Les syndicats et associations de l’Université de Montréal redoutent qu’une réforme accélérée de la charte de l’université compromette les enseignements et le travail des employés.

Les syndicats et associations de l’Université de Montréal redoutent qu’une réforme accélérée de la charte de l’université compromette les enseignements et le travail des employés.
Photo Credit: CBC

Université de Montréal : la réforme qui divise!

L’administration de l’Université de Montréal entend soumettre à l’Assemblée universitaire un projet de refonte de la charte de l’UdeM. Cette décision suscite l’exaspération des syndicats et associations étudiantes qui crient à l’autoritarisme et dénoncent une atteinte à la « liberté académique et à la mission fondamentale » de l’université.

Émilie White, membre du syndicat des employés de l’Université de Montréal et du syndicat canadien de la fonction publique
Émilie White, membre du syndicat des employés de l’Université de Montréal et du syndicat canadien de la fonction publique © Émilie White

L’Université de Montréal est une institution démocratique. Souligne d’entrée de jeu Émilie White, membre du syndicat des employés de cette université.

Madame White entend ainsi contester la décision de l’administration de réformer la charte de cette université, sans impliquer les différents syndicats et associations étudiantes.

Ce qui est qualifié par cette syndicaliste de « véritable coup de force », de la part de l’administration de l’Université, est perçu comme une atteinte à la liberté académique et à la mission fondamentale de cette institution, qui est prioritairement celle de dispenser le savoir et non d’offrir des services.

Madame White dénonce le fait pour les responsables de l’Université d’agir en catimini, au nom d’une certaine « urgence liée au calendrier législatif du Québec », selon le recteur, Guy Breton.

Cette situation empêcherait les membres de la communauté universitaire de se pencher en profondeur sur les différentes propositions de la réforme, le calendrier étant trop précipité pour leur laisser le temps nécessaire à tout examen minutieux.

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Carte géographique situant le campus de l’université de Montréal © Radio-Canada

Dénonçant le fait que la communauté universitaire se retrouve ainsi bousculée par les décisions hâtives de l’administration, Émilie White souligne que le dernier changement à la charte de l’UdeM a eu lieu en 1967 et qu’il était le fruit d’un processus mûri pendant deux ans, impliquant toute la communauté universitaire.

Les associations et les syndicats redoutent les effets possibles d’une refonte trop accélérée de la charte qui favoriserait une centralisation des pouvoirs aux mains de l’administration et qui encouragerait une privatisation massive de l’Université.

Si cette charte était adoptée, elle permettrait à des acteurs extérieurs et privés de s’impliquer dans les grandes décisions concernant les orientations générales de l’université, affirme madame White, qui y voit une route toute tracée vers l’aliénation et l’asphyxie de l’enseignement et de la recherche libre.

Elle appréhende également le fait que cette réforme puisse affaiblir l’indépendance de différents départements de l’Université et précariser les conditions de travail des employés de l’université.

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Catégories : Politique, Société
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