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Les Canadiens pourraient avoir 90 secondes pour voir venir le « Big One »

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Vendredi, nous révélions que 100 capteurs de séisme placés dans des sphères en verre et enfouis 1000 lieues sous les mers au large de la côte ouest du Canada allait bientôt servir d’avertisseur précoce aux plus de 2 millions de Canadiens qui se trouvent dans cette région à risques très élevés.

Nous avons voulu en savoir plus sur cette initiative qui vient augmenter d’un coup les chances de survie de ces Canadiens à un séisme majeur…

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Un robot installe un capteur sismique au large de l’île de Vancouver.

Un robot installe un capteur sismique au large de l’île de Vancouver.

Les détails du programme d’alerte précoce

Les premiers capteurs de séisme sous-marins ont été enfouis au large de l’île de Vancouver à partir du mois dernier à des profondeurs pouvant atteindre 2500 mètres et l’opération d’enfouissement d’une demi-douzaine d’autres sondes devrait être achevée d’ici la fin de septembre.

La province de la Colombie-Britannique consacre en tout 5 millions dollars sur trois ans pour la mise en place de ce système d’alerte précoce, et c’est le groupe Ocean Networks Canada qui est bénéficiaire de ces fonds.

Ocean Networks Canada – sans but lucratif créé par l’Université de Victoria et qui lui est toujours affilié – gère déjà deux systèmes de capteurs sous-marins au large de la côte de l’île de Vancouver. Ses réseaux NEPTUNE et VENUS transmettent des données sur toutes sortes de conditions océaniques telles que la température, la salinité et la teneur en sédiments, des données qui sont utilisées par les scientifiques, les entreprises, les militaires et d’autres Canadiens.

Kate Moran, présidente-directrice générale d’Ocean Networks Canada(Megan Thomas/CBC)
Kate Moran, présidente-directrice générale d’Ocean Networks Canada(Megan Thomas/CBC)

Kate Moran, présidente-directrice générale d’Ocean Networks Canada, explique que « les capteurs de séisme ont été placés dans des sphères de verre, étant donné la pression à ces profondeurs. Il a fallu travailler en mer, à l’aide de robots, pour placer les sondes dans le sol. »

Une fois que le réseau sera complété, il fournira jusqu’à 90 secondes d’avertissement aux responsables de la côte ouest. La fixation des capteurs délicats sur le fond marin le long de la faille Cascadia, à environ 80 kilomètres au large de la côte n’est pas chose facile.  L’expédition mobilise près de 150 personnes, trois navires et trois véhicules télécommandés.

« Le capteur doit être placé dans une sphère de verre pour qu’il puisse résister à la pression, c’est donc une approche incroyablement compliquée pour les amener effectivement en mer et les faire travailler », affirme Kate Moran. Des câbles doivent également être installés soigneusement tout le long du chemin du retour à un poste de contrôle à terre sur l’île de Vancouver.

« Les données iront à notre station côtière à Port Alberni, puis directement à partir de là dans notre base de données sur le campus de l’Université de Victoria », déclare la présidente-directrice générale d’Ocean Networks Canada.

Un tremblement de terre produit deux types d'ondes. La seconde, l'onde S, fait les dégâts. La première, l'onde P, se déplace plus rapidement à travers la croute terrestre. Par conséquent, si vous pouvez détecter l'onde P, vous aurez un peu de préavis avant la vague sismique S. les systèmes d'alerte de tremblement de terre sont à l'affût des ondes P.
Un tremblement de terre produit deux types d’ondes. La seconde, l’onde S, fait les dégâts. La première, l’onde P, se déplace plus rapidement à travers la croute terrestre. Par conséquent, si vous pouvez détecter l’onde P, vous aurez un peu de préavis avant la vague sismique S. les systèmes d’alerte de tremblement de terre sont à l’affût des ondes P.

10 % de risque majeur d’ici 50 ans dans la région de Vancouver

Chaque année, les sismologues détectent plus de 5000 séismes au Canada, petits et grands. Mais c’est la côte ouest du Canada, où se trouvent les villes de Vancouver et de Victoria, qui cause le plus de soucis aux experts en préparation au séisme.

Une sismologue du ministère canadien des Ressources naturelles soutenait, il y a quelque temps, qu’il y a une chance sur 10 qu’un tremblement de terre au large de la Colombie-Britannique d’une ampleur mégatectonique ne déchire la côte ouest-canadienne dans les 50 prochaines années.

Cela s’est produit en 1929, en 1949 et en 1970 : la faille de la Reine Charlotte, située tout juste au large de la côte ouest canadienne et de l’île de Vancouver, a été le lieu de trois des plus grands séismes de l’histoire du Canada, notamment du plus grand séisme survenu en 150 ans.

Cette faille sépare deux plaques tectoniques qui coulissent l’une contre l’autre. La prochaine secousse, affirment des experts, pourrait être la secousse du siècle, voire celle de tous les temps : le fameux Big One…

Vue nocturne de la ville de Montréal
Vue nocturne de la ville de Montréal © iStockphoto

15 % de risque majeur d’ici 50 ans dans la région de Montréal

Montréal est la deuxième ville la plus à risque d’un séisme au Canada, après Vancouver. Cela est de nature à surprendre une forte proportion de Montréalais, car le plus puissant séisme enregistré à ce jour dans la métropole québécoise était de 5,8… en 1732.

Mais la ville se trouve bien dans une zone où il y a la possibilité de subir des séismes entre 5 et 6 sur l’échelle de Richter et la forte densité de population ainsi que le type de sol placent Montréal dans une zone dangereuse.

En fait, la région métropolitaine pourrait connaître un tremblement de terre équivalent à celui qui a frappé Haïti en 2010, selon l’étude commandée par le Bureau d’assurance du Canada et menée par la firme AIR Worldwide.

Un facteur de risque est le fait que la majorité des bâtiments sont vieux de plus de 25 ans et qu’ils n’ont pas été construits selon des normes parasismiques qui visent à prévenir les effets des séismes.

« Il va y avoir des dommages. On ne peut pas dire que Montréal est prête à affronter un séisme de très grande envergure sans qu’il y ait aucun problème. Pour ce faire, il faudrait vérifier chaque structure et faire les corrections qui sont requises », affirme Robert Tremblay, professeur spécialisé en conception et construction parasismique à l‘école Polytechnique de Montréal.

On place la probabilité qu’un séisme d’une magnitude de 7,1 touche la vallée du Saint-Laurent et la vallée de l’Outaouais au cours des 50 prochaines années dans une fourchette de 5 % à 15 %.

RCI avec la contribution de Marie Villeneuve, de Radio-Canada

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