Le salaire serait un facteur important dans la rétention des employés d'après le sondage de la firme OfficeTeam. Istock.

Québec : les femmes fonctionnaires en culture sont moins bien payées que les hommes des autres secteurs

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Les inégalités salariales persistent dans la fonction publique québécoise et elles frappent particulièrement le personnel professionnel des organismes à prédominance féminine et à vocation culturelle par rapport aux organismes à prédominance masculine. C’est ce qui ressort d’une analyse réalisée par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

« Les organisations à prédominance féminine paient la note »

Les constats de l’analyse des différences salariales entre les hommes et les femmes dans les secteurs publics et parapublic du SPGQ, publiés à l’occasion de la journée internationale des musées, permettent de mettre en exergue les limites de la Loi sur l’équité salariale au Québec.

En le soulignant, le président du SPGQ, Richard Perron, souhaite que des mesures soient prises pour corriger la situation qui désavantage encore les travailleuses de sexe féminin au 21e siècle au Québec.

S’appuyant sur des exemples concrets qui constituent les fondements de l’analyse, M. Perron fait état d’écarts salariaux dépassant largement les 15 000 dollars entre les femmes travaillant dans des organismes gouvernementaux à prédominance féminine (Musée d’art contemporain du Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, Musée de la civilisation, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Conseil des arts et des lettres du Québec), et les hommes d’organismes à dominance masculine (Hydro-Québec, Investissement Québec, Centre de recherché industrielle du Québec).

Pour une même profession, la comparaison des salaires – au maximum de l’échelle salariale des emplois – dans les organisations à prédominance féminine et dans les organisations à prédominance masculine révèle que les organisations à prédominance féminine se classent souvent parmi celles qui offrent les salaires les moins élevés. Afin d’illustrer cette disparité, voici deux exemples.

Richard Perron, président du SPGQ, Crédit SPGQ

En comparant les salaires d’un agent de la gestion financière chez Hydro-Québec (organisation à prédominance masculine) à ceux offerts à BAnQ, au Musée de la civilisation et au Musée national des beaux-arts (organisations à prédominance féminine), l’analyse pointe un écart de plus de 17 000 $ favorisant Hydro-Québec.

Concernant les salaires d’un analyste de l’informatique et des procédés administratifs, il existe un écart de plus de 15 000 $ à l’avantage des organisations à prédominance masculine.

Écoutez

Le personnel professionnel des organismes gouvernementaux à prédominance féminine et à vocation culturelle compose avec des écarts salariaux importants et désavantageux par rapport à celui des organisations à prédominance masculine. Istock

Nécessité d’une revision de la Loi sur l’équité salariale ?

Dans son analyse comparative des salaires au minimum de l’échelle salariale des mêmes professions d’une organisation à l’autre, dans son travail de vérification des différences salariales entre des organisations à prédominance masculine et celles à prédominance féminine, le SPGQ ne manque pas de souligner la nécessité de revoir la Loi sur l’équité salariale au Québec.

Cette Loi est vieille de plus de deux décennies,et M. Perron estime que la décision de la Cour suprême du Canada rendue publique le 10 mai d’annuler certains de ses articles contestés par le syndicat arrive à point nommé.

Cette décision reconnait en effet l’importance de mettre un terme aux inégalités salariales qui pénalisent davantage les femmes du secteur culturel.

Richard Perron lance un cri du cœur à Hélène David, la ministre de la Condition féminine qui a été également ministre de la Culture, afin qu’elle interpelle son collègue du Conseil du trésor pour que dans le cadre des négociations actuelles avec le syndicat, on puisse obtenir l’égalité salariale entre les femmes du secteur cultrel et les hommes qui travaillent dans d’autres secteurs.

Lire aussi :

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Catégories : Économie, Société
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Un commentaire pour «Québec : les femmes fonctionnaires en culture sont moins bien payées que les hommes des autres secteurs»
  1. Avatar Léa Dupuis dit :

    Le syndicat présente les données d’une manière partielle.
    Les organismes culturels sont des dépenses pour le gouvernement. HQ, IQ et le CRIQ rapportent des fonds. Il est normal que leurs employé(e)s y soient mieux rémunéré(e)s. Ça s’appelle une analyse multivariée en stats.
    Un autre article qui nous présente comme de pôvres victimes. C’est insultant à la longue.