Exploitation des travailleurs étrangers temporaires ici avant même qu’ils viennent au Canada : entre espoir et désillusion
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Exploitation des travailleurs étrangers temporaires avant même d’être au Canada : entre espoir et désillusion

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Au Guatemala, des intermédiaires sans vergogne exploitent carrément des travailleurs qui espèrent améliorer leur sort et celui de leur famille en venant travailler au Canada, dans le cadre du Programme de travailleurs étrangers temporaires mis sur pied par le gouvernement fédéral canadien (PTET).

Le PTET permet aux employeurs canadiens d’embaucher des étrangers pour combler des pénuries temporaires de main‑d’œuvre et de compétences lorsqu’ils ne peuvent trouver de citoyens canadiens ou de résidents permanents pour pourvoir ces postes.

« Ce qui nous a mis la puce à l’oreille c’est que, dans d’autres recherches auxquelles j’ai aussi participé, on se rendait compte que les conditions dans lesquelles se déroulait le recrutement de ces travailleurs étaient aussi problématiques. Or, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le recrutement se déroule alors que les travailleurs sont à l’étranger. Et c’est là toute la question. »

Me Dalia Gesualdi-Fecteau, professeur de droit du travail à l’Université du Québec à Montréal

Des travailleurs doivent s’endetter pour simplement venir travailler au nord. Et cette dette conditionne le comportement du travailleur. Il accepte, endure, refuse de dénoncer les abus, ne demande pas le respect de ses droits.

En 2015, une équipe de chercheurs de l’Université du Québec à Montréal a voulu approfondir le sombre profil de ce non-lieu juridique – travail en Canada, embauche au Guatemala.

« En fait, les employeurs, qui sont ici au Canada, vont mandater un tiers, au Guatemala, pour s’occuper du processus de recrutement. Quel cadre normatif devrait réguler ces pratiques? »

À l’heure actuelle, rien n’encadre les agences guatémaltèques de recrutement.

« Est-ce que les règles qui encadrent les programmes de travailleurs étrangers temporaires, établis par les autorités fédérales canadiennes,  ne devraient-elles pas finalement envisager de codifier les règles et les pratiques de recrutement. »

Comme les lois canadiennes et québécoises ne s’appliquent qu’ici, y a-t-il des recommandations possibles pour que cette situation puisse se résorber?

Me Dalia Gesualdi-Fecteau (UQÀM)

« Si l’on mandate un tiers pour procéder au recrutement, quelle est la responsabilité des employeurs canadiens et québécois à l’égard du processus? Et comment se fait-il que l’on ait trouvé, dans le cadre de notre recherche, que la quasi-totalité des travailleurs payait des frais administratifs alors qu’il est bien dit, dans le cadre du programme des travailleurs étrangers temporaires, que le processus doit être à coût nul pour l’employé? Et pourquoi doivent-ils payer des frais à l’agence de recrutement alors que les employeurs d’ici paient des sommes assez importantes à ces mêmes agences pour effectuer ce travail de recrutement? »

Me Dalia Gesualdi-Fecteau revient sur ce dossier au micro de Raymond Desmarteau.

Écoutez

Semeurs d’espoir, cueilleurs de désillusion, l’article du quotidien Le Devoir de Montréal

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Catégories : Économie, Immigration et Réfugiés, International, Politique, Société
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