Vancouver est-elle encore la capitale asiatique du Canada?

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Crédit photo : PC / Darryl Dyck
Crédit photo : PC / Darryl Dyck

Les Asiatiques sont au nombre de 350 000 dans la région de Vancouver sur un 1 million d’habitants.

Le caractère asiatique de Vancouver frappe immédiatement tous ceux qui s’aventurent dans cette ville de la côte ouest du Canada dont la région métropolitaine est la troisième en importance au Canada après celles de Toronto et Montréal. Ici, un habitant de la région sur quatre parle une langue asiatique quotidiennement!

Il y a eu différentes vagues d’immigration asiatique qui se sont installées à Vancouver, la plus grosse ayant eu lieu à la fin des années 80. Entre 1981 et 1996, selon les statistiques de la Colombie-Britannique, 86,4 % des immigrants de Vancouver en provenance de l’étranger venaient du continent asiatique et seulement 3,5 % du continent européen.

Selon le recensement du Canada en 2001, 34 % de la région métropolitaine de Vancouver était d’origine asiatique. En 2010, la moitié de toute la population de la région de Vancouver était d’origine asiatique!

Un peu d’histoire…

  • L’histoire des Chinois au Canada débute avec la ruée vers l’or et de la construction du chemin de fer.
  • En, 1858, des mineurs d’origine chinoise arrivent en Colombie-Britannique, attirés par la découverte d’or dans la vallée du Fraser.
  • En 1880, 15 000 travailleurs chinois sont recrutés pour parachever la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique.
  • En 1923, la Loi de l’immigration chinoise de 1923, connue aussi sous le nom de Loi d’exclusion des Chinois, interdit à presque tous les immigrants chinois d’entrer au Canada.
  • En 1947, certaines restrictions sur l’immigration chinoise sont maintenues. Les Sino-Canadiens ne peuvent faire venir leurs enfants de plus de 18 ans au pays.
  • En 1967, le gouvernement fédéral modifie sa politique d’immigration et met en place des règles uniformes pour tous les demandeurs, peu importe leur pays d’origine. L’immigration au Canada augmente de façon considérable.
  • En 1999, la Canadienne d’origine chinoise Adrienne Clarkson est nommée gouverneure générale du Canada.
  • En 2006, le premier ministre canadien, Stephen Harper, présente des excuses formelles aux Sino-Canadiens pour la Loi d’exclusion des Chinois et des politiques d’immigration défavorables à leur égard.
  • En 2013, le Canada compte 1 million de citoyens d’origine chinoise, l’une des plus formidables diasporas chinoises dans le monde.
Célébrations du nouvel an chinois à Vancouver en février 2013.
Célébrations du nouvel an chinois à Vancouver en février 2013. © PC/DARRYL DYCK

Des répercussions positives et négatives à Vancouver

Toute cette migration asiatique confère à Vancouver aujourd’hui le troisième rang en Amérique du Nord, derrière Toronto (43,7 %) et Miami (40,2 %) en tant que région métropolitaine où l’on trouve la plus forte proportion d’immigrants. En comparaison, la proportion d’immigrants à New York est de 36 % et celle de Montréal est de 18 %.

L’influence asiatique est omniprésente à Vancouver sur tous les secteurs économiques. Les liens que la ville possède avec les autres pays du Pacifique permettent à Vancouver d’être la ville canadienne qui dépend économiquement le moins des États-Unis. Le quartier chinois, l’un des trois plus importants du continent, est également presque aussi vieux que la ville elle-même.

Mais cette migration ne s’est pas toujours effectuée sans heurts. Dans les années 80 et 90, certains citoyens de Vancouver avaient affublé leur ville d’un surnom péjoratif : Hongcouver.

Avant la restitution de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni dans les années 80 et 90, beaucoup de ses habitants avaient en effet élu domicile à Vancouver.

La question d’un auditeur de Radio Canada International

Cette semaine à La bonne question nous répondons aux interrogations d’un auditeur de Radio Canada international en République démocratique du Congo qui veut savoir s’il y a encore à Vancouver des résistances par rapport au nouveau visage asiatique qu’a pris la ville.

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Quartier chinois de Vancouver
Quartier chinois de Vancouver © PC/Jonathan Hayward

Le saviez-vous?
Peu d’enthousiasme envers l’Asie et les Asiatiques…

  • Dans l’ouest du Canada, les résidents de la province de la Colombie-Britannique veulent bien faire des affaires d’or avec l’Asie, mais ils ne pensent pas avoir des rapports chaleureux avec les Asiatiques.
  • D’autre part, dans l’ensemble du pays, les trois quarts des Canadiens s’opposent aux investissements des entreprises d’états asiatiques au Canada.
  • Ce sont là certaines des conclusions d’un sondage national réalisé l’an dernier pour le compte de la Fondation Asie-Pacifique du Canada.
  • Ce sondage montre que les Canadiens reconnaissent l’importance d’entretenir des relations économiques avec l’Asie, mais ils ne semblent pas vouloir y renforcer leurs liens.
  • Seuls 18 % des Canadiens considèrent que le Canada fait vraiment partie de la région Asie-Pacifique.
  • La Chine est choisie par 45 % des Canadiens comme étant importante pour la prospérité du Canada, mais un pourcentage similaire s’oppose à la signature d’un accord de libre-échange avec ce pays.

Mois du patrimoine asiatique
Notre dossier pour en savoir plus sur la culture, l’histoire et la contribution des communautés asiatiques canadiennes.

Liens externes

Profil de la communauté asiatique au Canada – Asie-Canada

La communauté asiatique occidentale au Canada – Gouvernement du Canada

Mois du patrimoine asiatique – Radio Canada International

Allez! Posez-moi une question sur le Canada : Stéphane.parent@radio-canada.ca

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