Lu Shaye, ambassadeur de la Chine au Canada. Jeudi, Lu a averti le Canada des répercussions possibles de l'interdiction faite à Huawei Technologies de fournir de l'équipement aux réseaux 5G canadiens. (Chris Wattie/Reuters)

La Chine en ajoute et menace le Canada de sanctions et lui demande de cesser de solliciter l’appui d’autres pays

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La journée de jeudi a été l’occasion pour la Chine, irritée par l’arrestation d’une dirigeante de la compagnie Huawei, il y a un mois et demi à Vancouver, de tirer à boulets rouges sur le Canada. Et les tirs sont venus à la fois de l’ambassadeur chinois à Ottawa et du ministère chinois des Affaires étrangères à Pékin.

Lu Shaye – SCS

D’abord, l’envoyé chinois a mis en garde Ottawa s’il exclut la compagnie Huawei de participer au futur réseau de téléphonie mobile 5G, comme l’ont fait d’autres pays.

« Je crois qu’il y aura des répercussions si Huawei est interdit », a déclaré l’ambassadeur Lu Shaye lors d’une rare conférence de presse à l’ambassade de Chine à Ottawa. Il a exhorté Ottawa à prendre une sage décision, mais il n’a pas fourni de détails sur les répercussions de cette décision.

M. Lu a également demandé au premier ministre canadien, Justin Trudeau, de mettre fin à ses efforts pour obtenir l’appui d’autres pays dans sa querelle avec la Chine. Il a ajouté que ce serait une mauvaise idée que la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland utilise le prochain Forum économique mondial, à Davos, pour faire avancer ce dossier.

« La détention de Mme Meng Wanzhou est sans fondement parce qu’elle n’a enfreint aucune loi canadienne. Mais d’un autre côté, la détention des deux ressortissants canadiens était due au fait qu’ils étaient soupçonnés de participer à des activités qui mettent en danger la sécurité nationale chinoise », a-t-il ajouté.

Les propos de l’ambassadeur font écho à ceux du ministère des Affaires étrangères de la Chine

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying (Photo : AP)

La Chine a rejeté jeudi de manière cinglante l’affirmation de la ministre Freeland, qui a déclaré cette semaine que la détention arbitraire de Canadiens par la Chine constituait une menace pour tous les pays.

« Je pense que votre ministre des Affaires étrangères est possiblement très pressée, puisqu’on dirait qu’elle est incapable de s’empêcher de parler sans réfléchir », a lancé Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Comment la Chine menace-t-elle le Canada? », a-t-elle dit.

Mme Hua a soutenu que c’était plutôt le Canada qui était menaçant pour la Chine, car il détient une citoyenne chinoise sans raison. Elle faisait référence à Meng Wanzhou, une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei.

« Il est compréhensible que le Canada soit un peu inquiet, mais nous espérons qu’il évitera de parler […] sans réfléchir parce que sa réputation et son image seraient gravement endommagées par un tel comportement, a ajouté Mme Hua. Et de tels commentaires ne font rien pour régler la situation. »

Le Canada va continuer à rechercher l’appui de pays alliés

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland (Paul Chiasson/Presse canadienne)

Prenant la parole à Sherbrooke, au Québec, Mme Freeland a exclu de ne pas faire valoir la cause du Canada auprès de ses alliés internationaux. 

Elle a indiqué que le sort de Michael Kovrig et de Michael Spavor sera prioritaire dans son horaire le mois prochain, quand elle se rendra à Davos pour le Forum économique mondial.

La ministre canadienne des Affaires étrangères s’est réjouie des propos du fondateur du géant chinois Huawei reconnaissant que le Canada traite bien sa fille, qui a été libérée sous caution.

Ren Zhengfei – SCS

Devant des journalistes étrangers, mardi, Ren Zhengfei avait émis ses propos qui tranchent avec la vision officielle de Pékin.

« Je pense qu’il est tout à fait naturel qu’il se préoccupe pour sa fille, et cela m’a fait plaisir d’entendre directement de lui qu’il sent que sa fille a été traitée équitablement par le système judiciaire canadien, avec bienveillance. Et l’objectif du gouvernement canadien est certainement que notre système judiciaire traite tout le monde de façon impartiale, équitable et bienveillante », a ajouté la ministre.

Mme Freeland a déclaré enfin que la décision sur la participation de Huawei au 5G canadien est étudiée attentivement par les responsables de la sécurité du pays et par le gouvernement.

« Ce qu’ils font n’est pas bon pour l’image de la Chine dans le monde, a indiqué pour sa part John McCallum, l’ambassadeur du Canada en Chine qui est en visite au Canada. Ce n’est pas bon pour l’image de la Chine sur le plan des affaires dans le monde. »

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RCI avec CBC News, La Presse canadienne, l’AFP et la contribution de Radio-Canada

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