Les métiers de la construction sont en besoin partout au pays. Photo : Radio-Canada

409 000 postes vacants dans les entreprises privées canadiennes : miser sur l’immigration sans susciter de faux espoirs

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Si la pénurie de la main-d’œuvre dans le secteur privé au Canada est en légère baisse, plusieurs postes restent toujours à pourvoir, surtout au Québec et en Colombie-Britannique.

Les secteurs des services et de la construction toujours en demande

C’est dans le domaine de l’agriculture, de la construction, du commerce de gros et des services personnels que le taux de postes à pourvoir est le plus élevé. Ce taux est certes en baisse dans les services personnels (commerce de détail, restauration, hébergement), mais il demeure malgré tout élevé (4,6 %), tout comme le taux dans le secteur de la construction (4,5 %).

Il a diminué dans les ressources naturelles et la fabrication.

À l’échelle du Canada, la tendance générale est à une légère baisse de la pénurie de la main-d’œuvre au quatrième trimestre de 2018 (3,1 %), perdant 0,1 % par rapport au trimestre précédent.

Au total, environ 409 000 postes sont restés vacants pendant au moins quatre mois, soit près de 41 000 de plus qu’un an auparavant.

Mais deux provinces se démarquent comme étant particulièrement dans le besoin.

Avec 3,9 % de postes vacants, le Québec a continué de connaître la pénurie de main-d’œuvre la plus sévère au pays, suivi par la Colombie-Britannique (3,5 %).

Le taux de postes vacants est demeuré stable en Ontario (3,1 %), et il a baissé au Manitoba (2,4 %), en Alberta (2,3 %), en Nouvelle-Écosse (2,2 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (1,5 %).

Il est resté inchangé au Nouveau-Brunswick (2,7 %), en Saskatchewan (1,9 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (1,8 %), se situant encore une fois sous la moyenne nationale dans ces trois provinces.

Le taux a atteint un niveau plancher dans les secteurs de l’information (1,7 %) et de la finance (2,2 %). Il était généralement plus élevé dans les entreprises de moins de 20 employés. Les entreprises ayant au moins un poste à pourvoir prévoient une augmentation moyenne globale des salaires de 2,3 %, contre 1,6 % pour les entreprises sans poste vacant.

Résultats par province. Source : FCEI

Martine Hébert, vice-présidente principale de la FCEI, commente ce dernier sondage sur les perspectives d’emploi des entreprises canadiennes réalisé tous les trois mois, auprès d’un échantillon aléatoire stratifié de propriétaires exploitants membres de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Martine Hébert, vice-présidente principale FCEI (C) FCEI
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La main d’oeuvre fait cruellement défaut dans le secteur des services personnels partout au Canada. Crédit : © iStock/andresr

Miser sur l’immigration sans susciter de faux espoirs

La population est vieillissante un peu partout au pays, mais davantage au Québec. C’est ce qui expliquerait la disparité du taux d’emploi entre les différentes provinces, soutient Martine Hébert.

L’économie canadienne est en ce moment très près du plein emploi dans plusieurs régions et dans plusieurs secteurs d’activités. Les taux de chômage sont historiquement bas. Dans un tel contexte, compte tenu de la démographie en déclin, le fait qu’il y ait une pénurie de la main-d’œuvre ne devrait pas surprendre.

Étant donné que la majorité des postes vacants se trouvent dans des secteurs exigeant peu de qualifications, il y a lieu de faire appel à un bassin de travailleurs ayant une scolarisation moins importante. Ce bassin se trouve ailleurs qu’au Canada, où les jeunes sont de plus en plus scolarisés. C’est pourquoi la FCEI suggère un meilleur arrimage entre les qualifications et les postes à pourvoir. Cela dans le but d’éviter de frustrer, comme par le passé, les personnes qui arrivent au pays bardées de diplômes qui ne correspondent pas toujours aux emplois dans lesquels elles se retrouvent à la fin confinées.

Cette suggestion peut profiter largement au Québec qui a de plus en plus besoin de journaliers dans ses usines, de manœuvres et d’aide-cuisiniers dans ses restaurants.

C’est ainsi que la nouvelle politique du gouvernement provincial, qui vise à sortir de l’ancien système d’immigration dans lequel la main d’œuvre était surqualifiée par rapport aux postes disponibles, devrait permettre une meilleure adéquation entre les profils des personnes recherchées et les emplois disponibles. Cette nouvelle donne est susceptible de permettre, selon la vice-présidente principale de la FCEI, de sortir d’un système d’immigration trop élitiste.

À titre de rappel, le projet de loi 9 déposé pour le gouvernement pour régir l’immigration au Québec fait table rase sur 18 000 dossiers d’immigrants, dont certains sont déjà en emploi dans la province, ce qui est jugé illégal par un groupe d’avocats en immigration. Dans un contexte de pénurie importante de la main-d’œuvre, la FCEI, tout en étant favorable au projet de loi, suggère au gouvernement de prévoir des dispositions transitoires pour faire en sorte que parmi les 18 000 demandeurs, les personnes qui ont déjà un emploi dans la province, ou celles dont les profils correspondent à ceux qui sont recherchés par les employeurs, puissent voir leurs dossiers être traités en priorité.

Source FCEI

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Publié dans : Économie, Société

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Un commentaire pour «409 000 postes vacants dans les entreprises privées canadiennes : miser sur l’immigration sans susciter de faux espoirs»
  1. ONDIGUI FOUDA Basile dit :

    J’aimerais être le porte parole de ce programme auprès des travailleurs africains. Je suis un ancien fonctionnaire des Nations Unies lui même à la recherche d’emploi. Dites moi comment s’y prendre. Merci