(Masli Yahaya)

Seriez-vous prêts à monter à bord d’un avion sans pilote?

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Disons d’emblée qu’avec la retenue présente dans les commentaires des Canadiens passagers dans une automobile qui se conduit elle-même, la marche est haute vers l’avion sans pilote.

Cela dit, les pas de géants que l’on constate dans les technologies novatrices des véhicules autonomes – automobiles, bateaux et drones – font entrevoir la venue des vols commerciaux autonomes.

Serait-ce une réponse au manque de plus en plus criant de pilotes qualifiés?

Pour bientôt

Le consultant en aviation Mike Doiron estime que les vols sans pilote seront possibles, voire rentables, d’ici les 5 ou 10  prochaines années.

Mike Doiron (CCAA)

« À savoir s’ils seront acceptables aux yeux du public général de voyageurs, c’est une autre paire de manches. »

Mike Doiron

Qui est-il?

Au cours de sa carrière, Mike Doiron a piloté plus de 55 types d’aéronefs. Il a été président du conseil des directeurs du Conseil canadien de l’aviation et de l’aérospatiale (CCAA). Sa licence de pilote de type Classe 1 le qualifie pour le transport de personnes et de bien, pour les acrobaties aériennes et comme instructeur pour pilotes de planeurs.

Et l’avionique?

(http://www.waasavionics.com/)

Pour le constructeur canadien Bombardier, l’avion sans pilote est certes dans les discussions, alors qu’au sud de la frontière, le géant américain Boeing a lancé un programme d’investissements dans la conception de systèmes qui pourraient réduire le nombre de pilotes dans les cabines ou même permettre de se passer complètement de leur présence.

Selon la banque suisse UBS, l’utilisation à grande échelle de l’avion sans pilote – lire sans les salaires, les bénéfices marginaux, etc. – représenterait des économies annuelles de 35 milliards de dollars américains pour le secteur aéronautique et l’aviation.

D’autres avionneurs sont aussi en mode observation ou en recherche et développement, notamment la brésilienne Embraer et l’européenne Airbus.

Fassi Kafyeke (Bombardier)

« Actuellement, nous estimons qu’il s’agit d’un secteur très effervescent, surtout en raison des discussions relancées sur le transport urbain aérien. »

Fassi Kafyeke, directeur la conception avancée et aux technologies stratégiques pour Bombardier Aéronautique

Cela dit, Bombardier ne travaille pas sur des projets sans pilote.

Convergences, achats et concentration

Les petites et moyennes entreprises qui conçoivent des engins volants autonomes sont de plus en plus absorbées par de gros joueurs. Un exemple parmi d’autres, Boeing a tout récemment acquis Aurora Flight Sciences, une de ces entreprises de conception de vol sans pilote.

La super grappe Most 21

La super grappe de recherche et de développement Most 21 sur la mobilité a pour mandat de « positionner le Canada comme chef de file technologique pour assurer un avantage concurrentiel mondial dans la mobilité du XXIe siècle ».

Des chercheurs canadiens pourraient bientôt se lancer dans l’aventure de l’avion sans pilote depuis que Most 21, établie au Québec, fait partie d’un groupe de neuf finalistes en attente de financement du gouvernement fédéral.

Économies et sécurité

On peut aisément concevoir qu’il y aura économies de main d’œuvre avec l’appareil sans pilote. De plus, les promoteurs de ces appareils affirment qu’ils réduiraient le nombre d’erreurs attribuables à l’humain ou à la fatigue, à une époque où une pénurie de pilotes oblige les petits transporteurs régionaux à annuler des vols.

Le Canada devra embaucher 7300 pilotes et inspecteurs de vol entre 2016 et 2025, selon un document qui sera bientôt publié par le Conseil canadien de l’aviation et de l’aérospatiale.

Un autre bémol s’ajoute à cette pénurie non seulement annoncée, mais bien réelle, c’est celui du coût élevé de la formation.

Ajoutez-y de bas salaires à l’embauche et des conditions de travail difficiles et vous avez la recette parfaite pour arriver à un problème de taille.

