Le gouvernement d'Ottawa a donné son feu vert pour la livraison de blindés légers en Arabie Saoudite

Le gouvernement d'Ottawa a donné son feu vert pour la livraison de blindés légers en Arabie Saoudite
Photo Credit: Radio-Canada/Louis Blouin

Canada/Arabie Saoudite : des armes et Raif Badawi alors?

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Alors que le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau vient de donner en toute discrétion son feu vert pour la livraison de blindés légers en Arabie Saoudite, au Québec, l’indignation est montée d’un cran au sein du Parti Québécois qui déplore cette politique des affaires à tout prix du fédéral qui intervient dans un contexte marqué par toutes sortes d’atteintes à la liberté et aux droits des personnes dans cette monarchie du Golfe considérée comme l’une des plus « dures au monde ».

Que ce soit l’actuel ou le précédent gouvernement au pouvoir à Ottawa, les premiers ministres du Canada ont toujours défendu le contrat de 15 milliards de dollars US décroché par l’entreprise General Dynamics, considéré comme le plus important contrat d’exportation militaire de l’histoire du Canada.

Alors que  le premier ministre Justin Trudeau souligne des retombées en termes de liquidité et de nombreux emplois directs pour les Canadiens, au Québec, le Parti Québécois lui rappelle le traitement « barbare » infligé au blogueur Raif Badawi.

La décision de Stéphane Dion, rendue publique aujourd’hui, de vendre des blindés légers à l’Arabie saoudite est une véritable insulte adressée à toutes les personnes qui luttent dans ce pays pour la liberté, en particulier la liberté d’expression, et qui subissent l’emprisonnement, la torture, et parfois même la mort dans des conditions parfaitement inhumaines

Carole Poirier,  députée d’Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole du Parti Québécois en matière de relations internationales 

Des véhicules blindés fabriqués au Canada seront bientôt livrés en Arabie Saoudite, ce qui soulève une vague d'indignation dans le pays
Des véhicules blindés fabriqués au Canada seront bientôt livrés en Arabie Saoudite, ce qui soulève une vague d’indignation dans le pays © Forces canadiennes

Contrats juteux au-dessus des droits de l’homme?

L’Arabie Saoudite est généralement perçue dans le monde comme un État qui a fait de la torture l’une de ses plus importantes règles en matière de gouvernance. Entre coups de fouet, arrestations et emprisonnements arbitraires, ou plus graves, des exécutions dont la plus récente, l’exécution le 2 janvier 2016 de 47 personnes parmi lesquelles le chef religieux chiite Nimr Bager al-Nimr, l’une des plus grandes figures de contestation contre le régime saoudien, la liste des exactions est loin d’être exhaustive.

C’est pourquoi le feu vert d’Ottawa pour l’exécution du contrat militaire avec ce pays suscite de vives réactions. Revenant sur le cas de Raif Badawi, le parti Québécois rappelle la motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2015 afin que Quévec et Ottawa unissent leurs efforts pour que le blogueur rejoigne sa femme et ses trois enfants installés au Québec.

Depuis son élection, le premier ministre du Canada semble beaucoup moins s’intéresser à la libération de Raif Badawi, alors que, pour lui et sa famille, l’urgence n’est pas moins grande, bien au contraire. Il y a quelques jours, Justin Trudeau disait même qu’il ne fallait pas aller trop vite dans ce dossier. Trop vite, alors qu’il croupit en prison depuis quatre ans? La priorité du nouveau gouvernement libéral canadien est visiblement de ne pas contrarier les autorités saoudiennes – et d’avoir le temps de livrer les blindés au royaume -, plutôt que de respecter ses engagements et de défendre les droits humains les plus élémentaires .

– Stéphane Bergeron, député de Verchères et porte-parole en matière de relations Québec-Canada

Au Parlement européen, Ensaf Haidar reçoit le prix Sakharov décerné à son conjoint, Raif Badawi. Il est récompensé pour son engagement en faveur de la liberté d'expression et il devient ainsi le premier citoyen de la zone du golfe arabique à recevoir ce prix.
Au Parlement européen, Ensaf Haidar reçoit le prix Sakharov décerné à son conjoint, Raif Badawi. Il est récompensé pour son engagement en faveur de la liberté d’expression et il devient ainsi le premier citoyen de la zone du golfe arabique à recevoir ce prix. © Vincent Kessler / Reuters

Accusé d’apostasie et d’insulte à l’islam, Raif Badawi avait été condamné en 2012  à 10 ans de prison ferme, à un châtiment corporel totalisant 1000 coups de fouet et au paiement d’une amende avoisinant les 300 000 dollars canadiens. Sa faute, avoir osé publier sur son site Internet Free Saudi Liberals, son désir de libéralisation morale pour son pays.

En face de la décision du gouvernement fédéral d’exécuter le contrat signé en 2014 par le précédent gouvernement conservateur, le Parti Québécois a déposé une motion critique en chambre le 13 avril 2016 et elle a été tout de suite rejetée par le gouvernement provincial du premier ministre Philippe Couillard.

En refusant ce matin de donner son consentement à la motion, le gouvernement libéral fait de nouveau preuve d’incohérence et d’improvisation. Après avoir accordé un certificat de sélection du Québec à M. Badawi et s’être engagé à plaider sa cause auprès d’Ottawa, Philippe Couillard préfère une fois de plus plier l’échine devant le grand frère canadien. C’est incohérent et irresponsable. Ce gouvernement n’est tout simplement pas à la hauteur du courage dont font preuve Raif Badawi et sa famille

Carole Poirier.

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Catégories : Économie, Politique, Société
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