Le projet Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le projet Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador.
Photo Credit: PC / Andrew Vaughan

Centrale hydroélectrique à Terre-Neuve-et-Labrador : le courroux des Premières Nations

Une centrale hydroélectrique est en cours de construction sur le site de Muskrat Falls à Terre-Neuve-et-Labrador. Redoutant les dommages d’un tel projet sur leur environnement, les Premières Nations de cette région ont tenu à manifester leur mécontentement, ce qui a donné lieu à des négociations avec les responsables provinciaux qui annoncent « des progrès importants ».

Le projet hydroélectrique de Muskrat Falls est un important projet qui nécessite un investissement de près de 11,5 milliards de dollars et non de 6,4 milliards comme prévu au départ.

Une nouvelle garantie de prêt a été demandée par la province au gouvernement fédéral de Justin Trudeau, à l’issue d’une nouvelle évaluation des coûts par Nalcor Energy, la société d’État chargée de réaliser ce projet.

Si cette garantie de prêt est accordée, le projet coûtera à chaque contribuable près de 1000 $, ce que décrie le chef du Bloc québécois Rhéal Fortin. Il dénonce un projet ruineux qui va également porter atteinte aux intérêts d’Hydro-Québec, d’autant que l’électricité produite à Muskrat Falls pourrait être vendue dans des marchés déjà détenus par la société d’État québécoise.

Ce projet est non seulement ruineux sur le plan financier, mais il représente aussi une menace environnementale importante que dénoncent les Premières Nations.

Le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador
Le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador © CBC

Blocage sur le site de Muskrat Falls

Des centaines de manifestants des Premières Nations ont pris d’assaut le site de Muskrat Falls depuis quelques jours, soutenant que des garanties concrètes doivent leur être présentées par les promoteurs en ce qui concerne le respect de leur environnement.

Les peuples autochtones redoutent notamment des inondations reliées au projet. Ces inondations pourraient entraîner la contamination de leur région au métylmercure, un composé jugé très toxique et dont la présence serait favorisée par la décomposition des résidus végétaux contenus dans les eaux stagnantes.

C’est pourquoi ils réclament un déboisement autour du réservoir de 41 kilomètres carrés créé par la construction du barrage, ce qui aura pour bénéfice l’extraction de la matière organique de surface et la protection des cours d’eau.

Selon des informations du ministère des Affaires autochtones, la question est en train d’être examinée par le ministère des Pêches et Océans.

En attendant, le site est paralysé, les travaux ayant été interrompus à cause de cette invasion des lieux par des Autochtones en colère et déterminés à poursuivre leurs manifestations, cela malgré une ordonnance de la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador qui leur demande d’évacuer les lieux, sous peine d’être arrêtés.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador et les leaders autochtones du Labrador en sont venus à une entente après un marathon de négociations mardi.
Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador et les leaders autochtones du Labrador en sont venus à une entente après un marathon de négociations mardi. © CBC

Alors que se tenait une rencontre entre le premier ministre Dwight Ball et les représentants des Autochtones du Labrador, des manifestations de soutien à leur cause se sont déroulées devant l’édifice de la Confédération à Saint-Jean de Terre-Neuve.

La mobilisation se poursuit sur les réseaux sociaux, où les manifestants appellent la population à être présente à leurs côtés, afin que la grève de la faim qu’ont entamée certains d’entre eux depuis 12 jours ne soit pas menée en vain.

L’on a appris ce matin que le premier ministre serait optimiste pour la suite des travaux. Dwight Ball a en effet annoncé l’engagement de son gouvernement à « résoudre les enjeux clés » reliés à ce projet. Il a par ailleurs promis que Nalcor ne procéderait pas à des inondations en amont du barrage.

RCI avec Radio-Canada et La Presse canadienne

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Il  comprend :

  • la  construction d’une centrale hydroélectrique de 824 mégawatts (MW)
  • de deux lignes de transport de 315 kilovolts longues de 250 km entre Muskrat Falls et Churchill Falls, au Labrador;
  • d’un lien de transport haute tension à courant continu (HTcc) d’une puissance de 900 MW et d’une longueur de 1100 km entre Muskrat Falls et Soldiers Pond (Terre-Neuve)

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Catégories : Autochtones, Économie, Environnement, Société
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