La pollution au charbon au Canada peut causer jusqu’à 260 morts d’ici 2030

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Le Groupe de travail sur la transition équitable recommande au gouvernement fédéral de prendre des mesures dès à présent pour contrer cette menace.

Tout un défi pour Ottawa

Le Groupe de travail sur la transition équitable a été mis sur pied l’année dernière par les responsables fédéraux, avec comme mission essentielle de permettre une meilleure compréhension des impacts de l’élimination progressive de l’électricité à partir du charbon partout au pays.

Dans le cadre de ses travaux, le Groupe a été sur le terrain pour discuter de différents enjeux avec les personnels de l’industrie, leurs familles et les représentants syndicaux.

Selon les prévisions du Groupe de travail, en 2030, ce sont près de 260 personnes qui pourraient perdre la vie, et 40 000 autres qui pourraient développé des crises d’asthme si rien n’est envisagé pour éliminer près de 12 millions de tonnes de pollution au charbon.

S’appuyant sur le fait que le charbon figure parmi les sources les plus importantes de pollution à l’échelle du monde, le rapport soumis par le Groupe de travail au gouvernement met en garde contre les effets néfastes de cette pollution pour la santé et l’environnement.

Il s’agit d’effets induits notamment par des composés chimiques, à l’instar des oxydes de soufre, d’azote et autre mercure.

Les nouvelles règles qui s'appliqueront aux mines de charbon au Canada devraient être connues en 2019.

Une mine de charbon au Canada. Photo: CBC

On peut lire dans le rapport que 76 % de la pollution par le carbone du secteur de l’électricité au pays provient de l’électricité produite à partir du charbon.

Le cas de l’Ontario est indicateur d’une situation assez préoccupante, car avant l’achèvement de l’élimination progressive du charbon dans cette province en 2014, les émissions dues au charbon constituaient une source majeure de pollution atmosphérique. Elles contribuaient à 53 journées de smog à Toronto seulement en 2005.

Toujours selon le rapport, outre l’Alberta qui a annoncé son objectif de mettre fin aux activités des centrales électriques au charbon d’ici 2030., il y a toujours des centrales qui produisent de l’énergie à partir de charbon dans quatre provinces : la Saskatchewan, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

C’est pourquoi les experts insistent sur la nécessité de préparer, de mettre en œuvre, de surveiller et d’évaluer un plan de transition équitable pour l’élimination graduelle du charbon.

En réaction, le gouvernement du Canada a dit travailler avec ses partenaires pour évaluer et examiner l’efficacité du plan et les incidences réelles de l’élimination graduelle du charbon sur les travailleurs et les membres des collectivités, de 2019 à 2030..

Une centrale au charbon

La centrale électrique au charbon de Boundary Dam, en Saskatchewan Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Plus d’engagements que de financements concrets de la part du gouvernement

Après plusieurs constats, les experts du Groupe de travail ont formulé plusieurs recommandations visant à renforcer les capacités des travailleurs et leurs collectivités afin qu’ils soient plus aptes à gérer la phase de transition. Durant cette phase, l’électricité traditionnelle produite à partir du charbon sera progressivement éliminée pour sauver des vies et préserver l’environnement.

Selon le rapport final du Groupe, certaines installations de production d’électricité alimentées au charbon prévoient une conversion vers le gaz naturel, et elles resteront en fonction tout en continuant d’employer du personnel.

Parmi les zones qui seront directement concernées par l’élimination progressive du charbon figure en bonne place la première centrale géothermique du Canada, près d’Estevan, en Saskatchewan.

Elle a bénéficié en début d’année d’un financement de 25,6 millions de dollars du gouvernement fédéral. Après la phase de construction, le projet fournira au réseau provincial une énergie propre et renouvelable.

Le gouvernement a également pris plusieurs engagements financiers visant la formation et l’aide à l’emploi dans les collectivités.

Ce sont 3500 à 5000 personnes environ travaillant dans les centrales au charbon et les mines de charbon thermique qui pourront en bénéficier.

Centrales de charbon au Canada Crédit : Radio-Canada et Google Maps.

« J’aimerais remercier le Groupe de travail pour cette contribution extraordinaire. Nous allons étudier leurs recommandations minutieusement »,  a affirmé Catherine McKenna, ministre de l’Environnement et du Changement climatique.

RCI avec des informations du ministère fédéral de l'Environnement, le Rapport du Groupe de travail sur la transition équitable pour les collectivités et les travailleurs des centrales au charbon canadiennes, Radio-Canada 

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Catégories : Environnement, Politique
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