L'homme fort de la Russie.

L'homme fort de la Russie.
Photo Credit: MAXIM MARMUR/AFP/Getty Images

La démocratie canadienne à son tour la cible de Moscou?

Le Canada pourrait être une cible de Moscou. La nouvelle diplomate en chef du Canada y est allée de cette mise en garde au moment où elle annonçait lundi la prolongation de la mission militaire canadienne en Ukraine.

Un militant pro-russe occupe le siège du parlement régional à Donetsk, en Ukraine.
Un militant pro-russe occupe le siège du parlement régional à Donetsk, en Ukraine en 2014 © AFP

Alors que l’ingérence russe dans l’élection présidentielle continue de faire les manchettes aux États-Unis, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, prévient que le Canada pourrait lui aussi se retrouver éventuellement dans le viseur de Moscou.

« Ce n’est pas un secret, et les officiels américains l’ont dit publiquement, et même [la chancelière allemande] Angela Merkel l’a dit publiquement, qu’il y a eu des efforts du côté de la Russie de déstabiliser la démocratie dans l’Ouest », a-t-elle soutenu.

« Et je pense que ça ne doit pas être une surprise si les mêmes efforts [sont déployés] contre le Canada », a enchaîné l’élue de descendance ukrainienne, qui a été déclarée persona non grata par le régime de Vladimir Poutine en mars 2014.

Le saviez-vous?
– La chef de la diplomatie canadienne a été inscrite en février dernier, en même temps que d’autres politiciens du gouvernement canadien, sur une liste noire de persona non grata en sol russe.
– Cette liste existe depuis l’époque en 2014 où Ottawa a annoncé des sanctions contre Moscou dans la foulée de son annexion illégale de la Crimée.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne

Opération de salissage de Moscou?

La ministre Freeland a refusé de dire si le Kremlin s’adonnait directement à une opération de salissage à son égard. Certains sites prorusses ont cependant récemment publié des articles présentant son grand-père comme un collaborateur du régime nazi en Allemagne.

Elle a soutenu avoir « confiance en notre démocratie » et « confiance que nous pouvons nous tenir debout pour contrer ces efforts », sans toutefois préciser si elle a en sa possession des informations tangibles lui permettant d’offrir cette analyse sur la menace russe.

Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, a présenté un projet de loi qui permettra à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) « de recueillir les données biographiques courantes sur tous les voyageurs à leur sortie du Canada ».
Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, a présenté un projet de loi qui permettra à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) « de recueillir les données biographiques courantes sur tous les voyageurs à leur sortie du Canada ». © PC/Justin Tang

Son collègue à la Sécurité publique Ralph Goodale n’a pas non plus voulu entrer dans les détails, mais il a fait valoir que Chrystia Freeland ne parlait probablement pas à travers son chapeau.

Car la numéro deux du gouvernement de Justin Trudeau s’appuie sur les « données appropriées » que lui auraient fournies des « sources très bien informées » à Affaires mondiales Canada, a-t-il souligné en mêlée de presse.

« Le fait est que nous devons demeurer alertes », a tranché le ministre Goodale, rappelant que le premier ministre Justin Trudeau a récemment ordonné une révision en profondeur des systèmes de cybersécurité fédéraux.

L’exercice vise à « défendre le processus électoral du Canada contre les cybermenaces », stipule la lettre de mandat de la nouvelle ministre fédérale des Institutions démocratiques, Karina Gould.

La mission militaire canadienne en Ukraine est prolongée au moins jusqu’en 2019

Alors que la Cour internationale de justice commençait lundi à entendre la plainte de Kiev contre Moscou, le gouvernement canadien a annoncé qu’il prolonge de deux ans sa mission de formation militaire en Ukraine.

Le gouvernement libéral souhaite ainsi envoyer un message clair de solidarité avec ce pays d’Europe de l’Est, ancienne république soviétique maintenant en conflit avec la Russie.

La mission canadienne, que le premier ministre Trudeau avait visitée en juillet dernier, devait se terminer à la fin de ce mois-ci.

Le Canada avait déployé pendant l’été 2015 environ 200 militaires en Ukraine pour contribuer à la formation des forces gouvernementales, après que la Russie eut annexé la Crimée russophone et commencé à soutenir les séparatistes dans la région de Donbass.

Le prolongement de cette mission était souhaité par le gouvernement de Kiev, mais aussi par l’importante communauté ukrainienne au Canada.

Selon le ministère de la Défense, 3200 soldats ukrainiens ont été formés et entraînés par des Canadiens depuis le début de la mission.

Rappel…
– La Cour internationale de justice des Nations unies a commencé, lundi à La Haye, aux Pays-Bas, l’audition du dossier ukrainien.
– Kiev accuse Moscou de soutenir militairement et financièrement les rebelles séparatistes dans l’est de l’Ukraine, et de faire preuve de discrimination à l’égard des non-russophones dans la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014.

Des soldats canadiens entraînent des militaires ukréniens
Des soldats canadiens entraînent des militaires ukréniens © Joint Task Force Ukraine

RCI avec La Presse canadienne

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