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Des journalistes à un point de presse.
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Des raisons de protéger les journalistes indépendants contre les poursuites judiciaires

Un cas de poursuite judiciaire contre Ricochet, un média indépendant qui diffuse du contenu sur Internet et deux de ses journalistes pigistes, suscite de vives réactions de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ). Son président, Simon Van Vliet, s’est entretenu sur ce sujet avec Alice Chantal Tchandem, et il déplore le sous-financement des médias indépendants et l’absence de protection juridique des journalistes.

C’est une chronique satirique publiée par Ricochet au mois de février 2016, intitulée Notice nécrologique : Richard Martineau (1961-2016), de Marc André Cyr et de l’illustrateur Alexandre Fatta, qui est à l’origine de la poursuite intentée récemment par le chroniqueur du Journal de Montréal contre ce média et ses deux pigistes.

M. Martineau reproche en effet aux journalistes d’avoir porté atteinte à sa réputation en reprenant des propos qu’il juge « injurieux » et particulièrement « offensants » à son endroit. Sous la plume et la caricature des deux journalistes concernés, l’on peut voir un animal qui fait ses besoins sur une tombe, ce qui laisserait penser que le journaliste Martineau n’est plus vivant et qu’il est méprisable, même mort. C’est en tout cas ce que laissent percevoir les avocats de la poursuite qui estiment que les journalistes « ont dépassé les limites de la liberté d’expression et du simple débat d’idées » en mettant ainsi en exergue la mort de Richard Martineau.

La poursuite conjointe de 350 000 $ en dommages et intérêt pour diffamation est, selon le président de l’Association des journalistes indépendants du Québec, un «grave précédent» et il est urgent d’agir pour protéger les journalistes concernés, comme tous les autres journalistes indépendants contre les poursuites abusives.

Considérant que les journalistes pigistes qui travaillent dans les tout petits médias indépendants présentent un statut précaire, car ne possédant pas de liens d’emploi avec les médias auxquels ils collaborent, ils ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour assurer leurs défenses en cas de poursuite et assumer les dommages ceux qui sont réclamés dans le cas de la poursuite de M. Martineau, a reconnu Simon Van Vliet.

Des journalistes en tournage
Des journalistes en tournage © Simon Van Vliet

M. Van Vliet relève le manque d’assurance en responsabilité civile, le manque d’avocats pour assurer la protection des journalistes pigistes de la part de petits médias comme Ricochet.

C’est ainsi qu’il souhaite que plus de moyens soient accordés au financement de ces petits médias indépendants pour qu’ils puissent assurer une réelle protection de leurs journalistes lorsque ceux-ci ont à faire face à la justice.

Ricochet a fait appel à une campagne de sociofinancement sur Internet pour assurer la protection de ses deux collaborateurs. C’est une situation inacceptable qui appelle une action immédiate , a affirmé Simon Van Vliet.

Il estime aussi qu’il est urgent de réformer la Loi sur la presse qui est vieille de plus de 50 ans.

Il mentionne le vide de cette loi qui stipule qu’aucune action judiciaire ne peut être intentée sans préavis contre une entreprise de presse, mais qui n’a rien prévu en ce qui concerne la protection des médias électroniques comme Ricochet, qui ne sont pas enregistrés en vertu de la loi sur les journaux et autres publications.

Comme l’a souligné le président de l’AJIQ, il est important que les journalistes pigistes et les médias indépendants soient mieux couverts pour sortir de la précarité dans laquelle ils sont plongés depuis longtemps, ce qui porte atteinte à l’un des principes fondamentaux en journalisme : la liberté d’expression.

Simon Van Vliet, président de l’Association des journalistes indépendants du Québec.
Simon Van Vliet, président de l’Association des journalistes indépendants du Québec. © Simon Van Vliet
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