(Source: Campagne 2000)

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Mots-clés :
Publié dans : Économie, Immigration et Réfugiés, Politique, Santé, Société

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