Un soldat de l’armée canadienne.
Photo Credit: Reuters/Baz Ratner

Le Canada, dépotoir d’engins européens usagés. Dans quel intérêt acquérir un drone qui ne vole pas?

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À en croire l’Associated Press, le Canada serait sur le point de s’engager dans un marché de dupe en cherchant à acquérir un vieux drone au matériel totalement désinstallé, dont le gouvernement allemand souhaiterait se débarrasser parce qu’il ne serait pas opérationnel dans l’espace européen.

Un drone sans sa navigation GPS et sans système de contrôle de vol

Ces deux pièces sont pourtant incontournables dans le décollage du drone. Sans elles, l’engin serait tout simplement incapable de voler, pourtant il faut absolument qu’il soit dans les airs pour remplir effectivement la mission de surveillance pour laquelle il est acquis.

Des informations en provenance du ministère allemand de la Défense indiqueraient que des négociations sont prévues avec le Canada pour conclure deux transactions : des avions Euro Hawk et des pièces de rechange. L’ensemble aurait coûté environ 1 million de dollars à l’Allemagne lors de l’acquisition auprès du fabricant américain.

Selon l’Associated Press, le Canada serait pour le moment l’unique acquéreur en lice, bien que le prix et l’échéancier restent à fixer.

Si le Canada et ses fonctionnaires de l’ambassade à Berlin n’ont pas encore commenté cette information, le ministère allemand de la Défense a quant à lui déclaré, dans un communiqué de presse le 24 septembre, que des pourparlers avec le Canada sont envisagés.

C’est une transaction qui laisse perplexe le journaliste allemand Thomas Wiegold, qui s’interroge sur l’utilité pour le Canada de chercher à acquérir un drone vidé de ses parties essentielles.

« La question est de savoir ce qu’un acheteur ferait avec un tel avion vidé […] Sans la navigation GPS, et sans système de contrôle de vol, le drone serait difficilement capable de voler. »

The Associated Press Le drone Euro Hawk

Le Canada, dépotoir d’engins européens usagés?

Le Canada ne serait pas à son premier achat d’un engin usagé en Europe. L’Associated Press rapporte qu’en 1998, le pays avait acquis du Royaume-Uni, pour un prix de 750 millions de dollars, quatre sous-marins usagés. De l’argent gaspillé, étant donné que ces navires ont causé la mort du lieutenant canadien Chris Saunders et ont été endommagés par l’eau et le feu, pour ensuite engloutir des sommes astronomiques à la réparation.

À propos de la transaction prévue avec l’Allemagne, l’agence de presse retrace l’historique ayant mené à l’achat initial du drone par Berlin.

Les faits remonteraient en 2000. L’Allemagne avait alors commandé la variante Northrop Grumman Global Hawk pour assurer la surveillance à longue distance.

Découragé par les prix trop élevés, les frais de réparation tout aussi exorbitants et le fait que le prototype n’était pas conçu pour voler dans l’espace européen, le pays avait tout simplement renoncé à cet achat.

Mais, en 2007, l’Allemagne avait fini par acquérir le prototype avec un capteur d’intelligence et plusieurs pièces de rechange. Après sept vols d’essai, le bilan financier s’élevait à près de 700 millions d’euros. À cela, il a fallu ajouter des frais de préparation de nouveaux vols d’essai temporaires de 24 millions d’euros pour se rendre compte que l’engin était onéreux et pour chercher à s’en débarrasser.

Dans la perspective des transactions avec le Canada, l’Allemagne aurait déjà procédé à la démilitarisation du drone (retrait de l’équipement radio fabriqué par les États-Unis, du récepteur GPS, des antennes, de tous les systèmes de cryptage et de contrôle de vol), bref, tout le matériel a été désinstallé et les disques durs sensibles ont été supprimés.

C’est du moins ce qui aurait filtré des informations échangées entre le Parti de gauche allemand et le gouvernement de Berlin. L’un des députés de ce parti aurait d’ailleurs déclaré au gouvernement que le drone ne vaut désormais que ce que vaudrait « des rebuts ».

RCI avec l'Associated Press et le Journal Métro
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Catégories : Économie, Politique
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