Avec sa gaine gélatineuse, l'Holopedium ressemble à de petites perles de tapioca, mais ce plancton n'a aucune valeur alimentaire pour les poissons.
Photo Credit: Ron Ingram, Ministère de l'Environnement de l'Ontario

Des lacs canadiens, bientôt «gélifiés»?

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L’Holopedium. (Crédit photo: Shelley Arnott, Université Queen’s)

La pollution menace la survie d’un plancton bienfaiteur dans les lacs d’eau douce du Bouclier canadien, tandis que son concurrent, un invertébré gélatineux quasi invincible, en profite et se multiplie.

Tous deux des crustacés herbivores, la Daphnie et l’Holopedium se nourrissent d’algues et jouent un rôle important dans l’écosystème aquatique, mais des chercheurs canadiens ont observé un déséquilibre inquiétant entre leurs populations dans bon nombre de lacs en Ontario et en Nouvelle-Écosse.

Dans un article récemment publié dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society B, ils expliquent que le problème est dû aux effets conjugués des pluies acides et de la déforestation.

Si les précipitations anormalement acides ont diminué depuis trente ans, elles ont contribué, lentement mais sûrement, au déclin des concentrations de calcium dans l’eau.

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La daphnie. (Crédit photo: Shelley Arnott, Université Queen’s)

« Ostéoporose aquatique »

Dans les régions où le sol est composé de schiste ou de granit, et donc déjà acide, rien ne va plus.

La Daphnie a besoin de dix fois plus de calcium que l’Holopedium pour bien se développer.

John Smol, professeur de biologie à l’Université Queen’s, détenteur de la chaire de recherche du Canada en changement environnemental, et un des co-auteurs de l’étude, dit qu’à certains endroits, les niveaux de calcium sont même inférieurs au taux minimal essentiel à la reproduction de cette «puce d’eau».

L’analyse de boue sédimentaire et de diverses données a permis aux chercheurs de constater que l’Holopedium, pour sa part, prolifère depuis 1850, mais à un rythme qui s’est accéléré à partir des années 1980.

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John Smol prélève des sédiments, de «véritables livres d’histoire». (Crédit photo: Marianne Douglas, Université de l’Alberta)

Et alors?

L’Holopedium est redoutable en raison de sa constitution.

Dix fois plus gros que la Daphnie, avec une gaine gélatineuse le rendant difficile à avaler, il ne plait pas aux espèces de poisson planctonivores.

Sans réels prédateurs pour régulariser leurs populations, les Holopédiums risquent de perturber la chaîne alimentaire des lacs d’eau douce.

En outre, 20 % de l’eau potable en Ontario provient de sources d’alimentation avec des taux de calcium favorables à la prolifération de l’Holopedium et les scientifiques croient que des amas de ces organismes pourraient obstruer les tuyaux de prise d’eau des réseaux publics d’approvisionnement en eau potable.

Selon John Smol, le problème est appelé à prendre de l’ampleur et il n’existe aucune solution pour renverser la vapeur.  Il dit que l’épandage de chaux pour tenter d’alcaliniser l’eau des lacs ne serait ni pratique, ni bien efficace.

Les chercheurs soupçonnent que les écosystèmes des lacs d’eau douce soient en voie de se transformer ainsi partout dans le monde.

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(Crédit photo: Wendel Keller, Université Laurentienne)

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Catégories : Environnement, Société
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