Le Palais des congrès entreprend des actions concrètes pour compenser ses émissions de gaz à effets de serre et répondre aux attentes des NAtions Unies, en ce qui a trait à la lutte aux changements climatiques. Crédit: Radio-Canada

Taxe carbone dans les provinces récalcitrantes : l’entrée en vigueur enflammera-t-elle les relations avec le fédéral?

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La taxe carbone imposée par le gouvernement fédéral dans quatre provinces n’ayant pas présenté leurs plans de tarification des émissions de gaz à effet de serre (GES) entre en vigueur le lundi 1er avril. Étant donné la résistance de ces provinces depuis l’annonce de cette taxe, il y a deux ans, on devrait s’attendre à ce que la tension monte d’un cran entre Ottawa et les chefs de gouvernement de l’Ontario, de l’Alberta, du Nouveau-Brunswick et de la Saskatchewan.

Un impact économique important

L’entrée en vigueur de la taxe fédérale est perçue comme un coup de massue sur les activités économiques des entreprises.

Celles-ci devront payer 20 $ par tonne de GES cette année, avec une augmentation de 10 $ par année, pour atteindre un plafond de 50 $ d’ici trois ans.

En Ontario, le premier ministre Doug Ford s’inquiète pour la compétitivité des entreprises et pour les emplois qui pourraient être supprimés.

Dans les autres provinces, les craintes sont similaires, les premiers ministres redoutent les effets de cette augmentation de taxe sur l’essence, le gaz naturel, le propane, le butane et le carburant pour avion sur tous les autres secteurs d’activité.

En plus de frapper de plein fouet les activités de grandes entreprises, les conséquences de cette hausse se feront ressentir également dans les plus petites exploitations familiales qui font appel à des appareils motorisés, a relevé le premier ministre de l’Ontario, qui a décidé de se retirer du marché du carbone.

Les populations qui n’ont d’autre choix que de se servir de leurs véhicules personnels pour se déplacer ne seront pas à l’abri, car elles devront payer jusqu’à 4,40 ¢ de plus par litre d’essence. Les factures d’électricité dans certaines régions risquent également de grimper, surtout si l’électricité provient de sources fossiles (centrales au charbon et au gaz naturel).

Au Manitoba, le premier ministre a fait part de ses inquiétudes en ce qui a trait aux répercussions sur le commerce et les taux d’intérêt des prêts hypothécaires qui risquent de grimper.

L’impact de la taxe carbone sera réel pour l’ensemble des Canadiens des quatre provinces qui auront à payer plus cher le litre d’essence, les biens en épicerie, le chauffage et autres services. Photo : Radio-Canada

Mobilisation de dénonciation

Les prochains jours s’annoncent bruyants dans les quatre provinces, où des ripostes à l’entrée en vigueur de cette taxe sont prévues.

La Saskatchewan a déjà fait part de sa détermination à participer à une semaine de protestation à Regina. Si le plan de l’Ontario pour dénoncer cette taxe n’est pas connu, le premier ministre Ford y a plusieurs fois marqué son opposition et n’entend pas rester inerte.

« Notre gouvernement va lutter contre cette taxe fédérale sur le carbone avec tous les outils à sa disposition », a affirmé Doug Ford, lors d’un point de presse lundi.

Du côté du Manitoba, la porte n’est pas fermée à l’idée de mettre sur pied sa propre taxe sur le carbone, mais à un taux raisonnable et moins dommageable pour les entreprises.

Ces provinces en colère pourront bénéficier de l’appui de l’opposition à Ottawa, surtout du soutien d’Andrew Scheer, le chef du Parti conservateur, qui a indiqué, lors d’une activité à Brampton, en fin de semaine, que le plan libéral n’avait rien à voir avec la préservation de l’environnement.

Le plan des libéraux, élaboré à la suite de l’Accord de Paris sur la lutte aux changements climatiques, vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030, par rapport au niveau de 2005.

Ce plan prévoit un remboursement dans la déclaration de revenus des habitants de ces quatre provinces, supérieur aux dépenses engendrées par l’entrée en vigueur de la taxe carbone. Ces dépenses peuvent frôler les 700 $ par an, selon les prévisions de M. Ford, qui a déclaré qu’il n’a « aucune confiance en cette promesse de remboursement éventuel », de la part d’un gouvernement libéral déterminé à plomber les activités des entreprises et à faire payer plus cher les aînés, les chauffeurs, les serveurs, bref « les gens qui travaillent fort » dans sa province.

Cette mesure n’est pas de nature à rassurer les chefs de gouvernements provinciaux qui entendent contester la constitutionnalité de la taxe carbone du fédéral, car elle viendrait empiéter sur un domaine de compétence provinciale.

RCI avec Radio-Canada

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Publié dans : Économie, Politique

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