Un régime national d’assurance médicaments permettrait des achats en gros, ce qui abaisserait le prix des médicaments et les frais d’administration. Photo : Radio-Canada

Un régime national d’assurance médicaments permettrait des achats en gros, ce qui abaisserait le prix des médicaments et les frais d’administration. Photo : Radio-Canada

Le programme pancanadien d’assurance médicaments devrait-il abolir ceux des provinces?

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Le Canada est aujourd’hui le seul pays industrialisé qui offre des soins de santé universels, mais qui n’a pas de régime universel d’assurance médicaments.

Au Parlement, mardi, lors du dépôt de son budget, le ministre canadien des Finances indiquait que le pays va s’engager dans un processus qui pourrait combler cette lacune. Certains souhaitent en fait l’adoption d’un régime national d’assurance médicaments entièrement public en remplacement du système mixte public privé géré par les provinces, comme au Québec.

Un comité-conseil est mis en place pour évaluer la création d’un programme pancanadien d’assurance pour les médicaments d’ordonnance qui pourrait coûter aux Canadiens 19 milliards par année. La province du Québec, qui possède son propre régime, en serait exemptée.

Au cours de la prochaine année, l’ex-ministre de la Santé de l’Ontario Eric Hoskins présidera les consultations du comité-conseil. Le gouvernement ne fixe pas d’échéancier pour la présentation des conclusions de ce comité, faisant croire que les libéraux du Justin Trudeau prévoient faire de l’assurance médicaments un élément central de leur campagne électorale en 2019 avec l’avantage de venir pour ainsi dire couper l’herbe sous le pied du NPD.

Ce parti de l’opposition a présenté en octobre dernier une motion demandant aux libéraux d’entamer, d’ici octobre 2018, des négociations avec les provinces afin de mettre en place un régime d’assurance médicaments universel. Les libéraux s’étaient opposés à cette motion.

Écoutez

Le saviez-vous?
– On estime qu’une personne sur 10, soit environ 3 millions et demi de Canadiens, ne peut pas recevoir des médicaments prescrits faute de moyens financiers.
– Plus d’un Canadien sur cinq affirme avoir omis des doses, pris des pilules fractionnées ou n’a pas rempli des ordonnances pour épargner de l’argent au cours de l’année précédente.

Des mains de pharmaciens trient des pilules - Photo : Radio-Canada

Des mains de pharmaciens trient des pilules.  Photo : Radio-Canada

Une couverture universelle des médicaments ferait économiser des milliards

Une vaste étude montrait il y a un an qu’une couverture universelle sur 100 médicaments essentiels, représentant 44 % de toutes les ordonnances délivrées au Canada, ferait épargner aux patients jusqu’à 3 milliards de dollars par année.

Les résultats de cette étude, publiés lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne, indiquaient qu’un système à payeur unique qui fournirait l’accès précisément à 117 médicaments à tous les Canadiens permettrait de combler les lacunes qui existent dans les programmes de soins de santé provinciaux.

Les 117 médicaments d’ordonnance incluent des antidépresseurs, des contraceptifs oraux, des analgésiques et des médicaments pour contrôler la pression artérielle et le diabète. Les exemples incluent aussi l’insuline et certains antibiotiques.

Selon l’étude, la création d’un système canadien dans lequel les 117 médicaments essentiels seraient couverts coûterait la somme de 1,23 milliard de dollars par année au secteur public, mais permettrait en revanche aux employeurs, aux syndicats et aux familles qui ne bénéficient pas d’une assurance médicaments d’épargner 4,27 milliards par an.

« Si vous regardez les médicaments sur la liste, ce sont des traitements pour l’hypertension, le diabète, le VIH, des médicaments qui sauvent des vies. Nous savons aussi qu’il y a des gens qui ne prennent pas ces médicaments en raison du coût. Si vous mettez ces deux choses ensemble, il semble probable qu’une liste des médicaments essentiels pourrait améliorer les soins et améliorer l’espérance de vie », indique le Dr Nav Persaud, médecin de famille à l’Hôpital St. Michael à Toronto.

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RCI avec La Presse canadienne et la contribution d’Alice Chantal Tchandem Kamgangde de RCI et de Bis Petitpas et Madeleine Blais-Morin de Radio-Canada

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Catégories : International, Politique, Santé, Société
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