PHOTO : RADIO-CANADA / MATHIEU WAGNER

Pourquoi la rage au volant semble-t-elle rugir à tous les coins de rue?

La police de Montréal est revenue sur les lieux mardi d’un incident apparent de rage au volant qui s’est terminé lundi après-midi par un coup de feu.

(Mathieu Wagner/Radio-Canada)

Selon un porte-parole de la police, les enquêteurs se sont rendus dans les entreprises pour avoir accès à leurs images vidéo, ce qui leur permettra peut-être de voir le numéro d’immatriculation du véhicule suspect et de comprendre la séquence des événements qui a mené à la fusillade, en plein après-midi, au coeur de Montréal.

Un homme de 23 ans conduisant une camionnette de livraison a été atteint par un coup de feu tiré par le conducteur d’un autre véhicule sur une voie de desserte de la principale autoroute traversant l’île de Montréal d’ouest en est.

L’assaillant s’est enfui, tandis que la victime a subi des blessures graves, mais non mortelles.

La police traite toujours la fusillade comme un cas de rage au volant. Le véhicule du suspect était une voiture blanche à quatre portes, selon la police. Le tireur est toujours en fuite.

Un Canadien sur trois auteurs de rage au volant au moins une fois par mois

(iStock)

Selon un sondage d’une compagnie d’assurance, réalisé en 2015, les cas de rage au volant au pays font de plus en plus partie de la routine.

L’enquête réalisée pour le compte de State Farm révélait que les facteurs déclencheurs chez les automobilistes canadiens sont le talonnage de trop près (30 %), la distraction au volant (22 %) et le fait de se faire couper (22 %).

« Le développement accru des banlieues et un manque d’infrastructures de transport conduisent à l’augmentation de la congestion sur les routes canadiennes et des cas de rage », indiquait John Bordignon, porte-parole de State Farm.

« En plus du trafic, ce qui peut conduire à la frustration pour les conducteurs, ce sont les choses qui s’ajoutent en route comme la météo et la construction. On peut comprendre comment les émotions peuvent rapidement dégénérer en rage au volant », a-t-il précisé.

Un phénomène en pleine croissance au Canada

(iStock)

Les cas de rage au volant seraient en augmentation au pays à en croire les différentes causes qui se retrouve devant les cours de justice au pays. La Police provinciale de l’Ontario (OPP), par exemple, a des statistiques internes sur les cas de rage au volant.

Les situations sont pourtant souvent tellement subjectives et sous-déclarées que ces statistiques de l’OPP ne sont pas rendues publiques parce qu’elles ne donnent pas une idée exacte de ce qui se passe.

Souvent, la rage au volant ne provoque que de petits accrochages. La rage au volant, ce n’est pas forcément les situations où les automobilistes sortent de leurs véhicules et se battent. Ce n’est que lorsque les gens sont gravement blessés, comme à Montréal lundi, que les cas de rages au volant sortent clairement de l’ombre.

C’est exactement ce qui est arrivé récemment à Kingston, une ville à mi-chemin entre Toronto et Montréal, quand un homme est sorti de son véhicule pour aller mordre un piéton sur le nez.

Pourquoi la rage au volant semble-t-elle surgir plus facilement?

Les Canadiens mordent à pleines dents dans la rage au volant. Sauf au Québec?

La rage au volant est un phénomène en progression au Canada, mais on dirait bien que les Québécois sont plus calmes et tolérants que les autres Canadiens. En fait, les Québécois seraient, selon leurs dires, les conducteurs les moins enragés du Canada.

Un sondage commandé, il y a quatre ans par le magazine autoTRADER auprès de 1500 automobilistes canadiens, révélait que 47 % des Québécois sondés affirmaient qu’ils ignoraient tout simplement les conducteurs qui manquent de courtoisie à leur endroit.

Toujours selon le même sondage, les Québécois se disaient aussi moins prompts à ressentir de la rage au volant. Seulement 30 % des Québécois interrogés affirmaient déjà avoir ressenti un tel sentiment.

Au Canada, la moyenne dans ces deux situations tourne davantage autour de 45 %. Les conducteurs du Nouveau-Brunswick seraient les plus en colère du lot, puisque 61 % d’entre eux ont avoué déjà avoir ressenti de la rage au volant.

Un incident de rage au volant au Québec qui a fait le tour du monde

En 2014, l’incident de rage au volant capté sur YouTube par une petite famille québécoise a fait le tour de la planète. Se faisant couper la route par un véhicule à la conduite incertaine, un couple avec deux enfants à l’arrière a pris la décision de suivre l’individu impoli afin de relever le numéro d’immatriculation de sa voiture et de le signaler aux policiers.

Le couple a suivi la minifourgonnette du conducteur impoli jusque dans un cul-de-sac. C’est alors que, se sentant cerné, incapable de s’enfuir, le conducteur s’est transformé en être fou armé. Il est descendu de son véhicule et s’est avancé vers la petite famille armée d’une scie à chaîne. Sur la vidéo, on entend la terreur dans la voix des enfants et de la mère qui à la fois filme la scène et harangue l’homme à la scie.

Le juge a acquitté le conducteur fou de rage, car il a jugé que les deux parties étaient toutes les deux un peu victime et coupable.

Menaces à la tronçonneuse au Québec

Trucs pour désamorcer la rage au volant

En furetant sur les sites web des compagnies d’assurances, on retrouve ces deux conseils pour éviter d’être victime de la rage au volant.

Si un automobiliste vous coupe le passage ou tente de vous engager dans une course pendant que vous êtes au volant, laissez tomber. Ralentissez ou empruntez un autre chemin.

Signalez les conducteurs agressifs : si vous constatez que vous ne pouvez pas échapper à un conducteur en colère ou que vous craignez pour votre sécurité, rendez-vous vers un poste de police ou un lieu public, s’il n’y a pas de poste à proximité. Ne vous arrêtez pas et ne descendez JAMAIS de votre voiture ou ne rentrez pas chez vous en voiture, sans vous assurer que personne ne vous suit.

Utilisez votre klaxon avec parcimonie : un klaxon sert à alerter ou avertir les autres conducteurs de votre présence. Ce n’est pas un instrument pour évacuer votre frustration. Même un klaxon poli peut être pris dans le mauvais sens.

RCI avec les informations de CBC News et la contribution de Claude Bernatchez et Isabelle Richer de Radio-Canada

Catégories : Santé, Société
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