Enquête internationale demandée sur les déchets nucléaires canadiens

Des réservoirs d'entreposage de déchets nucléaires au complexe nucléaire de Bruce, près de Kincardine en Ontario. Photo : La Presse canadienne/John Flesher

Enquête internationale demandée sur les déchets nucléaires canadiens

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Quarante groupes demandent une enquête internationale sur les sites actuels de déchets nucléaires canadiens et sur trois nouveaux projets d’enfouissement en cours d’évaluation par la Commission canadienne de sûreté nucléaire, car ils ne correspondraient pas aux normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Ces groupes environnementaux et de Premières Nations, dont une vingtaine du Québec, ont envoyé en ce sens une lettre à l’AIEA.

La lettre souligne que le Canada ne s’est jamais doté d’une politique de gestion de ses déchets radioactifs et qu’il n’a développé aucun système de classification pour leur élimination.

Trois projets sous la loupe

Maquette du futur site proposé de gestion de déchets radioactifs de Chalk River. (Laboratoires nucléaires canadiens)

Il y a d’abord le projet de dépotoir nucléaire de Chalk River, puis le bétonnage de deux réacteurs nucléaires en Ontario et au Manitoba. Dans les trois cas, les projets sont près de cours d’eau.

Les Laboratoires Nucléaires Canadiens, pour le compte d’Énergie atomique du Canada limitée, proposent par exemple de construire une installation de gestion des déchets près de la surface à Chalk River, situé à 180 km au nord-ouest d’Ottawa. On demande aussi le renouvellement pour 10 ans du permis d’exploitation de l’entreprise privée qui gère le site pour le gouvernement canadien.

Tous ses projets sont administrés en sous-traitance par les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC), une entreprise appartenant au consortium Canadian National Energy Alliance composé de quatre entreprises d’ingénierie et de technologie, dont SNC-Lavalin et Rolls-Royce.

« On veut que le sujet soit porté à un autre niveau pour que la gestion de tous ces déchets ne relève pas simplement d’une formule où c’est un consortium de compagnies privées qui gère ça et on trouve que les solutions qui sont présentées sont des solutions à faible coût, mais qui ne sont pas suffisamment responsables, sécuritaires pour protéger l’eau de la rivière », explique le coordonnateur du Ralliement contre la pollution radioactive, Réal Lalande.

Les Laboratoires nucléaires de Chalk River, près du futur site d’enfouissement, constituent aujourd’hui le plus grand établissement du Canada entièrement consacré à la recherche sur les utilisations pacifiques de l’énergie atomique. © EAC

Le ministre responsable minimise les risques de dangers

Jim Carr – CBC

Le ministre des Ressources naturelles Jim Carr s’est voulu rassurant lundi.

« La Commission canadienne de sûreté nucléaire fait un très bon travail et l’une de ses responsabilités est de consulter les Canadiens sur chaque projet tout en ayant pour principal objectif de préserver leur santé et leur sécurité », a-t-il déclaré.

Son bureau a indiqué que le gouvernement fédéral avait une politique-cadre en matière de déchets radioactifs depuis 1996. Celle-ci est toutefois jugée insuffisante par les signataires de la lettre.

Le cas spécial de Chalk River

Les Laboratoires nucléaires canadiens veulent aménager ce qu’ils nomment une installation de gestion des déchets près de la surface qui recevrait les déchets radioactifs des Laboratoires de Chalk River, situés près de 200 kilomètres à l’ouest d’Ottawa et de Gatineau.

Ce dépotoir serait situé en Ontario, à un kilomètre de la rivière des Outaouais. Il pourrait accueillir environ un million de mètres cubes de déchets radioactifs de faible et de moyenne intensité jusqu’en 2070.

Des sols et des matériaux contaminés par la radioactivité depuis des décennies se trouvent déjà à proximité de la rivière des Outaouais sur le site des Laboratoires nucléaires de Chalk River et c’est pour en disposer de façon sécuritaire qu’un dépotoir nucléaire doit être construit, selon les responsables du projet.

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Photo Credit: Radio-Canada/Josée Ducharme

RCI avec La Presse canadienne et Radio-Canada

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Publié dans : Économie, Environnement, International, Politique

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