La Coalition anti-pauvreté réclame plus de toilettes publiques à Whitehorse

Un programme de la Coalition anti-pauvreté du Yukon (YAPC) recommande à la Ville de Whitehorse d’installer davantage de toilettes publiques au centre-ville et d’étendre leurs heures d’ouverture. Il estime qu’il s’agit d’un enjeu de « dignité humaine », surtout pour les aînés et les personnes à mobilité réduite.
Le programme Voices Influencing Change, qui soutient les personnes en situation de pauvreté, d’itinérance et d’exclusion sociale, a réalisé un sondage, au printemps, sur l’accès aux installations sanitaires publiques. Résultat : la plupart des gens ne savent pas où aller lorsqu’ils ont besoin de se soulager en centre-ville.
Pour les aider, l’organisation a rendu publique, lundi, une carte de ces installations, tout en listant cinq recommandations à la municipalité, qui incluent notamment une meilleure signalisation de ces espaces et une accessibilité en fauteuil roulant.

Un meilleur accès aux toilettes bénéficie à tous : les touristes qui viennent ici et qui ne savent pas où aller, les personnes itinérantes, en passant par les familles, les personnes qui souffrent de problèmes de santé et les aînés, soutient Keitha Clark, la coordonnatrice du programme Voices Influencing Change. Nous avons tous besoin d’un endroit digne où aller.
Le besoin est particulièrement pressant pour les personnes âgées, témoigne Norma May Murray, 81 ans, une Autochtone du Dakota du Sud. J’ai une diverticulite, j’ai des difficultés à aller aux toilettes, je porte des protections d’incontinence depuis une quinzaine d’années et j’aimerais vraiment qu’il y ait davantage de toilettes et qu’elles soient plus accessibles
, raconte celle qui est membre du programme Voice.
Même son de cloche pour Jack Bogaard, selon qui l’absence de toilettes publiques ouvertes après 21 h en force certains à aller faire leurs besoins dans la nature ou le long des sentiers.
De son côté, Bette Lou Bergeron, qui se déplace en scooter de mobilité réduite, qu’elle appelle sa
pseudo-HarleyDavidson, explique que plusieurs toilettes chimiques du centre-ville lui sont inaccessibles. Le temps qu’elle trouve un endroit adapté, il sera peut-être trop tard.J’aurai déjà eu un accident. C’est gênant et humiliant, pour quelqu’un dont la qualité de vie est, disons, réduite à cause du manque de toilettes chimiques ou d’installations sanitaires disponibles, témoigne-t-elle.

Dans un courriel, la Ville de Whitehorse dit pour sa part soutenir ces nouvelles ressources créées par la YAPC et par Voices Influencing Change et affirme qu’elle les ajoutera à sa carte des Parcs et des Loisirs sur son site Internet dans les prochains jours.
Dans un rapport publié la semaine dernière, la Ville de Whitehorse a également établi l’amélioration des toilettes du centre-ville comme une priorité pour développer les infrastructures touristiques.
Les recommandations de Voices Influencing Change :
- augmenter le nombre de sanitaires publics au centre-ville;
- prolonger les heures d’ouverture des installations actuelles;
- ajouter de la signalisation visible sur les lieux;
- améliorer l’accessibilité universelle (accès en fauteuil roulant, lieux chauffés l’hiver, poubelles pour aiguilles utilisées, tables à langer et options neutres);
- intégrer ces besoins lors de la planification budgétaire municipale et territoriale.
