Des aînés marchent le long d'un quai.

Des aînés marchent le long d'un quai.
Photo Credit: GI / Christopher Furlong

Au nom de la croissance, le Canada va-t-il tourner le dos aux retraites à 65 ans?

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Le président du Conseil consultatif sur la croissance économique du gouvernement fédéral, Dominic Barton, ramène sur le tapis tout le débat du report du soutien financier de l’État et de l’âge de la retraite au Canada

Le président du Conseil consultatif sur la croissance économique du gouvernement fédéral, Dominic Barton

Le président du Conseil consultatif sur la croissance économique du gouvernement fédéral, Dominic Barton

Le Conseil recommande au gouvernement d’infirmer sa décision annoncée l’an dernier lors du dépôt du budget fédéral et de rétablir le plan de l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper qui reportait l’âge de la retraite à 67 ans. Cela augure bien mal pour les plus jeunes générations de travailleurs.

Cette proposition rendue publique lundi par le Conseil fait partie d’un lot de cinq idées destinées à aider le gouvernement libéral de Justin Trudeau à façonner son prochain budget qui sera déposé d’ici quelques semaines. Celle portant sur la hausse de l’âge de la retraite est cependant décrite comme centrale et prioritaire.

Pour le bien-être de l’économie

Pour encourager les Canadiens à travailler plus longtemps, le Conseil recommande ainsi de hausser l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse et au Régime de pensions du Canada.

Hausser l’âge d’admissibilité réduirait l’écart entre le Canada et les pays industrialisés ayant le plus haut taux de participation à la main-d’oeuvre chez les 55 ans et plus et pourrait ajouter 56 milliards au PIB du Canada en plus de soutirer des milliards des poches des Canadiens.

Cette proposition survient au moment où une retraite bien financée semble utopique pour la jeune génération de travailleurs canadiens.

Écoutez

Nos 7 à 37 ans ne pourront-ils prendre leur retraite qu’à 77 ans?

Un travailleur transmet son savoir à un collègue plus jeune.
Le phénomène des clauses de disparité prend de l’ampleur avec l’arrivée de nouveaux travailleurs. © iStock/Kuzmichstudio

Une enquête de l’OCDE affirmait il y a un peu plus d’un an que les plus jeunes générations de travailleurs, notamment canadiens, se dirigeaient tout droit vers une retraite financièrement beaucoup plus précaire que celle de leurs parents ou même de leurs grands-parents.

Les risques qu’un jeune travailleur actuel doive un jour vivre dans la pauvreté à sa retraite sont plus élevés, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques. Cette dernière évaluait que la croissance économique est trop lente et que les caisses de retraite des entreprises et des gouvernements ne sont dans l’ensemble pas assez garnies.

Les autres propositions prébudgétaires du Conseil consultatif sur la croissance économique

Le rapport propose aussi de donner un coup de pouce à l’économie en facilitant l’accès au marché du travail pour les mères de famille, grâce à la création de places de garde subventionnées, un modèle semblable à celui du Québec. Les autres idées proposent de positionner le Canada comme un partenaire commercial de choix, de libérer le potentiel de croissance de secteurs clés, comme celui de l’agriculture, et d’exploiter l’innovation afin d’accroître la productivité.

Une autre proposition consiste à aider les travailleurs à moderniser leurs habiletés afin qu’elles correspondent aux besoins changeants du marché du travail grâce à la création d’une organisation nationale. Selon le Conseil, près de la moitié des emplois canadiens pourraient être touchés par de futurs changements technologiques, comme l’automatisation.

Le rapport recommande ainsi à Ottawa d’investir 100 millions par année pendant cinq ans pour mettre en place un laboratoire des compétences futures qui créerait de nouvelles approches de formation. On y offre aussi certaines étapes pour favoriser l’innovation et ainsi hausser la productivité, en améliorant l’accès aux capitaux pour les firmes prometteuses et en s’assurant que les politiques d’approvisionnement aident à soutenir les entreprises en pleine croissance.

Le gouvernement Trudeau choisira sans doute de suivre au moins quelques-unes, et peut-être plusieurs, des suggestions du conseil dans l’élaboration du budget.

Le saviez-vous?
Les 14 membres du Conseil consultatif en matière de croissance économique ont été choisis par le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, afin de conseiller Ottawa sur les façons de favoriser la croissance économique à long terme.
Le groupe est formé d’experts du monde des affaires et des universités et est présidé par Dominic Barton, directeur général de la firme-conseil McKinsey Co.

Le premier ministre Justin Trudeau et son ministre des Finances Bill Morneau, lors de la présentation du budget fédéral, en mars 2016.
Le premier ministre Justin Trudeau et son ministre des Finances Bill Morneau, lors de la présentation du budget fédéral, en mars 2016. © PC/Sean Kilpatrick

RCI avec la contribution de Sébastine Bovet, Sandra Gagnon , Marie Villeneuve et Jacques Beauchamp de Radio-Canada

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Catégories : Économie, International, Politique
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Un commentaire pour «Au nom de la croissance, le Canada va-t-il tourner le dos aux retraites à 65 ans?»
  1. Avatar Normand dit :

    Je suis présentement a la retraite depuis 5 ans et mon budget est planifier jusque a l,age de 65 ans pou retirer la pension fédérale.J,ai maintenant 63 ans.Je n,aurai plus de feer a 65 ans. Je ne peut plus travailler metier trop dur physiquement pour mon age impossible de retourner travailler.Je ne voterai pas pour Troudeau au prochaine élections ca c sur.Le monde de ma génération vont se révolter.Je peut conter uniquement sur mes reer a vide a 65 ans.Merci Trudeau…