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Des produits d’hygiène vaginale triplent les risques d’infections, selon une étude canadienne

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Les femmes qui utilisent certains produits d’hygiène courent trois fois plus de risques de souffrir d’une infection vaginale, selon une enquête menée par l’Université de Guelph en Ontario.

Kieran O'Doherty

Kieran O’Doherty

On savait déjà que les douches vaginales augmentent les risques d’infections et d’autres effets secondaires et qu’elles sont souvent déconseillées par les médecins. La nouvelle étude canadienne laisse maintenant entendre que plusieurs produits d’hygiène féminine peuvent aussi augmenter les risques à la santé.

Le chercheur en psychologie sociale Kieran O’Doherty, auteur principal de l’étude, estime qu’il existe de fortes corrélations entre l’utilisation de ces produits et les risques d’infections qui seraient multipliés par 300 %.

La vaginite à levures est un problème assez fréquent chez les Canadiennes. Deux femmes sur trois en souffriront au cours de leur vie. La paroi vaginale est fragile. Elle possède son propre équilibre biochimique, et de nombreux facteurs peuvent la déstabiliser et entraîner des complications.

Des risques d’infections parfois même multipliés par 8 ou par 20

Les femmes ayant utilisé des gels – à l’externe ou à l’interne – couraient pour leur part 800 % plus de risques d’avoir une infection à levures et étaient 2000 % fois plus susceptibles d’être victime d’une vaginose bactérienne, qui fait en sorte que l’équilibre naturel des microbes dans le vagin est perturbé.

L’étude, publiée dans le journal BMC Women’s Health, révèle en outre que les femmes utilisant des hydratants et des lubrifiants vaginaux sont 2,5 fois plus susceptibles de rapporter une infection à levures et 50 % plus à risque d’avoir une infection urinaire que celles qui n’en utilisent pas.

Les femmes disant avoir utilisé des nettoyants vaginaux couraient près de 3,5 fois plus de risques de rapporter une infection bactérienne et étaient 2,5 fois plus susceptibles de déclarer une infection urinaire. Les lingettes féminines étaient associées au double des risques d’infection urinaire.

Le saviez-vous?
Les produits d’hygiène vaginale seraient très populaires
L’étude qui est l’une des premières à se pencher sur l’utilisation de ces produits dans un contexte canadien confirme que leur utilisation devient plus commune.
Les chercheurs canadiens ont découvert que 95 % des 1500 Canadiennes sondées au sujet de leurs habitudes d’utilisation de gels, de crèmes contre les démangeaisons, de crèmes hydratantes, de vaporisateurs et de lingettes ont dit s’être servi de tels produits au moins une fois durant leur vie.

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Pourquoi ces produits augmenteraient-ils tant les risques d’infection?

Kieran O’Doherty explique que ces produits peuvent empêcher la croissance des bactéries saines nécessaires pour lutter contre les infections.

Les maladies inflammatoires pelviennes, le cancer du col de l’utérus, les troubles de fertilité, les grossesses ectopiques et les accouchements prématurés, de même que les infections bactériennes ou transmises sexuellement ,font partie des problèmes associés à une flore vaginale anormale, ajoute-t-il.

Précisons toutefois que même si l’étude a trouvé un lien entre l’utilisation des produits d’hygiène vaginale et les infections, elle ne peut déterminer s’ils en sont la cause directe.

Dr. Chelsea Elwood

La Dre Chelsea Elwood

La Dre Chelsea Elwood, spécialiste des maladies infectieuses reproductives au BC Women’s Hospital and Health Centre, n’a pas participé à la recherche, mais elle souligne que « c’est un peu une conversation sur l’oeuf ou la poule. Est-ce qu’elles ont une infection à levures, puis elles se tournent vers l’hydratant vaginal parce qu’elles croient qu’il va aider? Ou est-ce qu’elles utilisent l’hydratant vaginal quotidiennement, puis contractent une infection à levures parce que le produit perturbe ce qui se trouve normalement là »?

« Ce type d’études ne peut répondre à cette question, mais il nous permet de penser que le sujet devrait être exploré davantage, et que tous ces produits offerts aux femmes ne sont peut-être pas aussi bénins qu’ils le prétendent. »

En règle générale, Mme Elwood suggère à ses patientes de ne pas utiliser des hydratants, des crèmes contre les démangeaisons ou des lingettes et les encourage « à laisser les choses tranquilles en bas ».

Quoi faire en cas d’infection?
Différents traitements peuvent enrayer de façon efficace une infection vaginale à levures.
Les médicaments destinés à cet usage se nomment antifongiques (produits qui éliminent les champignons).
Plusieurs sont offerts sans ordonnance sous forme de crèmes, de comprimés ou d’ovules vaginaux.

L’infection vaginale à levures n’est pas une infection transmissible sexuellement.

L’infection vaginale à levures n’est pas une infection transmissible sexuellement.

RCI avec La Presse canadienne et Radio-Canada

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Catégories : Société
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