Les représentants de pays au sommet de coopération économique Asie-Pacifique à Lima au Pérou

Les représentants de pays au sommet de coopération économique Asie-Pacifique à Lima au Pérou
Photo Credit: Radio Canada

Canada/États-Unis : quelle pertinence pour la vision modérée de la mondialisation?

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Une  vision modérée de la mondialisation a été suggérée par le premier ministre du Canada et les représentants d’une vingtaine de pays au Sommet de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) au Pérou.

Le libre-échange est depuis quelques années sous le feu de la critique de la part de certains dirigeants qui souhaitent mettre l’économie de leurs pays à l’abri de la concurrence étrangère.

Cela s’est vu en Grande Bretagne avec le référendum qui a permis à ce pays de sortir de l’Union européenne. La Wallonie, petit territoire francophone en Belgique, a récemment tenu à bien préserver les intérêts de ses agriculteurs dans le cadre de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, avant de s’engager finalement à signer cet accord, cela après plusieurs mois de tractations et de négociations houleuses.

Aux États-Unis, le nouveau président désigné, Donald Trump, durant toute la campagne électorale, a clairement marqué son opposition à certains accords commerciaux internationaux et réaffirmé son désir de les renégocier dans l’intérêt de son pays.

Prenant en compte ces différents sons de cloches, les responsables présents aux travaux du Pérou, ont voulu présenter une vision plus modérée de la mondialisation susceptible d’adoucir les perspectives des dirigeants qui tiennent les positions les plus hostiles envers le libre-échange.

Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en compagnie d'autres dirigeants au Sommet de l'APEC à Lima au Pérou, le dimanche 20 Novembre 2016.
Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en compagnie d’autres dirigeants au Sommet de l’APEC à Lima au Pérou, le dimanche 20 Novembre 2016. © Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le Partenariat transpacifique au cœur de la vision modérée

Les dirigeants présents à Lima se sont en permanence préoccupés des changements que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche pourrait induire en ce qui concerne les échanges internationaux.

Le président désigné des États-Unis s’est engagé à retirer son pays des pourparlers en vue des négociations devant permettre la mise en place du Partenariat transpacifique.

Les conséquences d’un tel retrait pourraient être dommageables pour plusieurs pays dont le volume des échanges avec les États-Unis est très important, comme le Canada qui y exporte près de 70 % de ses biens et services, pour un chiffre d’affaires dépassant les 300 milliards de dollars par an.

Le Partenariat transpacifique doit en principe inclure près d’une vingtaine d’ États du littoral du pacifique dont les économies représentent 40 % du PIB mondial.   Comme les États-Unis et Mexique entre autre autres, le Canada est au rang de ces pays.

Conscients du fait que les États-Unis demeurent la plus riche et la plus vaste économie du monde avec un PIB qui se chiffre en dollars à près de 17 968 milliards, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau et les autres dirigeants présents à Lima se sont lancés dans une véritable opération de charme vis-à-vis de ce pays en proposant une « mondialisation modérée ».

Les exportations de biens et services du Canada vers les États-Unis ont dépassé les 300 milliards en 2009, ce qui représente près de 20 % du PIB du pays.
Les exportations de biens et services du Canada vers les États-Unis ont dépassé les 300 milliards en 2009, ce qui représente près de 20 % du PIB du pays. © Mathieu Bolduc

La mondialisation modérée : une question d’intérêts économiques

Le Canada qui a déjà prévu de renégocier un accord clé avec son puissant voisin du Sud, à savoir L’ALENA, se propose à travers une vision modérée de la mondialisation, de mettre une fois de plus un peu de l’eau dans son vin, les enjeux étant colossaux pour son économie.

À l’analyse, les répercussions économiques possibles du partenariat transpacifique pour le Canada se chiffrent à plus de 50 milliards de dollars chaque année.

Il y a bien des façons de voir le commerce international comme étant positif pour les Canadiens, que ce soit dans le secteur de l’automobile […] ou au chapitre des occasions que les PME, nos producteurs agricoles et nos pêcheurs ont de vendre directement leurs produits à la classe moyenne chinoise en passant par pavillon canadien du site alibaba. Nous savons que les emplois dans les industries à fort taux d’exportation au Canada offrent des salaires 50 % de plus que les (autres) secteurs. 

  • Justin Trudeau, premier ministre du Canada
Malgré des oppositions au Partenariat transpacifique, notamment chez les agriculteurs, il est susceptible de générer un gain du PIB au Canada de 4,3 milliards de dollars d'ici 2040
Malgré des oppositions au Partenariat transpacifique, notamment chez les agriculteurs, il est susceptible de générer un gain du PIB au Canada de 4,3 milliards de dollars d’ici 2040 © Radio-Canada

Comme mentionné, les États-Unis, première puissance économique au monde,  selon le Fonds monétaire international, pèsent d’un poids très lourd dans les échanges.

C’est ainsi que les pays impliqués ont tout intérêt à ce que ce pays soit partie prenante de cet accord qui va ouvrir l’accès à un vaste marché et favoriser une plus grande intégration avec d’autres pays, comme le Japon qui présente la troisième économie au monde.

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Catégories : Économie, International, Politique
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