« Quand j’étais enfant, être pilote était une carrière très excitante. Aujourd’hui, les jeunes ont tellement de choix de carrières, quand ils constatent la faiblesse des salaires en commençant, le risque-récompense, les conditions de travail, ils ont tellement d’options. »

Robert Donald, directeur général du Conseil canadien de l’aviation et de l’aérospatiale

Le plus grand défi sera toutefois de convaincre les passagers: le rapport de la firme UBS révèle que seulement 17 % des personnes interrogées monteraient à bord d’un avion sans pilote.

Même si le pilote automatique contrôle la presque totalité des vols aujourd’hui, les passagers font surtout confiance aux pilotes.

Pilotes indispensables? Oui, selon les pilotes

Le président de l’Air Line Pilots Association – Canada, le capitaine Dan Adamus, souligne que les pilotes ont adopté la technologie, mais qu’ils sont irremplaçables pour régler les problèmes qui peuvent survenir même avec les systèmes les plus sophistiqués.

Dan Adamus (Air Line Pilots Association – Canada)

« Nous ne sommes même pas proches du moment où, d’après nous, les passagers seront prêts à sacrifier leur sécurité pour des vols plus abordables. »

Dan Adamus, président de  l’Air Line Pilots Association – Canada

Soit, mais, est-ce que l’intelligence artificielle arrivera, éventuellement, à pouvoir gérer tous les scénarios imaginables?

Disons que l’acceptation publique accompagnera le recours de plus en plus fréquent aux drones automatisés dans des secteurs comme l’agriculture et les ressources naturelles.

La transition vers les avions autonomes nécessitera aussi de nouvelles règles. Transport Canada a dit que les discussions concernant cette technologie émergente n’en sont encore qu’à leurs balbutiements.

Et vous, qu’en pensez-vous? Seriez-vous prêts à monter à bord d’un avion sans pilote?

RCI, PC

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Catégories : Économie, Internet et technologies
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2 comments on “Seriez-vous prêts à monter à bord d’un avion sans pilote?
  1. Avatar ARLIE dit :

    Bonjour,
    Il faut accepter les idées novatrices.
    Mais , un avion sans pilote cela parait
    pour l’instant, dangeureux …
    Améliorons les avions pour les rendre plus sobres.
    Michel ARLIE .

  2. Avatar Maxime B. dit :

    À mon avis, ce n’est pas une question aussi simple que le cas d’une voiture autonome.

    Par exemple, en cas de problème majeur, il est possible pour l’usager de sortir d’une voiture sans conducteur même si elle est en marche. Serte, c’est dangereux et la personne va être blessée, mais c’est possible.

    Avec un avion à plusieurs milliers de pieds dans les airs? S’il y a un problème, c’est la vie ou la mort. Pour équivaloir la différence sur les risques impliqués, il faudrait que tous les avions autonomes impliquent des systèmes de secours permettant la survie de tous les passagers en cas d’écrasement ou de perte de contrôles. On n’est pas rendu là et c’est là le hic d’où provient cette crainte d’un avion autonome que l’on ne retrouve pas autant dans tous autres véhicules autonomes. Autrement dit, au préalable, il faudrait 1 parachute vérifié pour chacun des passagers et un cours 101 sur comment sortir de l’avion avec un parachute. (J’imagine la question « Avez-vous le cours de parachutage? » à l’aéroport.)

    Un train ou une voiture reste au sol. Un bateau est sur l’eau. L’avion, lui, est dans un vide mortel. Ce serait la même chose si on avait des voyages commerciaux dans l’espace ou des voitures volantes.

    Par contre, ce qui serait probablement plus accepté serait un avion autonome avec 2 techniciens à bord spécialisés dans l’informatique de l’avion. Autrement dit, des pilotes qui ne pilotent pas, mais plutôt qui assure la maintenance et le bon fonctionnement de l’appareil.

    La raison originale pourquoi il y a 2 pilotes est qu’il faut un remplaçant si le maître pilote ne peut piloter. On a la même raison pour que ça soit 2 techniciens présent, mais aussi car 2 techniciens peuvent travailler en tandem en cas de problèmes.