« Il ne faut pas se surprendre que la condition buccodentaire des Québécois soit la pire du Canada » – OHDQ

Photo : Wu Liu

« Il ne faut pas se surprendre que la condition buccodentaire des Québécois soit la pire du Canada » – OHDQ

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L’accès aux soins d’hygiène dentaire reste très difficile pour certaines personnes au Québec, parce qu’ils coûtent très cher et ne sont pris en charge que dans certains cas par le gouvernement. L’Ordre des hygiénistes dentaires s’offusque de cette situation et exhorte le gouvernement à prendre des mesures pour permettre aux Québécois d’accéder aux soins préventifs comparables au reste du Canada.

Moderniser les pratiques professionnelles dans ce domaine

L’ordre, qui se désole du fait que le Québec se positionne presque au dernier rang des provinces en ce qui concerne la santé dentaire, souhaite que les élus provinciaux, quel que soit le parti politique, se sentent concernés par la santé buccodentaire de la population.

Ils doivent absolument adopter le projet de loi sur la modernisation des pratiques professionnelles dans ce domaine pour permettre à une grande partie de la population lésée d’avoir accès aux soins et à l’hygiène dont ils ont besoin.

C’est une urgence dans la mesure où il convient de modifier les lois régissant le domaine dentaire pour répondre aux besoins qui se font nombreux.

L’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec demande au gouvernement et aux trois partis de l’opposition de modifier les lois du domaine dentaire afin de répondre à des besoins criants en santé buccodentaire pour les aînés, les enfants et les populations les plus vulnérables. Photo : Radio-Canada

Selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), plus du quart des Québécois (27 %) se sont privés de soins dentaires en 2016 en raison du coût.

Les aînés font partie des plus vulnérables auxquels profiterait davantage l’adoption du projet de loi. Photo : Radio-Canada

Car au Québec, l’État ne rembourse que certains frais dentaires pour les enfants de moins de 10 ans et pour les assistés sociaux. Pour le reste de la population, conserver une bonne hygiène buccodentaire représente parfois tout un défi financier.

Aînés et enfants victimes de lois obsolètes

La présidente de l’Ordre des hygiénistes dentaires souhaite que les modifications des lois se fassent dans l’intérêt immédiat des plus vulnérables. Le projet de loi visant à démocratiser l’accès aux soins d’hygiène dentaire est en attente depuis bientôt six mois.

Malgré quatre années de consultations intensives et le consensus entre l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, l’Ordre des denturologistes du Québec et l’Ordre des dentistes du Québec, le gouvernement tarde toujours à déposer son projet de loi.

À cinq mois des élections provinciales, l’OHDQ souligne la nécessité de l’adopter au plus vite. C’est ce qui permettra d’éviter un retour en arrière dans un dossier qui traîne depuis une quinzaine d’années.

Si les parlementaires n’accordent pas la priorité à l’étude du projet de loi, lequel est prêt depuis janvier dernier, le prochain gouvernement, quel qu’il soit, se verra dans l’obligation de reprendre l’ensemble du processus avec les différents intervenants et ainsi ouvrir de nouveau ce dossier qui traîne en longueur depuis plus de 15 ans. Diane Duval, présidente de l'Ordre.

 

Selon l’OHDQ, 56 % seulement de Québécois voient un professionnel en santé dentaire contre 71 % de Canadiens. Photo : iStockphoto

Le Québec à la remorque des autres provinces?

Si les champs de pratiques dans les autres secteurs de la santé ont pu se moderniser depuis 2013 au Québec, il n’en est pas de même pour le secteur de la santé buccodentaire qui demeure à la traîne au plan national, privant de ce fait les plus vulnérables de la société de soins cruciaux pour leur épanouissement, relève la présidente de l’Ordre.

État des lieux de la santé buccodentaire au Québec en 2010
En 2008-2009, l’Enquête sur le vieillissement en santé indique que près du quart de la population québécoise âgée de 45 ans et plus (24 %) rapporte n’avoir plus aucune dent naturelle, contre 13 % pour les personnes du reste du Canada.

Environ 58 % des Québécois de 45 ans et plus déclarent porter des prothèses, contre 33 % des personnes du reste du Canada.

Lorsque l’on compare les hommes entre eux et les femmes entre elles (Québec par rapport au reste du Canada) : les hommes et les femmes du Québec sont proportionnellement plus nombreux à déclarer n’avoir aucune dent naturelle ainsi qu’à porter des prothèses que les hommes et les femmes du reste du Canada.

Conséquemment, les hommes et les femmes du reste du Canada sont proportionnellement plus nombreux à déclarer avoir au moins une ou plusieurs dents naturelles.

Alors que 22 % des Québécois déclarent n’avoir aucune dent naturelle, ce sont 12 % des hommes du reste du Canada qui sont touchés par cette situation.

Du côté des femmes, on observe que près de 27 % des Québécoises déclarent n’avoir aucune dent naturelle, alors que c’est le cas pour près de 14 % des femmes du reste du Canada.

Les avantages de l’adoption du projet de loi seraient multiples selon l’Ordre. Elle faciliterait, de la part des hygiénistes dentaires pratiquant de façon autonome, l’offre de soins à domicile aux aînés, aux personnes à mobilité réduite ou présentant une déficience physique, dans les zones rurales et moins bien desservies, dans les CHSLD où se trouve une clientèle souvent vulnérable.

On sait que toutes les études récentes démontrent que la prise en charge des soins d’hygiène dentaire précédée d’une évaluation du risque de détérioration de la santé buccodentaire par un hygiéniste dentaire à l’entrée d’un nouveau résident en CHSLD s’avère le modèle le plus efficace et efficient.

Il s’agit de suivre des modèles parmi les plus éprouvés dans le pays, à l’instar du modèle ontarien en vigueur depuis plus de 10 ans.

En 2007, le gouvernement ontarien n’a pas hésité à permettre la pratique autonome des hygiénistes dentaires. Par ailleurs, il ne faut donc pas se surprendre que la condition buccodentaire des Québécois(es) soit la pire du Canada. Les plus vulnérables de notre société sont les premières victimes du retard qu’accuse le Québec dans ce domaine. Diane Duval
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Un commentaire pour «« Il ne faut pas se surprendre que la condition buccodentaire des Québécois soit la pire du Canada » – OHDQ»
  1. C’es incroyable coût pour des soins dentaires
    Pourquoi n efont-ils pas partie de la RAMQ???
    la santé buccale est aussi importante que les oins /autres
    le Dentistes demandent beaucoup $$$$ pour les oisn et ils ont le vent dans les voiles , ils font ce qu’ils veulen t
    il serait temps que cela change ,que ¸a passe au publique