Des manifestants marchent contre le sommet de l’OTAN à Bruxelles, en Belgique, le 24 mai.

Des manifestants marchent contre le sommet de l’OTAN à Bruxelles, en Belgique, le 24 mai.
Photo Credit: REUTERS/Hannibal Hanschke

Pressions sur Trump et Trudeau aux sommets de l’OTAN et du G7

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Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, participe cette semaine en Europe aux sommets de l’OTAN et du G7, où les dirigeants tenteront de comprendre comment, exactement, fonctionne le monde maintenant que Donald Trump est assis autour de la table.

L’avenir des alliances militaires, la lutte contre les changements climatiques et même le libre-échange sont des dossiers dont on ne saisit plus l’avenir, Donald Trump ayant émis des opinions contraires en série depuis les débuts de sa course pour devenir l’occupant de la Maison-Blanche.

Pendant la campagne présidentielle, le candidat Trump avait soutenu que l’OTAN était devenue « obsolète », une position qu’il a revue le mois dernier.

Trudeau et Trump et l’OTAN

Au milieu de son premier voyage officiel à l’étranger, jeudi, le président américain rencontrera le premier ministre canadien et les autres dirigeants des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), au nouveau siège de l’organisation à Bruxelles.

En fait, cette réunion ad hoc a été essentiellement organisée pour permettre au nouveau chef de la Maison-Blanche de faire connaissance avec l’alliance militaire de 28 pays membres, et pour lui permettre de présenter sa vision quant aux objectifs de l’OTAN.

Le président américain, Donald Trump, reçoit le premier ministre canadien, Justin Trudeau, à la Maison-Blanche. Photo : Reuters/Carlos Barria
Le président américain, Donald Trump, recevait le premier ministre canadien, Justin Trudeau, à la Maison-Blanche le 14 février dernier. Photo : Reuters/Carlos Barria © CP

Soyez brefs et clairs

Les délégations aux deux sommets auraient d’ailleurs été prévenues : face à la fameuse imprévisibilité de M. Trump, soyez brefs et clairs dans vos présentations.

« Il serait virtuellement impossible de prédire ce que fera ce président, estime David Perry, analyste principal à l’Institut canadien des affaires mondiales. « On pourrait s’attendre, au bas mot, à des feux d’artifice, en quelque sorte. »

Ce qui semble fixé dans la tête de M. Trump, c’est qu’il souhaite toujours que les membres de l’OTAN atteignent la cible, fixée en 2014, qui prévoit que les pays alloueront au moins 2 % de leur produit intérieur brut à la défense.

Cet enjeu du partage des charges devrait figurer en tête de liste des priorités à l’ordre du jour de la rencontre. L’an dernier, seulement 5 des 28 membres avaient atteint cet objectif. Mais avec une contribution de seulement 1,02 %, le Canada est-il vraiment un mauvais élève?

Écoutez

Le saviez-vous?
Selon une estimation publiée par l’OTAN en mars, le Canada a alloué 1,02 % de son PIB à la défense en 2016, et partage la 20e place avec deux autres pays membres.
Les libéraux de Justin Trudeau plaident que la contribution du Canada ne doit pas se comptabiliser en seuls dollars, mais aussi en participation sur le terrain aux missions de l’OTAN.
Donald Trump a d’ailleurs évité de s’en prendre au Canada, jusqu’a maintenant, choisissant plutôt comme cibles les pays européens.

Des soldats partent de la base militaire d’Edmonton afin de se joindre à une mission de l’OTAN en Pologne.
Des soldats partent de la base militaire d’Edmonton afin de se joindre à une mission de l’OTAN en Pologne. © CBC

Quelle direction prendre?

Allen Sens, professeur de sciences politiques à l’Université de Colombie-Britannique, rappelle que cette rencontre survient alors que l’Alliance atlantique, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, doit déjà composer avec des intérêts divergents qui semblent sans cesse croissants.

Le «front sud» de l’OTAN souhaite que l’alliance concentre ses efforts en Afrique du Nord et au Proche-Orient, notamment sur les enjeux liés aux migrants et aux réfugiés. Les partenaires d’Europe de l’Est, par contre, s’inquiètent davantage des velléités de la Russie. Certains autres sont préoccupés par les relations entre la Turquie et la Russie, notamment leur rôle dans le conflit en Syrie. D’autres encore s’inquiètent des conséquences du Brexit.

« L’OTAN est tiraillée de tous côtés, souvent par des forces géopolitiques en concurrence, et à ce moment extrêmement délicat, les États-Unis, partenaire clé de l’alliance, sont dirigés par l’administration Trump, avec sa réputation bien établie de volatilité, d’incertitude et d’impulsivité », résume le professeur Sens, expert en sécurité internationale.

Sans compter les squelettes dans le placard de Donald Trump, les allégations de liens étroits entre la Maison-Blanche et Moscou, qui sont même scrutés par un enquêteur spécial du département américain de la Justice.

Après l’OTAN, le G7

Après le sommet de l’OTAN, MM. Trudeau et Trump se retrouveront à Taormina, en Sicile, pour le sommet du G7, vendredi et samedi. John Kirton, directeur d’un groupe de recherche sur le G8 à l’Université de Toronto, estime que ces forums permettent davantage de rencontres directes, dans lesquelles M. Trump, homme d’affaires aguerri, est plus à l’aise.

Selon M. Kirton, les dirigeants tenteront surtout de convaincre M. Trump de ne pas renier l’engagement pris par Washington à Paris pour la lutte contre les changements climatiques. Il devrait aussi être beaucoup question du rôle de la Chine dans le monde et de commerce international, croit le professeur Kirton.

Le premier ministre Justin Trudeau assistera au G7.
Le premier ministre Justin Trudeau assistera au G7. © PC/FRED CHARTRAND

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Michel Désautels et L’équipe du pouvoir de Radio-Canada

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Catégories : Économie, International, Politique
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