Le Conseil de sécurité de l'ONU dénonce les attaques contre des écoles dans des zones en conflit. UNICEF/UNI199916/Jemelikova

Les écoles ne devraient pas servir de bases militaires!

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Le caractère civil des écoles doit être respecté. L’utilisation des établissements scolaires à des fins militaires compromet la sécurité des enfants et les empêche de s’éduquer convenablement. C’est l’un des messages que l’ONU a voulu passer lundi dans une résolution adoptée lors d’un débat sur la protection des enfants dans les conflits armés.

La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamne toutes les violations du droit international concernant les enfants dans des zones de conflits : recrutement et utilisation comme soldats, tueries et mutilations dont ils sont victimes, viols, enlèvements, attaques contre des établissements scolaires ou hôpitaux et empêchement d’un accès humanitaire.

Le Conseil exhorte par conséquent les États membres de l’ONU « à prendre des mesures concrètes pour dissuader les forces armées et les groupes armés non étatiques d’utiliser les écoles en violation du droit international ».

Avant d’adopter leur résolution, les membres du Conseil ont eu droit à un exposé de Virginia Gamba, la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. En présentant le rapport annuel du secrétaire général sur cette question. Mme Gamba a en outre fait savoir que plus de 20 000 violations des droits de l’enfant ont été enregistrées en 2017.

Les droits des enfants sont bafoués dans plusieurs régions en conflit.
Photo : Charles Lemodong Agence France-Presse

21 000 cas de violations des droits des enfants

La protectrice des enfants en zones de conflit a exprimé son émoi devant le nombre « effarant » de violations perpétrées contre les enfants l’année dernière. Juste celles documentées par l’ONU s’élèvent à 21 000. Ce qui représente une nette augmentation par rapport à l’année précédente. Les groupes armés sont d’abord en cause, même si les forces gouvernementales et des groupes armés inconnus y ont aussi leur part de responsabilité.

Mme Gamba cite en exemple la Somalie, où le groupe Al-Shabab a enlevé 1600 enfants et soumis des communautés entières à sa terreur en ciblant des écoles. Des enfants ont aussi été victimes d’atrocités en République démocratique du Congo, en Iraq et au Myanmar. Des enfants ont été utilisés par le groupe djihadiste Boko Haram dans des attentats-suicides contre des militaires et des civils au Nigeria et dans les pays voisins.

Ces enfants enrôlés de force par des groupes armés commettent des actes très graves, concède Mme Gamba. Mais cela justifie-t-il leur détention? La représentante spéciale estime plutôt que même s’ils doivent rendre des comptes pour certains actes critiques, il ne faut pas perdre de vue que « ces enfants doivent d’abord être traités comme des victimes ». Leur détention ne doit constituer qu’un pis-aller et être la plus brève possible. Selon elle, l’accent doit être mis sur la réhabilitation et la réinsertion, et non sur la répression de ces enfants.

Virginia Gamba a présenté un tableau peu reluisant de la situation des enfants victimes de conflits armés au Conseil de sécurité le 9 juillet 2018.

Quelques avancées notables

L’adoption de plans d’action en République centrafricaine, au Mali et au Nigeria constitue pour Virginia Gamba une bonne nouvelle. Elle se félicite notamment de la pleine mise en œuvre d’un tel plan au Soudan et des avancées réalisées par la Colombie dans la protection de l’enfance grâce au processus de paix. Mme Gamba réitère son appel à cesser de prendre les enfants pour cibles et de plutôt mettre derrière les barreaux les personnes associées aux groupes et forces armés.

La directrice générale du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta H. Fore, encourage les États à adhérer à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. Un texte qui donne aux gouvernements la possibilité d’exprimer un large soutien politique en faveur de la protection et du maintien de l’éducation en cas de conflit armé.

Henrietta H. Fore se félicite de la libération par l’armée nigériane d’enfants qui avaient été détenus à cause de leur participation aux attaques de Boko Haram.
Photo : ONU / Loey Felipe

Dans les situations de conflit, les écoles, les enseignants et les élèves ne sont pas des dommages collatéraux : ils sont directement ciblés. Il s’agit d’une crise des droits de l’homme et d’une crise sécuritaire, ainsi que d’une catastrophe à long terme. Henrietta H. Fore, directrice générale de l’UNICEF

Mais les progrès sont possibles, selon Mme Fore, qui rappelle que l’armée nigériane a libéré 183 enfants détenus par Boko Haram à Maiduguri, dans l’État de Borno, situé dans le nord-est du pays. Elle a insisté sur leur réintégration sociale.

L’UNICEF leur offre en effet un soutien psychosocial, une éducation, une formation professionnelle et des stages informels. Et il leur donne la possibilité d’améliorer leurs moyens de subsistance. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance permet depuis l’année dernière la réintégration sociale et économique de plus de 8700 enfants libérés de groupes armés. Elle les aide à retracer leur famille, en les ramenant au sein de leur communauté.

La réinsertion sociale des enfants utilisés lors des conflits est un enjeu majeur pour l’UNICEF.
Photo : AFP/Getty Images/Issouf Sanogo

(Avec des informations d’ONU Nouvelles)

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