Il est peu probable que le Canada parvienne à réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1990 d’ici à 2050. C’est la conclusion du rapport du Conference Board du Canada intitulé une route longue et difficile : réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur canadien du transport routier d’ici 2050.
Alors que les représentants de différents pays du monde poursuivent leur concertation à Paris en France pour sauver la planète des ravages du réchauffement climatique, le rapport qui a analysé différents scénarios comme la réduction des distances parcourues par véhicule, l’amélioration du rendement énergétique et une plus grande pénétration des véhicules à technologie de substitution dans le marché, arrive à la conclusion qu’il faudrait que le Canada apporte d’importants changements à différents niveaux pour atteindre la cible.
Interrogé sur les motivations d’une telle recommandation, Louis Thériault Vice- président des politiques publiques du Conference Board du Canada a soutenu que le Canada ne devrait pas seulement compter sur les solutions technologiques pour atteindre cette cible, mais privilégier une approche coordonnée et mettre en place des initiatives pour modifier l’utilisation des transports en commun et réduire la demande en ce qui concerne le transport routier.
L’augmentation de gaz à effet de serre au Canada est attribuée en grande partie au secteur du transport, a relevé monsieur Thériault qui a souligné la nécessité pour le pays de se fixer des objectifs plutôt réalistes de réduction des gaz à effet de serre et de se donner des moyens clairs pour les atteindre.
En effet selon le rapport, les émissions de gaz à effet de serre dues au transport ont compté pour près de la moitié de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre du Canada de 1990 à 2013, les déplacements sur la route représentant la plus grande part de ces émissions.
Comme l’a affirmé monsieur Thériault, les émissions reliées au transport de marchandises et de passagers ont été réduites, mais à cause d’une augmentation de voitures sur les routes, les émissions issues du transport routier n’ont cessé d’augmenter.
Il y a eu certes des progrès en matière de réduction des gaz à effet de serre au Canada d’une manière générale, a-t-il reconnu, mais il faut aller plus loin en prenant d’autres types de mesures pour arriver à une baisse plus importante. Il mentionne à titre d’exemple qu’il faut non seulement une plus forte pénétration des véhicules à technologie de substitution dans le marché et des changements dans le mode de transport des Canadiens, mais qu’ il faut également que tous les secteurs d’activités s’impliquent considérablement, car le problème concerne toute la société.
C’est ce qui permettra, selon lui, de répondre à l’appel des experts sur l’évolution du climat qui ont recommandé aux pays développés de réduire leurs émissions de 80 % par rapport au niveau de 1990 dans le but de limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés Celsius.
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