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Le Canada retire ses policiers des océans qui se vident de leurs poissons

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Les inspections du Canada dans les eaux internationales ont chuté de moitié selon un rapport interne du gouvernement du Canada.

Selon ce rapport du ministère Pêches et Océans Canada datant de mars 2016, les coupes budgétaires de l’ère du premier ministre conservateur canadien de Stephen Harper et le vieillissement de la flotte de la Garde côtière canadienne ont contribué à cette diminution.

Ce rapport obtenu grâce à la Loi d’accès à l’information indique que le nombre de jours de patrouilles et d’inspections en mer dans la zone régie par l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (l’OPANO) a chuté de moitié de 2011 à 2015.

Moins de policiers dans nos océans, car il y aurait moins de contrevenants

Pêches et Océans justifient cette diminution des patrouilles de surveillance le long du littoral canadien non pas par une baisse d’effectifs policiers, mais par une baisse du nombre de navires étrangers qui pêchent dans les eaux internationales au-delà de la limite territoriale canadienne des 200 milles marins.

Selon le directeur général du programme de conservation et de protection de Pêches et Océans Canada, Allan MacLean, on trouverait ces jours-ci de 8 à 10 navires de pêche dans les zones contrôlées par l’OPANO, alors qu’il y en avait de 25 à 30 dans les années 1990. C’était l’époque de la « guerre du flétan » lors de laquelle le ministre canadien des Pêches de l’époque, Brian Tobin, avait créé un incident diplomatique en ordonnant l’arraisonnement de l’Estai, un navire espagnol soupçonné de surpêche dans les eaux internationales.

« Ça démontre à quel point les choses ont changé depuis 20 ans », affirme M. MacLean.

Nous vidons nos océans selon des chercheurs canadiens

Une enquête scientifique canadienne de l’Université de la Colombie-Britannique sur la côte ouest du Canada publiée il y a un an dans la revue Nature Communications concluait que l’humanité est en train de vider ses océans de leurs poissons, et ce plus rapidement que prévu.

90 % de toutes les espèces des poissons qui étaient présentes dans nos océans il y a 100 ans sont maintenant déjà disparues.

Le problème n’est plus seulement celui de la surpêche dans nos océans, mais aussi celui des stocks de pêches illégaux et donc souvent non déclarés, non comptabilisés dans les calculs des spécialistes qui visent la protection et la gestion des stocks.

En fait, selon l’enquête canadienne, près d’un poisson pêché en mer sur trois n’est signalé dans aucune statistique officielle.

Regarder notre reportage – 8:29

Détails de l’enquête canadienne sur la surpêche mondiale

Daniel Pauly, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique
Daniel Pauly, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique © Radio-Canada

Les chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique, Daniel Pauly et Dirk Zeller, ont regroupé des données compilées par l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), et une série d’autres données provenant de différents pays, de la littérature scientifique et de diverses expertises.

Ils ont constaté que l’organisation onusienne elle-même a systématiquement et dramatiquement sous-estimé le volume de poissons pêchés chaque année.

Par exemple, si la FAO estime que les prises mondiales de poissons avaient atteint le sommet de 86 millions de tonnes en 1996, les chercheurs canadiens ont calculé que les prises ont franchi cette année-là les 130 millions de tonnes. Une sous-estimation de 53 %!

RCI avec les informations de la Presse canadienne et de Rob Antle de CBC et la contribution de Jacques Dufresne, Arnaud Decroix, Amélie Gosselin, Monique Polloni et Francis Reddy de Radio-Canada

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Publié dans : Économie, Environnement, Internet et technologies, Société

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