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Réforme de l’éducation sexuelle en Ontario : qu’attend le Québec?

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Le Québec qui a retiré il y a plus de 10 ans des classes des cours spécifiques d’éducation sexuelle pourrait être tenté par l’approche plus directe et ouverte proposée par le gouvernement de l’Ontario. 

Sexe anal, fellation, cunnilingus et sextage devraient être dès septembre au programme scolaire des écoles dès la 7e année dans la province de l’Ontario.

La ministre de l’Éducation de l’Ontario, Liz Sandals, a dévoilé lundi les détails du contenu de son nouveau programme-cadre en matière d’éducation sexuelle et qui suscite de chauds débats depuis quelques semaines.

Les élèves de la plus importante des 10 provinces canadiennes apprendront aussi les règles du consentement sexuel centrée sur la notion que « non » veut bien dire « non », et ce dès la 2e année. Puis, c’est à partir de la 3e année qu’ils apprendront et qu’une famille peut avoir deux papas ou deux mamans et surtout pourquoi.

Certains des changements au programme soulèvent beaucoup d’objections de la part de certains parents, de groupes religieux et d’au moins un parti politique dans l’opposition.

La ministre ontarienne Liz Sandals présente la réforme du programme d'éducation sexuelle le 23 février 2015.
La ministre ontarienne Liz Sandals présente la réforme du programme d’éducation sexuelle le 23 février 2015. © Julie-Anne Lamoureux

Deuxième réforme proposée en cinq ans

Mais ce programme révisé est essentiellement le même qu’un autre précédent gouvernement libéral provincial avait présenté en 2010. À l’époque, le gouvernement avait reculé en partie devant l’opposition que le programme avait suscitée, mais aussi parce qu’il était miné par des scandales financiers.

Aujourd’hui, l’actuelle première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, croit qu’une majorité d’Ontariens sont prêts pour une réforme des cours d’éducation sexuelle. Sa propre homosexualité ne lui a pas barré l’accès à la tête de son Parti puis de sa province.

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Les réactions qui sont plus positives

La Fédération des enseignants et des enseignantes de l’élémentaire de l’Ontario accueille favorablement le nouveau programme scolaire, en soulignant qu’il n’a pas été mis à jour depuis 1998.

De son côté, le président de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Jean Lemay, voit la réforme d’un bon oeil. À son avis, les parents souhaitaient que le programme soit actualisé. Ils ont d’ailleurs été nombreux dans l’AFOCSC à répondre à l’étude du gouvernement

Une éducatrice en sexualité, Lyba Spring, affirme que le problème le plus important que le programme scolaire doit aborder c’est la question de du consentement. Elle affirme que présentement, il n’y a aucun enseignement qui encourage les jeunes à réfléchir à ce à quoi ils sont prêts à faire. Elle estime que la pornographie, le sextage et l’exploitation sexuelle devraient aussi être discutés en salle de classe.

Quant à la directrice de la médecine pour adolescent à l’hôpital pour enfants de Toronto, Dre Miriam Kaufman, elle affirme qu’il est naturel pour les jeunes enfants de poser des questions sur leur sexualité : « Les parents jouent un rôle essentiel, mais en tant que parents, nous ne répondons pas très bien aux questions. »

Orientation sexuelle et fellation feront partie du nouveau programme d’éducation sexuelle en Ontario

Un débat sur l’enseignement de la sexualité en Ontario qui pourrait se transmettre au Québec

Pendant que les discussions s’intensifient en Ontario… Elles commencent à rejoindre la province voisine du Québec ou les cours d’éducation sexuelle ne font plus partie officiellement de la grille horaire des écoles québécoises depuis 2003.

L’éducation sexuelle au Québec auprès des élèves relève aujourd’hui de l’ensemble des enseignants, qui n’ont pas de directives précises en la matière. Un professeur de mathématique pourrait théoriquement improviser sa propre version d’une petite formation en la matière… Mais, « quand tout le monde doit enseigner quelque chose de flou, personne ne le fait », croit Josée Scalabrini, vice-présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement au Québec.

La disparition des cours d’éducation sexuelle à l’école a eu un effet très négatif sur le comportement et la santé sexuelle des jeunes Québécois selon les organisateurs au Québec de la Marche mondiale des femmes qui réclamaient récemment leur retour dans les écoles québécoises.

Pour en savoir plus…

Chauds débats autour de l’éducation sexuelle à l’école – Radio Canada International

Réforme de l’éducation sexuelle en Ontario – Radio-Canada

Des experts accueillent favorablement le nouveau programme d’éducation sexuelle – Radio-Canada 

Préparation à la santé sexuelle – Association canadienne pour la santé en milieu scolaire

Des programmes d’éducation sexuelle « archaïques » – Radio-Canada 

Programme d’éducation sexuelle pour les parents – Gouvernement du Canada 

L’identité sexuelle à l’école – Agence de la santé publique du Canada

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Catégories : Politique, Santé, Société
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Un commentaire pour «Réforme de l’éducation sexuelle en Ontario : qu’attend le Québec?»
  1. Avatar Diane Thibault dit :

    Bonjour,
    Pour ma part l’histoire de mettre dans l’école primaire dans l’enseignement sexuelle d’enseigner la fellation et avoir soit deux papas ou deux mamans c’est tout à fait ridicule et insensé. Ca risque de faire d’eux de la confusion et de faire des homosexuels et des lesbiennes. Même si les enfants se questionnent beaucoup pour leur sexe je crois qu’il faut y aller de façon plus discrète et respectueuse. Il y a trop de liberté je trouve personnellement sur ce sujet.