Le fjord d'Ilulissat au Groenland. C’est là qu’en 2008 les pays riverains de l'Arctique ont signé en mai 2008 la déclaration dite d’Ilulissat en faveur d’un règlement « pacifique » des différends. Dix ans plus tard, ils honorent encore leur parole. (Photo : whc.unesco.org/fr/documents/115326 - Jakob Lauhup© GEUS)

Dix ans après la déclaration d’Ilulissat, les pays circumpolaires parlent toujours d’une même voix, celle de la paix

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Le 21 mars dernier, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, déclarait en conférence de presse que le président russe, Vladimir Poutine, devait commencer à jouer un rôle plus positif dans le monde sur plusieurs fronts, de l’Ukraine à la Syrie en passant par l’Arctique.

Déjà, dans son article Vers une nouvelle guerre froide en Arctique?, paru en 2014, le correspondant de Radio-Canada à Moscou Raymond Saint-Pierre écrivait :

« L’Arctique est l’objet de toutes les convoitises. C’est la nouvelle frontière où le développement devient de plus en plus possible avec la fonte des glaces. Ses réserves pétrolières sont estimées à 90 milliards de barils. On y trouverait aussi 30 % des ressources en gaz de la planète, sans parler des très abondantes ressources minières. »

Raymond Saint-Pierre, mai 2014

En 2008, sous l’impulsion du ministre des Affaires étrangères d’alors du Danemark, Peter Stig Møller, les pays de l’aire circumpolaire réunis à Ilulissat au Groenland signaient la « déclaration d’Ilulissat », dans laquelle ils s’engageaient à collaborer dans un esprit pacifique à la préservation de cet espace commun d’une grande fragilité.

(http://www.oceanlaw.org)

Déclaration d’Ilulissat – Extrait
The five coastal states currently cooperate closely in the Arctic Ocean with each other, and with other interested parties.

This cooperation includes the collection of scientific data concerning the continental shelf, the protection of the marine environment and other scientific research.

We will work to strengthen this cooperation, which is based on mutual trust and transparency, inter alia, through timely exchange of data and analyses.

Trad :

Les cinq états riverains coopèrent étroitement en Arctique entre eux et avec d’autres nations ayant manifesté un intérêt pour la région.

Cette coopération comprend la collecte de données scientifiques sur le plateau continental, sur la protection de l’environnement marin et dans d’autres sphères de recherches scientifiques.

Nous nous efforcerons de raffermir cette coopération, basée sur la confiance mutuelle et sur la transparence, entre autres, par des échanges opportuns de données et d’analyses scientifiques.

Source : arcticgovernance.org/the-ilulissat-declaration

Dix ans plus tard, 22 mai 2018

Ces mêmes pays de l’aire polaire – Russie, Canada, États-Unis, Norvège et Danemark – encore une fois réunis au Groenland, ont réaffirmé leur engagement mutuel de la déclaration d’Ilulissat en soulignant l’importance d’une approche constructive et pacifique dans le règlement de conflits, présents et à venir pour cette région du globe, fragile au réchauffement climatique et très convoitée pour ses ressources et son passage de navigation (passage du Nord-Ouest).

Souveraineté des territoires, droits de populations autochtones

Les conflits de 2008 ne sont pas tous réglés, loin de là, qu’il s’agisse de la désignation des eaux internationales pour la navigation transarctique – des eaux qui sont causes de conflit de  souveraineté territoriale – ou encore de la reconnaissance des droits des premiers peuples, surtout inuit – ou de la définition même de ces droits – les signataires s’étaient engagés résolument à tout mettre en œuvre pour que la diplomatie internationale soit l’assise de leur résolution.

Il en va de même pour le bornage frontalier de tous les secteurs du plateau continental arctique.

Zone de basses tensions

Dix années se sont écoulées depuis cette signature de la déclaration d’Ilulissat.

Par voie de communiqué, avant même la tenue de la réunion de « mise à jour » de la déclaration de 2008, le ministre des Affaires étrangères du Danemark, Anders Samuelsen, a déclaré :

« Une décennie plus tard, l’Arctique doit rester une zone de basses tensions. Ailleurs dans le monde, les États de l’Arctique sont engagés dans des conflits graves […] Nous pouvons nous réjouir que dans l’Arctique nous ayons fait vœu de maintenir le dialogue et la coopération. »

Extrait et traduction : communiqué du ministre des Affaires étrangères du Danemark.

Intérêt à géométrie variable

Zone de basses tensions?  Maintenir le dialogue et la coopération? Qu’en est-il de ces valeurs et de leur importance selon les nations participantes. Un coup d’œil aux représentants nous permet d’en prendre le pouls.

Les États-Unis étaient représentés par Judith Garber, secrétaire d’État adjointe; le Canada, par un haut-fonctionnaire alors que les ministres respectifs des Affaires étrangères du Danemark et du territoire autonome danois du Groenland étaient à la table.

Fjord glacé d’Illulissat

(whc.unesco.org/)

Classé en 2004 par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial de l’humanité, c’est au sommet du fjord qu’ont été conviés les signataires de 2008 en présence de représentants de la Suède, de la Finlande et de l’Islande, trois nations qui font également partie du Conseil de l’Arctique, mais non-signataires de la déclaration d’Ilulissat.

AFP, Greenpeace, Geolinks, The Arctic Governance Project, Radio-Canada, Eye on the Arctic

Plus :

L’Arctique est traîné dans la boue de la dispute entre Trudeau et Poutine (Radio Canada International)

Vers une nouvelle guerre froide en Arctique? (Radio-Canada)

Nouveau traité international interdisant la pêche commerciale en Arctique (Radio Canada International)

A qui appartient l’Arctique ? (Geolinks)

La déclaration d’Iliussat (anglais) (The Arctic Governance Project)

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Publié dans : International, Politique

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