Le taux de mortalité des victimes d’AVC est environ 25 % plus élevé pour les patients traités en région

Illustration : © RACINE

Le taux de mortalité des victimes d’AVC est environ 25 % plus élevé pour les patients traités en région

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Après un accident vasculaire cérébral, les Canadiens traités dans un hôpital régional courent un plus grand risque de mourir que ceux ayant été soignés dans un hôpital en ville. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique PLOS ONE par des chercheurs de l’Université Laval, le taux de mortalité dans les mois qui suivent un AVC est environ 25 % plus élevé chez les patients traités en milieu rural.

L’équipe du Dr Richard Fleet de la Faculté de médecine s’est basée sur des données compilées par l’Institut canadien d’information sur la santé pour établir que le taux de mortalité des victimes d’AVC admis dans des hôpitaux de grands centres urbains a fluctué de 14,1 % à 16,8 % pendant les cinq années couvertes par l’étude. En contrepartie, dans les hôpitaux situés en région, ce taux a varié de 18,3 % à 21 %. L’écart entre les deux types d’hôpitaux a été observé chaque année, sauf en 2008, et dans chaque province étudiée. Selon les chercheurs, cet écart pourrait s’expliquer par un manque de ressources dans les hôpitaux situés en région.

Leur étude rapporte que seulement 21 % de ces hôpitaux ont une unité de soins intensifs et qu’à peine 11 % disposent d’un tomodensitomètre, communément appelé scanner.

«L’absence de cet appareil à l’intérieur des murs de l’hôpital prive les médecins d’un outil pouvant les aider à poser rapidement un diagnostic d’AVC et à commencer sans délai le traitement recommandé.»Dr Richard Fleet

© Shaul Schwarz/Getty Images

L'étude en bref

L’AVC est l’une des principales causes de décès au Canada. Bien que les soins aux patients ayant souffert d’un AVC se soient améliorés au cours de la dernière décennie, le sort des patients traités dans les hôpitaux ruraux après un AVC n’avait pas encore été étudié au Canada.

Méthodologie de l’étude 
À partir des données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) sur la mortalité hospitalière après 30 jours suivant un AVC de 2007 à 2011 pour tous les hôpitaux de soins de courte durée au Canada, sauf le Québec et les Territoires du Nord-Ouest. On a classé les hôpitaux ruraux situés dans les petites villes rurales offrant une couverture médicale d’urgence (24 h/24 et 7 jours/7) avec des lits d’hospitalisation. Les hôpitaux urbains étudiés étaient des centres universitaires désignés comme centres de traumatologie de niveau 1 ou 2. Les chercheurs ont calculé des données descriptives sur l’accès local à un tomodensitomètre et à d’autres services, et ils ont comparé les taux moyens de mortalité post-AVC sur 30 jours pour les hôpitaux ruraux et urbains au taux canadien global.

Résultats
Au total, 286 hôpitaux ruraux (3,4 millions de visites au service des urgences par année) et 24 hôpitaux urbains (1,5 million de visites à l’urgence par année) répondaient aux critères d’inclusion.

  • De 2007 à 2011, les taux de mortalité hospitalière après 30 jours étaient significativement plus élevés dans les hôpitaux ruraux que dans les hôpitaux urbains et supérieurs à la moyenne canadienne pour chaque année sauf en 2008 (moyenne rurale de 18,26 à 21,04 et moyenne de 16,78).
  • Seulement 11 % des hôpitaux ruraux avaient un tomodensitomètre, 1 % avaient une IRM, 21 % avaient une USI à l’hôpital, 94% avaient un laboratoire et 92 % avaient des installations de radiologie de base.

Conclusion
Au Canada, les hôpitaux ruraux affichaient des taux de mortalité hospitalière à 30 jours plus élevés après un AVC que les hôpitaux universitaires urbains et la moyenne canadienne. Les hôpitaux ruraux ont également un accès local très limité aux tomodensitomètres et aux unités de soins intensifs. Ces écarts entre les régions rurales et les régions urbaines sont préoccupants dans le contexte du système de santé universel du Canada.

Notez que les hôpitaux québécois n’ont pas été inclus dans les analyses puisque le ministère de la Santé de la province ne fournit pas ses données à l’Institut canadien d’information sur la santé du Canada. Cependant, une autre étude de l’équipe du professeur Fleet a montré que les hôpitaux situés dans les régions du Québec sont mieux outillés que ceux du reste du Canada. En effet, 74 % d’entre eux disposent d’une unité de soins intensifs et 78 % possèdent un scanner.
Afin d’explorer des avenues de solution, le professeur Fleet et l’Association des médecins d’urgence du Québec organisent le premier Sommet sur la médecine d’urgence en région rurale et éloignée. La rencontre aura lieu le 18 avril à Québec.
Radio Canada International avec l'Université Laval. 
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