L'Empress of Ireland (Radio-Canada)

Avant le Titanic : le naufrage oublié du paquebot Empress of Ireland dans le fleuve Saint-Laurent

Le naufrage de l’Empress of Ireland qui a sombré au fond du fleuve Saint-Laurent en quelques minutes seulement il y a 105 ans et fait plus de 1000 morts est bel et bien la pire tragédie maritime de toute l’histoire canadienne.

Cette catastrophe s’inscrit dans une série de naufrages marquants du début du 20e siècle, avec celui du Titanic (1912, 1504 victimes) et celui du Lusitania (1915, près de 1200 victimes), torpillé par un sous-marin allemand.

Et pourtant les souvenirs de cette histoire tragique ont largement été effacés par le déclenchement traumatique deux mois plus tard de la Première Guerre mondiale.

Reposant toujours par plus de 40 mètres sous l’eau, l’Empress of Ireland a encore des secrets à livrer, croit John Willis, conservateur au Musée canadien de l’histoire.

L'Empress of Ireland © 1997 Ken Marschall

Une disparition éclair dans des eaux glacées

Le 28 mai 1914, l’Empress of Ireland quitte le port de Québec à 16 h 27. Le navire entreprend sa 192e traversée de l’Atlantique en direction de Liverpool. Au moins 1477 personnes sont à bord. Pour les passagers, la soirée est douce, et c’est l’allégresse.

Pendant la nuit, un brouillard dense vient pourtant recouvrir le fleuve. En 1914, le radar n’est pas encore inventé. Sans repères, l’équipage de l’Empress coupe les moteurs. Le paquebot s’immobilise de façon à laisser passer un charbonnier entre-aperçu en travers des brumes, au large de Sainte-Luce-sur-Mer.

À 1 h 55, à 30 mètres devant lui, le capitaine de l’Empress of Ireland voit surgir le charbonnier des brumes. Il crie à pleins poumons dans son mégaphone, mais il est trop tard. La proue du charbonnier percute violemment le flanc de l’Empress.

Le paquebot s’affaisse très vite sur le côté. L’eau s’y engouffre à un rythme fulgurant. L’état de panique retient la plupart des passagers sous le pont. En seulement 14 minutes, l’Empress disparaît sous les vagues avec ses 1000 victimes.

Le charbonnier, un navire norvégien appelé le Storstad, va alors recueillir la majorité des 420 survivants. Mais plus d’un témoin a affirmé que le capitaine du charbonnier a tardé à entrer en action.

Le charbonnier norvégien Storstad a été torpillé et coulé en 1917 (Archives de Radio-Canada)

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Jacques Beauchamps de Radio-Canada

En complément

Les 100 ans du naufrage de l’Empress of Ireland – Radio-Canada 

L’Empress of Ireland le naufrage oublié – Radio-Canada 

Empress of Ireland : la malédiction du Storstad – Radio-Canada 

Catégories : Histoire
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