Un régime national d’assurance médicaments permettrait des achats en gros, ce qui abaisserait le prix des médicaments et les frais d’administration. Photo : Radio-Canada

Sacrifier nourriture et chauffage pour ses médicaments d’ordonnance : un choix déchirant pour 1 Canadien sur 10

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De nombreux Canadiens ont de la difficulté à acquérir les médicaments d’ordonnance dont ils ont besoin pour se soigner. La raison est que les prix de ces médicaments sont tout simplement exorbitants, car le Canada paie les prix parmi les plus élevés de tous les pays développés. Le sujet a fait l’objet de multiples débats au pays, ce qui a incité le gouvernement fédéral à mettre en place, dans son budget 2018, le Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime d’assurance médicaments national. Ce Conseil, qui a lancé ses activités le mois dernier, appelle à présent les Canadiens à participer à des consultations en ligne sur la création de ce régime.

RCI avec des informations du gouvernement fédéral et de Radio-Canada

Médicaments d’ordonnance : un tour de force pour 1 Canadien sur 10

De nombreux Canadiens éprouvent beaucoup de difficultés à acquérir les médicaments d’ordonnance dont ils ont besoin pour se maintenir en bonne santé.

C’est un problème auquel est confronté 1 Canadien sur 10, soit près de 3, 5 millions de personnes. Elles sont souvent contraintes à renoncer à la nourriture et au chauffage durant les pires froids hivernaux pour pouvoir acheter leurs médicaments d’ordonnance. Une situation suffisamment grave pour susciter un intérêt soutenu au plus haut niveau. Le gouvernement fédéral, qui a longtemps été interpellé sur cette question, en raison de l’intérêt humain, social et économique pour le pays, a fini par saisir l’urgence d’agir.

Agir au plus vite parce que cela soulagerait le fardeau des Canadiens qui sont obligés de payer jusqu’à 36 % trop cher leurs médicaments d’ordonnance (médicaments de marque ou génériques), par rapport aux autres pays développés.

Seulement 45 % des dépenses en médicaments sont couverts par l’État au Canada, contre 94 % en Suisse, par exemple. Les régimes d’assurance publics relèvent davantage des juridictions provinciales et territoriales. Et de nombreux Canadiens ont recours à des assurances privées pour pouvoir bénéficier d’une couverture suffisante.

Le gain économique pour le Canada découle du fait qu’en mettant sur pied un système public national, cela permettrait des économies pouvant dépasser les 11 milliards de dollars chaque année, soit une diminution de 43 % du coût total actuel, selon les prévisions de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques.

La création d’un système canadien dans lequel les 117 médicaments essentiels seraient couverts coûterait la somme de 1,23 milliard de dollars par année au secteur public, mais permettrait en revanche aux employeurs, aux syndicats et aux familles qui ne bénéficient pas d’une assurance médicaments d’épargner 4,27 milliards par an.

Des mains de pharmaciens trient des pilules. Photo : Radio-Canada

Créer un système national à l’image de celui du Québec?

Le Conseil consultatif, qui est dirigé par l’ex-ministre ontarien de la Santé, le Dr Eric Hoskins, vient de lancer des consultations en ligne sur la création d’un régime d’assurance médicaments national.

La population canadienne est invitée à donner son de point de vues ur ce qui devrait faire partie d’un régime d’assurance médicaments national pendant les travaux du Conseil.

Les Canadiens peuvent le faire au moyen d’un questionnaire en ligne ou en fournissant une soumission écrite au Conseil. Ils peuvent aussi participer à la discussion grâce à un forum de discussion en ligne. Les consultations finiront le 28 septembre 2018.

Des recommandations seront formulées et un plan sera présenté en 2019, peu avant les prochaines élections. C’est à penser que les libéraux de Justin Trudeau comptent en faire un argument de poids de la campagne électorale qui s’annonce particulièrement ardue sur différentes questions, dont sur ce sujet. Il avait d’ailleurs fait l’objet, au mois d’octobre, d’une motion du Nouveau parti démocratique (NPD) aux Communes. Le NPD demandait aux libéraux d’entamer dans les plus brefs délais des négociations avec les provinces pour mettre en place un régime d’assurance médicaments universel.

Il est essentiel pour nous d’obtenir le point de vue directement des Canadiens et des Canadiennes afin que nous puissions trouver la meilleure façon de mettre en œuvre un régime d’assurances médicaments national. J’invite chacune et chacun d’entre eux à participer au processus de consultation en nous faisant part de leur vision d’un régime d’assurance médicaments et en nous disant comment ce régime pourrait profiter à l’ensemble de la population canadienne. Eric Hoskins, président du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d'un régime d'assurance médicaments national..
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Photo : iStockphoto

L’idée de la mise en place d’un régime d’assurance médicaments national a fait l’objet de discussions des premiers ministres des provinces et des territoires, vendredi matin, à la réunion annuelle du Conseil de la Fédération, à St Andrews, au Nouveau- Brunswick. Ils ont rencontré des représentants de syndicats d’infirmières du pays,

À l’unanimité, ils ont décidé d’appuyer cette idée. En plus de recueillir les points de vue des Canadiens, le Conseil consultatif sur la mise en œuvre du régime aura à procéder à une évaluation financière, économique et sociale des modèles nationaux et internationaux.

Le Québec, qui possède déjà son propre régime général d’assurance médicaments, pourra servir de source d’inspiration pour la définition du système canadien.

Ce régime, qui existe depuis plus de 20 ans, a fait ses preuves. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) offre ainsi une couverture obligatoire à chaque citoyen qui n’est pas assuré au privé. Généralement, seuls les travailleurs autonomes, les aînés et tous ceux qui ne sont pas sous un régime d’assurance privée sont couverts par la RAMQ, qui couvre tous les médicaments sous ordonnance.

Prenant en compte certaines données, notamment le niveau du revenu familial net, les personnes couvertes par la RAMQ doivent payer une prime lors de la production de leur déclaration annuelle de revenus. Les enfants de moins de 18 ans, ainsi que les aînés recevant le supplément de revenus garanti (SRG) au taux de 94 % à 100 %, sont exemptés de cette prime.

Le modèle québécois est-il réellement avantageux? On serait tenté de répondre par la négative, selon les constats suivants :

Le Québec est parmi les plus dépensiers en matière de médicaments, juste derrière les États-Unis. Les dépenses en produits pharmaceutiques ont totalisé 1087 $ par habitant au Québec en 2014, comparativement à 912 $ dans le reste du Canada.

Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, la médiane des dépenses est de 603 $. C’est 45 % moins cher qu’au Québec, un écart attribué aux différences de prix et aux choix thérapeutiques, plutôt qu’aux volumes d’ordonnances.

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