Une équipe de chercheurs faisant partie des centres de recherche du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Ouest-de-l ‘Île-de-Montréal démontre pour la première fois que deux protéines associées et non une seule, à savoir, Bêta-amyloïde et tau sont à l’origine de la maladie d’Alzheimer

Une équipe de chercheurs faisant partie des centres de recherche du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Ouest-de-l ‘Île-de-Montréal démontre pour la première fois que deux protéines associées et non une seule, à savoir, Bêta-amyloïde et tau sont à l’origine de la maladie d’Alzheimer
Photo Credit: ICI Radio-Canada

Quand deux protéines conjuguent leurs efforts pour détruire notre cerveau!

Share

Bêta-amyloïde et tau sont deux protéines anormales dont l’association représente un réel danger pour le cerveau humain. En effet, l’accumulation dans le cerveau de ces deux protéines conduit à son endommagement, ce qui cause la maladie d’Alzheimer. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’équipe de Pedro Rosa-Neto, neurologue clinicien au Douglas et professeur adjoint au département de neurologie, de neurochirurgie et de psychiatrie à l’Université McGill.

Cette découverte des  chercheurs de l’Institut universitaire de santé mentale Douglas  est une grande première qui vient remettre en cause les théories scientifiques qui existaient jusque-là sur la progression de la maladie d’Alzheimer.

Les scientifiques ont toujours soutenu qu’une seule des deux protéines Bêta-amyloïde et tau était responsable de l’évolution de cette maladie. L’innovation majeure qu’apportent Pedro Rosa Neto et son équipe met en exergue pour la première fois le fait que l’interaction entre ces deux protéines entraîne des dommages cérébraux chez des personnes qui ne présentent aucun trouble cognitif.

Nous avons constaté que les deux protéines conjuguent leurs effets toxiques individuels et provoquent ainsi un dysfonctionnement cérébral typique de la maladie d’Alzheimer. Cette découverte remet ainsi en cause des théories scientifiques opposées qui voulaient qu’une seule des deux protéines soit responsable de la progression de la maladie 

  Pedro Rosa-Neto, neurologue clinicien au Douglas et professeur adjoint à l’Université McGill, départements de neurologie, de neurochirurgie et de psychiatrie, directeur adjoint du programme PRÉVENIR-Alzheimer et directeur du Laboratoire de neuroimagerie translationnelle.

L’Institut universitaire de santé mentale Douglas est affilié à l’Université McGill et à l’Organisation mondiale de la santé. C’est là que les personnes souffrant de santé mentale sont prises en charge. Les travaux de ses équipes, dont le docteur Serge Gauthier, neurologue, clinicien et directeur de l’unité de recherche sur la maladie d’Alzheimer du Centre McGill d’études sur le vieillissement vont contribuer à l’avancement de la prévention et de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.
L’Institut universitaire de santé mentale Douglas est affilié à l’Université McGill et à l’Organisation mondiale de la santé. C’est là que les personnes souffrant de santé mentale sont prises en charge. Les travaux de ses équipes, dont le docteur Serge Gauthier, neurologue, clinicien et directeur de l’unité de recherche sur la maladie d’Alzheimer du Centre McGill d’études sur le vieillissement vont contribuer à l’avancement de la prévention et de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. © GI/Colin Anderson

Des raisons d’espérer

Cette étude a été menée sur une période deux ans et elle a ciblé 120 personnes ne présentant aucun trouble cognitif. Cet échantillon était composé d’hommes et de femmes répartis également et âgés en moyenne de 75 ans.

Les chercheurs se sont servis d’instruments éprouvés comme les scanneurs TEP pour mesurer le taux d’amyloïde et ils ont aussi analysé le liquide céphalo-rachidien pour mesurer le taux de la protéine tau.

C’est ainsi qu’ils ont pu identifier ceux des patients les plus à risques de développer la maladie d’Alzheimer. Les résultats de leur étude donnent des raisons d’espérer de réelles avancées en ce qui concerne la prévention et la stabilisation de cette maladie qui touche près de 48 millions de personnes dans le monde, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé publié en 2015.

Jusqu’à maintenant, les essais cliniques thérapeutiques ciblaient un seul processus pathologique. Notre recherche ouvre la voie à de nouveaux traitements destinés à prévenir ou stabiliser la maladie d’Alzheimer. Par exemple, nous pourrions utiliser une combinaison de traitements pour contrer simultanément l’accumulation de protéines bêta-amyloïde et tau 

– Dr Tharick A. Pascoal, neurologue, auteur principal de l’étude. Études de doctorat grâce au Programme intégré en neurosciences de l’Université McGill. Récipiendaire d’une bourse d’étude du Centre StoP-Alzheimer (Institut Douglas).

C’est grâce aux financements des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et de la Fondation Alan Tiffin que le docteur Pedro Rosa-Nato et son équipe ont pu réaliser leurs travaux.
C’est grâce aux financements des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et de la Fondation Alan Tiffin que le docteur Pedro Rosa-Nato et son équipe ont pu réaliser leurs travaux. © iStock

La maladie d’Alzheimer est présentée par l’OMS comme étant la cause la plus fréquente de démence.  En 2011, 747 000 Canadiens souffraient de cette maladie ou d’autres formes de démence qui ont coûté à la Société Alzheimer du Canada près de 33 milliards de dollars.

Share
Mots-clés : , , , , , , ,
Publié dans : Santé, Science et technologie

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*