Première au Nunavik : des cours d’éducation sexuelle dans les écoles

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Le élèves des écoles de Nunavik, situé au nord du 55e parallèle dans la province du Québec, participeront dès cette année à un cours pilote d’éducation sexuelle adapté à la culture inuite. Il sera introduit pour la première fois cette année dans toutes les écoles de la Commission scolaire Kativik.

Les enseignements sur l’éducation sexuelle feront partie du nouveau cours « vie personnelle et relations sociales » que la Commission scolaire Kativik veut instaurer dès la 5e année du primaire.

Les étudiants apprendront sur l’anatomie humaine et sur la reproduction sexuelle pendant quatre à six heures par an dans le cadre de leurs cours réguliers. Le programme sera mis à l’essai dans chaque école; les enseignants recevront une formation sur la façon de présenter ce programme.

Par le passé, l’éducation sexuelle au Nunavik devait être enseignée par les infirmières locales, mais dans la pratique ces cours avaient lieu rarement, voire pas du tout. Les étudiants semblent confirmer ces informations :

« Une infirmière est venue nous expliquer comment mettre un préservatif durant la première année du secondaire. Ça y est, c’est tout »  dit Brandon Lapage, 19 ans, qui a grandi à Kuujjuaq. Il affirme également que de nombreux adolescents et jeunes adultes du Nunavik sont mal informés sur les infections sexuellement transmissibles. « La plupart d’entre eux apprennent sur les maladies transmises sexuellement par Facebook. Certaines personnes ne savent rien. Ils disent : Qu’est-ce que la gonorrhée ? L’herpès ? Je n’ai jamais entendu parler de cela auparavant », dit-il.

Les cours seront donnés en anglais et en inuktitut pour faciliter la compréhension des jeunes. 

« Nous voulons que les étudiants se sentent à l’aise pour parler de ce sujet dans leur langue maternelle », explique Daniel Lafleur, directeur adjoint à la Commission scolaire Kativik. 

Les conseillers-étudiants seront mis à contribution pour donner le cours en inuktitut, et pour ce faire, ils travailleront avec le Conseil régional de la santé, qui a déjà un kit de cours de sensibilisation sexuelle.

Daniel Lafleur
Daniel Lafleur © Commision scolaire Kativik

Ailleurs au Québec

Cette année, les Commissions scolaires de la province de Québec ont également lancé un nouveau projet pilote d’éducation sexuelle qui sera obligatoire pour tous les étudiants. Cette initiative a été contestée par certains parents.

Bien que le cours au Nunavik sera différent, Lafleur dit qu’on regarde de près ce qui se passe au Québec.

« Nous avons regardé ce qu’ils faisaient, et nous avons parlé au ministère de l’Éducation. Nous sommes curieux de voir ce qui va arriver, si certains groupes vont s’y opposer», dit Lafleur.

Rappelons qu’en Ontario, certains étudiants ne participent pas au cours d’éducation sexuelle puisque soit leurs parents ou encore de groupes religieux ont contesté ce nouveau programme. Mais jusqu’ici Lafleur dit qu’il n’y a pas eu d’opposition au Nunavik. «Je ne l’ai pas entendu parler de parents en colère », dit-il.  « Notre classe d’éducation sexuelle est une composante d’un cours qui comprend plusieurs autres aspects de la vie personnelle des jeunes, alors peut-être il est perçu différemment ici à cause de cela. »

Lafleur dit que les thèmes abordés dans ce programme comprendront l’anatomie humaine, l’identité sexuelle, la contraception et les infections sexuellement transmissibles. La classe se concentrera également sur des thèmes tels que la saine alimentation, l’hygiène personnelle, les relations interpersonnelles, et de l’identité et de la culture.

Si tout va bien, les autorités éducatives de Nunavik voudraient voir le projet pilote étendu à d’élèves de la sixième année dès l’année prochaine, puis à l’école secondaire l’année suivante. 

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Catégories : Santé, Société
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