L’anthropologue irano-canadienne Homa HoodfarCrédit photo : facebook.com/freehomahoodfar

L’anthropologue irano-canadienne Homa HoodfarCrédit photo : facebook.com/freehomahoodfar

Professeure canadienne détenue en Iran : Pressions d’Ottawa et d’ex-rapporteurs de l’ONU

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Les pressions internationales sur l’Iran se multiplient pour la convaincre de libérer une Canadienne de 65 ans en mauvaise santé qui a été arrêtée et écrouée en prison le printemps dernier. Cette fois, vingt anciens rapporteurs spéciaux des Nations unies pour les droits de la personne ont demandé mercredi la libération immédiate de Homa Hoodfar.

Les murs d’enceintes de la prison d’Evin
Les murs d’enceintes de la prison d’Evin © Soliranparis

Mme Hoodfar, une enseignante de l’Université Concordia est accusée notamment de« baigner dans des activités féministes ».

Elle se trouverait en isolement complet à la tristement célèbre prison d’Evin depuis une centaine de jours, où les problèmes neurologiques particuliers dont elle souffre se seraient détériorés. Elle aurait été brièvement hospitalisée en août, étant incapable de parler ou de marcher.

Les anciens rapporteurs se demandent, par voie de communiqué, comment le« féminisme » peut menacer la sécurité nationale de l’Iran et rappellent que Téhéran s’est engagée à faire la promotion de l’égalité des sexes. Ils reprochent à l’Iran de faire fi de sa propre Constitution et de ses propres lois.

Ils se déclarent par ailleurs « outrés » que Mme Hoodfar ait été placée en isolement, ce que la loi internationale considère être une forme de torture, et qu’elle soit privée de son droit de liberté d’expression. Ils demandent aux gouvernements du Canada, de l’Irlande et de l’Iran de prendre les mesures nécessaires pour qu’elle soit libérée immédiatement.

Aide-mémoire…
Mme Hoodfar et une professeure d’anthropologie à la retraite qui est née en Iran, mais qui réside à Montréal depuis 30 ans.
– La dame de 65 ans, qui détient une triple nationalité, canadienne, irlandaise et iranienne, était en Iran pour y poursuivre ses recherches sur le rôle public des femmes alors qu’avaient lieu, le 26 février, des élections qui ont permis l’arrivée de plusieurs élues au parlement.
– Elle est connue pour ses recherches sur les femmes musulmanes dans différentes régions du monde.
– En mars, les agents des services de contre-espionnage des Gardiens de la révolution islamique l’avaient déjà interceptée, saisissant son ordinateur personnel, son téléphone portable et son passeport et l’avertissant qu’elle ne pourrait pas quitter le pays pour rentrer au Canada.
– Mme Hoodfar avait été libérée quelques jours plus tard sous caution, puis arrêtée de nouveau le 6 juin.
– Homa Hoodfar serait détenue à la prison d’Evin, où sont incarcérés plusieurs prisonniers politiques iraniens. C’est également dans cette prison qu’a été torturée à mort, en 2003, la photojournaliste canadienne Zahra Kazemi.

La journaliste canadienne Zahra Kazemi a été arrêtée et tuée en 2003 dans une prison de Téhéran.
La journaliste canadienne Zahra Kazemi a été arrêtée et tuée en 2003 dans une prison de Téhéran. © AFP/BEHROUZ MEHRI

Ottawa préoccupé par les modalités de son procès

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion
Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion © PC/Paul Chiasson

Mardi, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s’est dit « vivement préoccupé » par les informations voulant que la professeure de l’Université Concordia emprisonnée en Iran, Homa Hoodfar, se soit vue refusée la présence de son avocat à son procès.

Dans un courriel, l’attachée de presse de M. Dion, Chantal Gagnon, signalait que le gouvernement canadien était activement engagé dans cette affaire, mais que l’absence de représentation canadienne en Iran posait des défis. Ottawa a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en septembre 2012.

« En l’absence de notre propre représentation diplomatique, nous travaillons étroitement avec d’autres pays afin d’examiner chaque option », a noté Mme Gagnon. Elle a assuré que le dossier de Mme Hoodfar demeurait une priorité.

Comme l’affaire est en développement, Ottawa ne peut discuter de la participation du gouvernement plus en détail.

La famille d’Homa Hoodfar livre plus de détails

Selon la famille de Mme Hoodfar, le juge chargé de son dossier, Abolqasem Salavati, lui a d’abord refusé son avocat, puis a rejeté un autre nom soumis par ses proches. Il lui a finalement imposé un avocat de son choix et n’a pas permis à la professeure l’accès à son dossier.

L’état de santé de l’anthropologue et sociologue de 65 ans emprisonnée à la tristement célèbre prison d’Evin depuis 100 jours s’est grandement détérioré. Dans un communiqué, la famille explique que c’est en raison de cette santé déclinante qu’elle a accepté les termes imposés par le juge iranien, en dépit du fait que cela viole la loi iranienne et les standards de justice internationaux.

« Ses droits légaux sous la loi iranienne continuent d’être violés effrontément, alors que le juge semble déterminé à la condamner en dépit de l’absence de preuve crédible contre elle », ont déploré mardi les proches de Mme Hoodfar.

Des universitaires exigent la libération d’Homa Hoodfar

Free Homa Hoodfar. Iran.
Des universitaires protestent. © Charles Contant

Mercredi de la semaine dernière, des universitaires montréalais et à l’étranger ont exigé la libération de leur collègue Homa Hoodfar en Iran.

Ces professeurs de l’Université Concordia affirment que quelque 5000 universitaires dans le monde ont signé une pétition en appui à Mme Hoodfar et que certains d’entre eux s’étaient également rassemblés devant l’ambassade iranienne à Dublin mercredi.

Kimberley Manning, de l’Institut Simone de Beauvoir à Concordia, a déclaré en conférence de presse qu’il s’agissait du premier d’une série de gestes visant à accroître la pression sur l’Iran.

RCI avec La Presse canadienne

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