Ce que l’on sait de l’« accord » envisagé à propos du Groenland

Le drapeau du Groenland à Nuuk, le 17 janvier 2026. (Photo d’archives : Getty Images/Sean Gallup)

Voici ce que l’on sait du compromis envisagé entre les États-Unis et le Danemark à propos du Groenland, après l’annonce par le président américain Donald Trump qu’un « cadre d’accord » avait été trouvé sous l’égide de l’OTAN.

Au cours d’une « réunion très productive que j’ai eue avec le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, nous avons conçu le cadre d’un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, toute la région arctique », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, depuis la station suisse de Davos où il participe au Forum économique mondial.

Donald Trump a par la suite assuré à des journalistes que le projet d’accord donnait aux États-Unis « tout ce qu’ils voulaient » et « pour toujours », mais sans donner plus de détails.

Interrogé pour savoir si cela impliquait une possession du Groenland, le président américain a hésité puis a esquivé la question : « Euh… C’est un accord à long terme. C’est l’accord de long terme par excellence. »

Priver d’accès la Chine et la Russie

Les discussions entre les États-Unis et l’OTAN sur le Groenland visent à priver la Russie et la Chine d’un « accès » à ce territoire autonome danois et aux pays de l’Arctique, a déclaré Mark Rutte.

Selon lui, il s’agit d’assurer « collectivement » la sécurité de sept pays de l’Arctique face à la Russie et la Chine, a-t-il précisé en citant les États-Unis, le Canada, le Danemark, l’Islande, la Suède, la Finlande et la Norvège.

Il s’agit de veiller à ce que « les Chinois et les Russes ne puissent avoir accès économiquement et militairement au Groenland », a ajouté le chef de l’OTAN.

Le Danemark insiste sur le maintien de sa souveraineté

« La position du Danemark et celle du Groenland sont identiques, et aucune négociation n’a eu lieu [mercredi] avec l’OTAN au sujet de notre souveraineté », a insisté la première ministre Mette Frederiksen à la télévision danoise.

Il va de soi que seuls le Danemark et le Groenland eux-mêmes peuvent prendre des décisions concernant les questions relatives au Danemark et au Groenland.

La première ministre danoise Mette Frederiksen, par voie de communiqué

« Nous avons entretenu un dialogue étroit avec l’OTAN et j’ai moi-même régulièrement discuté avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, notamment avant et après sa rencontre avec le président Trump à Davos », a ajouté la cheffe du gouvernement danois, précisant avoir « coordonné ses efforts» avec le gouvernement groenlandais tout au long de ce processus.

Mark Rutte a pour sa part confirmé à la chaîne Fox News que le sujet de la souveraineté du territoire « n’avait pas été abordé lors de ses discussions avec le président américain. »

L’idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des États-Unis n’a pas été évoquée, a également indiqué à l’AFP une source au fait des discussions entre Donald Trump et Mark Rutte.

L’accord de défense américano-danois renégocié?

Selon cette même source, les États-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense sur le Groenland datant de 1951.

La sécurité de l’Arctique va être renforcée et les pays européens de l’OTAN y contribueront, a indiqué M. Rutte.

Depuis 1951, l’accord de défense, mis à jour en 2004, donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, même si elles doivent prévenir en amont les autorités.

Les États-Unis ne disposent plus que d’une seule base au Groenland, celle de Pittufik (anciennement Thulé), dans le nord de cette immense île arctique, après en avoir exploité une dizaine pendant la guerre froide.

Ce site joue un rôle important dans le système de défense antimissiles des États-Unis.

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