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Selon le Canada et le Japon, le Partenariat transpacifique est déjà un succès même sans l’Amérique de Trump

Lors d’une conférence de presse commune à Ottawa, le premier ministre canadien Justin Trudeau et son homologue japonais Shinzo Abe ont salué dimanche les premiers succès du Partenariat transpacifique, dont s’est retiré le président américain Donald Trump dès son arrivée au pouvoir en janvier 2017.

PC/ PATRICK DOYLE

Justin Trudeau a souligné que cet accord de libre-échange, qui a survécu au retrait des États-Unis, regroupe quelque 500 millions de personnes dans 11 pays de part et d’autre du Pacifique et qu’il a déjà « énormément profité aux citoyens et aux entreprises canadiennes et japonaises, et dans toute la région ».

Les éleveurs canadiens ont notamment vu leurs exportations de boeuf vers le Japon tripler en quelques mois seulement, « alors que les éleveurs américains n’ont pas ce genre d’accès », a insisté le dirigeant canadien.

L’entrée en vigueur fin 2018 du Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) a été signée par l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam.

Le Canada avait été l’un des premiers, parmi ces 11 pays, à ratifier le PTPGP.

Le Partenariat transpacifique est, même sans la participation américaine, le plus gros accord de libre-échange du monde : 11 pays et 500 millions de consommateurs, dont 36 millions de Canadiens.
Crédit photo : Radio-Canada/Lionel Levac

Un modèle pour d’autres accords de libre-échange?

« Nous partageons certainement l’espoir que le PTPGP devienne de plus en plus un modèle à suivre pour les accords commerciaux, pas seulement dans le Pacifique, mais à terme au niveau mondial », a expliqué Justin Trudeau.

Le premier ministre canadien a décoché une flèche en direction de Donald Trump en affirmant que ce pacte « s’oppose nettement » au modèle protectionniste mis en oeuvre par le dirigeant américain.

Le pacte « est ce qui fait croître l’économie mondiale » et il « devrait être un modèle pour aller de l’avant », a précisé le dirigeant japonais Shinzo Abe. Ottawa et Tokyo cherchent maintenant à attirer de nouveaux pays signataires, a-t-il ajouté.

La visite de M. Abe au Canada est la dernière étape d’une tournée qui l’a notamment amené à Bruxelles, Paris et Washington, où il a joué au golf samedi avec Donald Trump.

Loin de passer comme une lettre à la poste

Un producteur laitier marche avec sa vache durant les manifestations contre le PTPGP à Ottawa, le 29 septembre 2015. © Chris Wattie

Le gouvernement canadien a été très critiqué par des groupes représentant les travailleurs ainsi que par les constructeurs du secteur automobile pour avoir signé des accords parallèles bilatéraux avec le Japon, l’Australie et la Malaisie dans ce domaine.

Un comité sénatorial ayant examiné le projet de loi sur le PTPGP a affirmé dans son rapport, rendu public l’automne dernier, que le gouvernement canadien devait trouver des moyens de compenser les « effets potentiellement négatifs » de l’accord commercial, notamment en aidant les travailleurs et les entreprises durement frappés par la nouvelle concurrence venant du pourtour du Pacifique.

Le Partenariat transpacifique ne s’est pas fait sans casser des oeufs. Crédit photo : Radio-Canada/Lionel Levac

Le 20 mars dernier, on apprenait que les producteurs laitiers canadiens et ceux des autres secteurs agricoles au pays soumis eux aussi à la gestion de l’offre recevront près de 4 milliards de dollars pour compenser l’impact que devraient avoir les accords commerciaux que le Canada a signés avec l’Asie et l’Europe.

Le budget de 2019 promet un financement de 3,9 milliards aux producteurs admissibles pour les aider à faire face aux répercussions économiques de l’Accord commercial Canada-Union européenne (AECG) et de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressif (PTPGP), tous deux signés et mis en oeuvre par les libéraux au cours des trois dernières années.

Le saviez-vous?
Cette gigantesque entente commerciale a été conclue en 2015 par l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper.
Le PTPGP a ensuite été signé par la ministre Freeland en février 2016 à Auckland, en Nouvelle-Zélande, ce qui a été présenté comme une étape technique n’empêchant pas la tenue de consultations auprès des Canadiens.

Stephen Harper, à Pékin, en novembre 2014, lors de négociations dans le cadre de l’entente du Partenariat transpacifique © PC/Adrian Wyld

RCI avec l’Agence France-Presse et La Presse Canadienne

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Catégories : Économie, International, Politique
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