Les 20 ans de l’ALÉNA

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Photo Credit: IS / iStock

Nouveaux défis commerciaux pour l’Amérique du Nord, quel avenir pour l’ALENA?

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L’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison-Blanche génère des questionnements quant à l’avenir du commerce entre les trois pays nord-américains. Le président désigné des États-Unis, qui a promis lundi de quitter l’accord commercial transpacifique lors de son premier jour de mandat, avait aussi fait part de son intention de quitter l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) durant la campagne électorale, s’il n’était pas amélioré à son goût. 

Des experts en commerce, des universitaires et des représentants du gouvernement disent que le Canada et le Mexique chercheraient aussi à obtenir des concessions sévères. Ils confirment également que toute renégociation prendrait probablement plusieurs années.

Rappelons par ailleurs que Trump n’a guère parlé des améliorations pointues qu’il veut faire à l’ALENA, hormis l’arrêt de la migration des usines et des emplois américains vers le Mexique.

« Dans une renégociation, une partie peut faire des demandes, mais l’autre partie s’attendra à des concessions, a déclaré Wendy Cutler, ancienne députée américaine au Commerce. Nous devons savoir ce que nous allons demander et ce que nous pouvons donner. »

Trump, qui pendant la campagne a appelé l’ALENA le « pire accord commercial de l’histoire » et menacé de percevoir un tarif de 35 % sur les automobiles et autres biens fabriqués par le Mexique, aurait du mal à augmenter les tarifs américains sans mettre fin à l’accord.

« Il n’y a pas de précédent d’une négociation de libre-échange dans laquelle l’une des parties augmente les tarifs plus que l’autre. Si les travailleurs américains sont plus chers que les travailleurs mexicains, la seule façon d’égaliser les règles du jeu est de faire en sorte que les coûts de production augmentent au Mexique », a dit Chad Bown, membre senior à l’Institut Peterson de l’économie internationale à Washington.

Une façon de le faire serait de négocier une plus grande protection de l’environnement et de meilleures conditions de travail, car cela augmenterait les coûts de fabrication dans un pays à faible revenu comme le Mexique.

Le président mexicain Enrique Pena Nieto et le premier ministre canadien Justin Trudeau
Le président mexicain Enrique Pena Nieto et le premier ministre canadien Justin Trudeau © PC/Sean Kilpatrick

Les points de vue canadien et mexicain 

Le Mexique et le Canada, partenaires des États-Unis dans l’Accord de libre-échange nord-américain, ont ratifié samedi leur engagement en ce qui concerne le libre-échange entre les deux pays et ont exprimé leur « volonté de continuer à travailler ensemble au bénéfice des deux peuples », a dit le président mexicain, Enrique Pena Nieto.

M. Pena Nieto et le premier ministre du Canada Justin Trudeau se sont rencontrés le week-end à Lima, au Pérou, pour discuter de l’impact potentiel que la présidence de Donald Trump pourrait avoir sur leurs relations commerciales.

Ne faisant aucune référence spécifique à l’ALENA, MM. Pena Nieto et Trudeau, qui se sont réunis dans le cadre des travaux du Sommet du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC ), ont abordé des thèmes de l’agenda bilatéral entre autres, les exportations de bœuf canadien sur le marché mexicain.

« Comme partenaires, amis et alliés, les deux pays allons collaborer en continu, et de façon étroite et efficace pour promouvoir davantage l’Amérique du Nord comme une région compétitive et prospère », a ajouté le président mexicain.

Au cours de la réunion, tenue le samedi après-midi, le premier ministre Trudeau a déclaré pour sa part qu’il « gardait ses options ouvertes » sur les discussions commerciales avec le président désigné des États-Unis.

Mais si l’ALENA est rouvert, le Canada insistera pour que toute renégociation mette fin à un différend de plusieurs décennies au sujet des exportations canadiennes de bois d’œuvre résineux, a déclaré David MacNaughton, ambassadeur du Canada aux États-Unis.

Les producteurs américains affirment que le bois canadien est injustement subventionné parce qu’il provient de terres fédérales et ont menacé de demander des milliards de dollars de droits de douane, ce qui, selon les responsables canadiens, serait une « moquerie » du libre-échange.

Les relations entre les dirigeants nord-américains sont au mieux tièdes. Quel avenir pour l’ALENA ?
Les relations entre les dirigeants nord-américains sont au mieux tièdes. Quel avenir pour l’ALENA ?

Pour le Mexique, toute concession qui favoriserait les produits industriels des États-Unis pourrait faire l’objet de demandes visant à augmenter les quotas d’importation des États-Unis pour le sucre mexicain et à protéger la culture mexicaine de la pomme de terre.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, le commerce total des États-Unis avec le Canada et le Mexique a quadruplé à 1,3 billion de dollars par année, mais le déficit commercial combiné des États-Unis avec le Canada et le Mexique est passé de 9,1 milliards de dollars en 1993 à 76,2 milliards en 2015.

Radio Canada International avec Reuters, La Jornada
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Catégories : Économie, Politique
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