Un couple endormi sur un lit de fortune dans une pièce étroite. Crédit : Istock

Conditions de logement des petits Québécois : les organismes communautaires sonnent l’alarme et appellent au changement

Plusieurs enfants de 0 à 5 ans, au Québec, ne vivent pas toujours dans des logements décents et abordables, ce qui ne manque pas d’incidence sur leur santé et leur sécurité. C’est ce que révèlent de nouvelles données de l’Observatoire des tout-petits.

Se loger et vivre décemment : le calvaire des plus démunis

Les données ont été publiées dans le contexte des déménagements du 1er juillet au pays. Pour plusieurs familles aux revenus modestes, pouvoir se loger et vivre décemment semble relever d’une véritable gageure.

Cela se voit tous les jours dans la province, principalement dans les grandes régions métropolitaines, où l’offre de logements, surtout de logements salubres, de taille suffisante et à des prix abordables n’est pas toujours à la hauteur de la demande.

Le cas de Montréal est révélateur d’une situation qui est préoccupante à plusieurs égards. Les logements disponibles y sont de plus en plus rares, et les prix souvent astronomiques ne laissent que peu de chances aux familles à faibles revenus. Pour un logement d’une chambre, soit un trois et demi facilement accessible en transport en commun, il faut débourser parfois jusqu’à 1500 $.

Édith Cyr, DG de Bâtir son quartier. Crédit : Béatrice Gougeon

Ces prix, doublés à l’étroitesse et au mauvais état des logements, n’augurent rien de très favorable pour les familles aux revenus modestes et leurs enfants, soutient Édith Cyr, la directrice générale de Bâtir son quartier. Cet organisme, à l’instar de bien d’autres, comme la Société d’habitations populaires de l’Est de Montréal (SHAPEM), de l’Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ), et de la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), agit sur le terrain avec des projets concrets pour apporter des solutions collectives et durables au problème. 

Mme Cyr fait le point sur les actions entreprises par son organisme qui existe depuis 40 ans, et qui travaille en partenariat avec d’autres organismes, pour mettre en œuvre plusieurs projets d’habitations abordables pour les familles. Elle soutient que tous les moyens doivent être déployés, tant du côté du gouvernement que du secteur privé, pour porter les actions plus loin afin d’éliminer cette forme de pauvreté qui ne devrait plus avoir sa place dans une société créatrice de richesses et prospère comme le Québec.

Écoutez

Salle de bain ou salle de jeu? Crédit : Istock

Pris dans sa globalité à l’échelle provinciale, la proportion des enfants de 0 à 5 ans habitants dans des logements non abordables a considérablement diminué, passant de 19,8 % en 2001 à 13,6 % en 2016, selon les données de l’Observatoire des tout-petits.

Toutefois, même à 13,6 %, la situation est alarmante, et le cas des grandes villes devrait continuer à cristalliser les attentions en raison de l’ampleur du problème.

En 2016, la proportion de familles avec des enfants de 0 à 5 ans habitants dans un logement non abordable à Montréal s’élevait à 21,4 %, contre 13,9 % pour l’Outaouais, et 8,2 % pour Québec. Toujours à Montréal, cette proportion, en ce qui a trait à l’accès à un logement de taille insuffisante est de 27,4 %, un niveau inquiétant, selon le rapport.

Catégories : Société
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