FaceApp- KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP/Getty Images)

FaceApp : notre obsession pour l’âge nous piège-t-elle?

FaceApp est actuellement une des applications les plus téléchargées sur Apple Store et Google Play. Cet engouement est attribuable à l’une des options de cette application, un filtre qui prédit le visage de l’utilisateur quand il sera plus âgé. Sa gestion des données personnelles et son respect de la vie privée de ses utilisateurs soulèvent toutefois des inquiétudes.

En combinant des techniques de l’intelligence artificielle et du « visage neural » (neural face), FaceApp transforme le visage de l’utilisateur pour lui montrer comment il pourrait paraître s’il était plus jeune ou plus vieux, d’une autre ethnie ou d’un genre différent.

FaceApp est devenue virale grâce notamment au fait qu’elle a touché une fibre sensible des mobinautes : une certaine obsession de leur âge. Un jeunisme éternel espéré et une vieillesse repoussée et crainte. FaceApp sert à appréhender cette peur et à apporter une certaine assurance « virtuelle » sur l’apparence des utilisateurs dans leurs vieux jours.

Des efforts de marketing sur les réseaux sociaux via la campagne #AgeChallenge, à laquelle ont20participé des célébrités comme le chanteur canadien Drake et le chef Ramzy, ont moussé la viralité de l’application FaceApp.

Devant cette popularité, des défenseurs des droits des consommateurs ont épluché les conditions d’utilisation de FaceApp. Ils ont découvert, entre autres, que FaceApp a le droit d’utiliser, de manipuler et d’éditer les photos auxquelles elle a eu accès.

FaceApp a-t-elle accès à toutes les photos sur votre téléphone ou votre tablette? Seulement la photo soumise à l’application selon le libellé des conditions d’utilisation. Des experts en sécurité informatique font remarquer toutefois que les usagers, par leur consentement qui autorise à FaceApp d’utiliser la caméra du téléphone, lui donnent un accès à leur bibliothèque de photos.

L’éditeur de l’application FaceApp est l’entreprise russe Wireless Lab. Des observateurs évoquent les liens des entreprises TI russes avec le régime de Vladimir Poutine. Ils rappellent le rapport du Sénat américain sur la campagne de propagande Pro-Trump et de désinformation sur les réseaux menés par des agences web russes. Le rapport pointait du doigt les autorités du Kremlin comme les instigateurs de cette campagne. La Russie voulait favoriser l’élection de Donald Trump en décourageant les électeurs noirs, majoritairement démocrates, d’aller voter pour Hillary Clinton. Le Parti démocrate a d’ailleurs demandé à ses candidats aux élections présidentielles américaines de 2020 de ne pas utiliser FaceApp.

Zoubeir Jazi 

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Catégories : Internet et technologies, Web et Nouvelles technologies
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