Client s'approvisionnant èa la SAQ. Crédit : Radio-Canada

Doit-on privatiser la vente d’alcool au Québec? L’IEDM répond oui!

Le personnel de la Société des alcools du Québec (SAQ) débraie pour six jours. Une situation qui suscite une réflexion de l’Institut économique de Montréal (IEDM). Il estime qu’il est temps que le monopole étatique sur la vente de l’alcool cède la place à une saine concurrence.

L’heure de la libéralisation sonne depuis longtemps

Patrick Déry est analyste en politiques publiques à l’IEDM. Il croit que le débrayage actuel à la SAQ devrait ouvrir la voie à la libéralisation de la vente d’alcool. C’est plus qu’une nécessité dans un contexte où le conflit de travail pénalise les consommateurs.

Les syndiqués des 404 succursales de la Société des alcools du Québec ont quitté leur lieu de travail mardi, vers 10 h, pour une première journée de grève. Cette première journée de débrayage survient moins d’une semaine après la tenue de deux séances de négociations avec l’employeur. Les 5500 membres du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ) avaient voté à 91 % au mois de juin dernier pour un mandat de six jours de grève.

Les employés de la Société des alcools du Québec sont en grève pour la journée. Les explications d'Olivier Bachand.

« Il n’y a pas de logique à ce que le vin ou les spiritueux doivent transiter par une société d’État avant d’être vendus au consommateur, dit-il. Même du point de vue du gouvernement, cela n’a aucun sens. Le gouvernement ne possède aucune station-service, et ça ne l’empêche pas de récolter des millions en taxes sur l’essence! »

Des bouteilles de vin vendus à la SAQ. Crédit : Radio-Canada

Écoutez l’entrevue avec Patrick Déry

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Permettre aux petits commerçants d’importer

L’IEDM met de l’avant le sondage Léger effectué en 2017. Il montre que la population est fin prête pour passer à la libéralisation.

En effet, 71 % d’entre eux croient que des commerçants indépendants devraient pouvoir importer et vendre de l’alcool directement au consommateur, sans passer par la SAQ.

Le libre marché des spiritueux constitue un modèle économique porteur d’émulation entre entreprises, ce qui permettrait aux consommateurs d’avoir un choix plus large.

Bien plus, ces derniers échapperaient plus facilement aux effets pervers du monopole étatique sur l’importation et la vente de vins qui les rendent plus vulnérables aux aléas des négociations collectives, comme c’est le cas en ce moment.

« Dans un contexte de grève, on se rend compte très rapidement que cette absence de choix pour le consommateur est une aberration. Une solution toute simple serait de laisser des petits commerçants importer et vendre du vin sans passer par le monopole de la SAQ. La même permission pourrait être accordée aux épiceries, dépanneurs et autres commerces qui désirent s’en prévaloir. »

Au-delà de la vulnérabilité du consommateur, l’IEDM pose également le problème de l’iniquité salariale qui crée une injustice criante entre les employés de la SAQ et ceux des autres secteurs de la vente en détail.

« Un employé qui entre à la SAQ gagne près de 20 $ l’heure. Bien des employés du secteur du détail rêveraient d’un tel salaire », conclut Patrick Déry.

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