L’archipel canadien de Haida Gwaii, dans l’océan Pacifique. PHOTO : COURTOISIE: ALBERTAN1956.BLOGSPOT.CA

L’archipel de Haida Gwaii, dans l’océan Pacifique. PHOTO : COURTOISIE: ALBERTAN1956.BLOGSPOT.CA

Pourquoi une compagnie canadienne tient-elle dur comme fer à « fertiliser » l’océan au Chili?

Pour rétablir les populations de Saumon de Pacifique, une compagnie canadienne entend féconder à l’aide de sulfate de fer un secteur de l’océan au large du Chili.

Jason McNamee, affirme que la compagnie Oceanos où il travaille maintenant est en discussion avec le gouvernement chilien pour procéder à un déversement similaire au large de la côte chilienne, en Amérique du Sud.

Selon CBC News, aucune entente n’a pour l’instant été signée entre les deux parties, mais il est déjà prévu que le projet soit financé à la fois par l’entreprise et le gouvernement local.

Cependant, des voix s’élèvent contre cette pratique parce qu’elle n’a pas été testée scientifiquement, selon elles. Certains experts ont aussi soulevé le manque de réglementation entourant ce procédé.

Une approche controversée qui fait encore l’objet d’une enquête

Rappelons que le gouvernement fédéral enquête toujours sur le bien-fondé d’une première tentative controversée de fertilisation au large de la côte ouest en 2012 par la compagnie Haida Salmon Restoration et qui avait également pour but d’augmenter la population de saumons.

Haida Salmon Restoration s’était donc rendue au large de l’archipel de Haida Gwaii, en Colombie-Britannique, sur la côte ouest-canadienne pour y déverser 100 tonnes de poussière de fer enrichi dans l’espoir d’y augmenter les populations de saumons.

Pour certains, ce processus de fertilisation de l’océan stimule la vie marine en augmentant grandement la quantité de phytoplanctons dont se nourrissent les animaux aquatiques.

Selon eux, l’ajout de fer augmenterait la capacité de captation du carbone dans les Océans.

Plusieurs scientifiques croient que les bénéfices de ces déversements ne seraient qu'éphémères et que des déversements de fer à grande échelle pourraient avoir en fait des effets délétères inconnus sur l'écosystème marin. Photo CBC
Plusieurs scientifiques croient que les bénéfices de ces déversements ne seraient qu’éphémères et que des déversements de fer à grande échelle pourraient avoir en fait des effets délétères inconnus sur l’écosystème marin. Photo CBC

Débat entre scientifiques

Un scientifique de l’Université de l’Oregon aux États-Unis, Ricardo Letelier, a décidé de participer au nouveau projet au large du Chili affirmant qu’une telle expérience peut aider à comprendre les écosystèmes.

Il souligne toutefois que cette expérience doit être menée pour des raisons scientifiques et non commerciales.

Le professeur à l’Université de Victoria et chercheur principal à Pêches et Océans Canada Ken, Denman, met en doute la validité des données recueillies par l’entreprise et affirme qu’elles ne proviennent pas d’un processus réellement scientifique.

Une océanographe de l’Université de la Colombie-Britannique, Maite Maldano, affirmait en 2012 que ce genre d’initiative peut entraîner des effets inverses à ceux espérés. « S’il y a une éclosion importante de phytoplancton, ça pourrait engendrer un manque d’oxygène à une certaine profondeur », précise la scientifique Maite Maldano.

Le saviez-vous
Les communautés autochtones présentes sur les côtes britanno-colombiennes pourraient voir les populations de poissons et crustacés divisées par deux d’ici à 2050, selon une étude de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) sur les effets du changement climatique.
L’étude publiée dans le magazine scientifique américain PLOS ONE évalue les pertes économiques pour les communautés autochtones à entre 6,7 et 12 millions de dollars chaque année d’ici à 2050.
En raison du réchauffement des eaux, les poissons et crustacés risquent de quitter le Pacifique nord-ouest pour des mers plus froides vers le pôle Nord.

Les poissons au large de la côte ouest du Canada et qui fuient le réchauffement climatique se déplaceront vers le Nord de 10,3 à 18 km par décennie. Photo : CBC
Les poissons au large de la côte ouest du Canada et qui fuient le réchauffement climatique se déplaceront vers le Nord de 10,3 à 18 km par décennie. Photo : CBC

RCI avec des informations de Radio-Canada en Colombie britannique et la contribution de Marie Villeneuve de Radio-Canada

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