Un conteneur rempli de déchets plastiques en provenance d'Australie, à Port Klang, Malaisie, le mardi 28 mai 2019. (Crédit: AP Photo / Vincent Thian)

La Malaisie menace à son tour de retourner des déchets au Canada

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La Malaisie a annoncé vouloir renvoyer des centaines de tonnes de déchets de plastique au Canada ainsi qu’à plusieurs nations occidentales. Il devient ainsi le deuxième pays asiatique à signifier son intention de réexpédier des déchets canadiens de l’autre côté de l’océan.

Cette décision intervient alors que les Philippines sont déjà aux prises avec le Canada à propos de conteneurs de déchets qui y pourrissent depuis plusieurs années maintenant.

Ce problème du traitement des déchets en Asie du Sud-Est s’est intensifié depuis que la Chine a soudainement arrêté de prendre les déchets du monde entier l’an dernier, citant des préoccupations environnementales.

De nombreux pays voisins se sont alors engouffrés dans ce marché, mais certains commencent à rebrousser chemin, notamment à cause du développement massif d’un réseau illégal parallèle.

La ministre malaisienne de l’Énergie, de l’Environnement et des Sciences Yeo Bee Yin était présente à Port Klang, le port le plus actif du pays, mardi matin, où 60 conteneurs remplis de déchets contaminés ont été interceptés par les autorités. Ils allaient entrer dans le pays clandestinement afin d’être traités dans des usines illégales.

Dix des conteneurs devraient être renvoyés dans les deux prochaines semaines, a précisé la ministre, pendant qu’elle montrait aux journalistes le contenu des déchets. Certains estampillés « Fabriqués au Canada » provenaient de marques reconnues.

« Nous exhortons les pays développés à cesser d’expédier leurs déchets dans notre pays », a déclaré la ministre.

Nous les retournerons sans pitié à leur pays d’origine. Yeo Bee Yin, ministre malaisienne de l'Énergie, de l'Environnement et des Sciences

D’après les données officielles, les importations de plastique par la Malaisie ont triplé depuis 2016 pour atteindre 870 000 tonnes l’an passé.

La ministre Yeo Bee Yin montre un échantillon de déchets transférés à Port Klang, le mardi 28 mai 2019. (AP Photo/Vincent Thian)

Un réseau illégal en pleine expansion

Face à cet afflux, de nombreuses usines de traitement ont commencé à se développer dans le pays. Elles opèrent pour beaucoup sans permis et sans respect des normes environnementales.

Pour lutter contre cet essor, le gouvernement malaisien a décidé de sévir en bloquant les importations illégales et en fermant les sites illégaux. Au moins 150 usines ont déjà été mises hors circuit, selon Mme Yeo.

Plus tôt ce mois-ci, la Malaisie a également renvoyé cinq conteneurs de déchets en Espagne.

La Malaisie ne sera pas la décharge du monde. Nous ne nous laisserons pas intimider par les pays développés. Yeo Bee Yin, ministre malaisienne de l'Énergie, de l'Environnement et des Sciences

Et 450 tonnes de déchets provenant d’Australie, du Bangladesh, du Canada, de Chine, du Japon, d’Arabie saoudite et des États-Unis devraient leur être renvoyées, a déclaré le ministère malaisien.

La Malaisie autorise l’importation de déchets de plastique à condition qu’ils soient propres et homogènes afin de pouvoir les recycler. Mais de plus en plus de voix demandent au gouvernement d’interdire les importations de tous les déchets, quels qu’ils soient.

Plusieurs associations environnementales demandent une réponse plus ferme du gouvernement, tout comme des habitants de villes jouxtant certaines usines de traitement. Ils se plaignent de souffrir de maladies liées à la pollution.

Le Canada déjà en démêlé avec les Philippines

Des militants écologistes philippins portent un conteneur factice rempli d’ordures pour symboliser les 50 conteneurs de déchets qui ont été expédiés du Canada aux Philippines il y a deux ans, lors d’une manifestation devant l’ambassade canadienne au sud de Manille, le 7 mai 2015. (Crédit : La Presse canadienne/AP, Aaron Favila)

Aux Philippines, le président Rodrigo Duterte a été l’instigateur de ce mouvement de renvoi des déchets à l’expéditeur en reprochant au Canada d’avoir envoyé des déchets illégalement il y a plusieurs années.

La semaine dernière, il a affirmé entamer les démarches de réexpédition après avoir rappelé son ambassadeur et ses consuls du Canada. Cette décision est survenue après le non-respect par Ottawa de l’échéance du 15 mai pour rapatrier ses déchets.

Avec le départ imminent des conteneurs, le ministre philippin des Affaires étrangères Teodoro Locsin fils a eu quelques mots à dire sur Twitter à ce sujet :

TOUS LES CONTENEURS CONTENANT DES DÉCHETS SONT NETTOYÉS ET PRÊTS POUR LE DÉPART. EN ATTENTE DE QUELQUES DOCUMENTS ET D’UNE AUTORISATION DE ROUTINE DE LA PART DE LA CHINE POUR LE TRANSPORT AU CANADA. DÉPART LE 30 MAI. Si quelqu’un se met en travers du chemin d’une façon ou d’une autre, je le vire. Ne me provoquez pas.

Du côté d’Ottawa, la ministre de l’Environnement soutient que les déchets canadiens qui pourrissent aux Philippines depuis près de six ans seront de retour au pays avant la fin du mois de juin. La semaine dernière, elle a indiqué que le gouvernement avait octroyé un contrat à une entreprise de transport, Bolloré Logistics Canada, pour rapatrier 69 conteneurs remplis d’ordures ménagères et de déchets électroniques.

Cet échéancier a été rejeté par les Philippines qui pourraient utiliser une société de transport maritime privée pour transporter les déchets jusqu’en territoire canadien.

Sources : Agence France-Presse et La Presse canadienne 

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Catégories : International, Société
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