Les chefs des communautés atikamekw

Les chefs des communautés atikamekw
Photo Credit: Radio-Canada

L’affirmation unilatérale des droits des Atikamekw

La communauté est petite.  En 2010 on comptait environ 6 729 individus, mais son territoire ancestral est grand, il s’étend sur près de 80 000 kilomètres carrés.

Situé en Haute-Mauricie au Québec, il est bordé à l’est par la région du Lac-Saint-Jean, au sud par le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Trois-Rivières et Shawinigan, au nord par le territoire défini dans la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, et à l’ouest par les régions des Laurentides et de l’Abitibi-Témiscamingue.

Lundi, les élus de la nation atikamekw ont adopté à l’unanimité une déclaration de souveraineté, affirmant leurs droits ancestraux et déclarant unilatéralement leur souveraineté sur son territoire, le Nitaskinan.

À partir de maintenant la première nation exige son consentement pour tout développement, usage et exploitation des ressources qui s’y trouvent.

 « Il est fini le temps de la négation des droits non cédés par les Atikamekw, au profit d’un État qui impose ses règles comme si ces droits n’existaient pas. Notre juridiction, nos règles et nos conditions devront désormais être respectées », le Grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish.

La nation considère que ses relations avec les gouvernements fédéral et provincial sont dans un « cul-de-sac » et dit être devant un mur d’indifférence qui bloque son développement.

La communauté atikamekw d'Obedjiwan, vue des airs
La communauté atikamekw d’Obedjiwan, vue des airs © www.opitciwan.ca

Le bras de fer des Atikamekw 

Été 2012, des Atikamekw dressent des barrages sur des routes de la Mauricie, bloquant ainsi l’accès à des chantiers forestiers. Ils tentent de forcer Québec à reprendre les négociations pour la reconnaissance de leurs droits territoriaux.

Fin 2013, les représentants atikamekw concluent une entente « de nation à nation » avec Québec concernant la gestion et le développement des ressources naturelles et du territoire.

Deux des trois communautés atikamekw, Manawan et Wemotaci, ont entériné l’entente, tandis que la communauté d’Obedjiwan l’a rejetée par voie référendaire.

Un jugement sans précédent en Colombie-Britannique

En juin dernier, le chef des Atikamekw d’Obedjiwan, Christian Awashish s’était réjoui d’un jugement, qualifié d’historique, rendu par la Cour suprême du Canada en matière de droits ancestraux autochtones concernant la Première Nation britanno-colombienne Tsilhqot’in. Il considérait que les conclusions du jugement pourraient s’appliquer à sa communauté.

Les juges de la Cour suprême ont reconnu un titre ancestral à la Première Nation Tsilhqot’in sur un territoire de plus de 1750 kilomètres carrés.

Catégories : Autochtones, Politique
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