Un aîné sur trois vit avec la démence au moment de son décès au Canada. Par ailleurs, la démence touche davantage les femmes que les hommes. (Photo : © iStock-Ocskaymark)

Stratégie nationale sur la démence : engager davantage les patients et mieux sensibiliser les Canadiens

Share

Une stratégie canadienne sur la démence devrait reconnaître le rôle central des personnes vivant avec la démence et leurs aidants ainsi que l’importance de la prévention et la sensibilisation pour bien vivre avec la démence, a conclu un comité d’experts formé par l’Académie canadienne des sciences de la santé (ACSS) à la demande de l’Agence de la santé publique du Canada. 

Au Canada, un aîné sur trois vit avec la démence au moment de son décès. De plus, on estime qu’environ un baby-boomer sur cinq au Canada sera atteint de démence au cours de sa vie.

Ces données sur la population, ainsi que celles qui prouvent que les coûts associés à la démence pour le système de santé et de services sociaux sont déjà très élevés, ont confirmé la nécessité pour le pays de s’interroger sur la meilleure manière de répondre aux défis imposés par la démence.  

« La population vieillissante du Canada et la prévalence croissante de la démence représentent un défi important pour les personnes atteintes de démence, leur famille et leurs aidants. Nous croyons que ces constatations contribueront à l’élaboration d’une stratégie nationale sur la démence visant à mieux répondre aux besoins des personnes aux prises avec la démence et de leurs aidants. »Dr Howard Bergman, président du groupe d’experts de l’ACSS et directeur du Département de médecine de famille à l’Université McGill.

Une stratégie nationale en matière de démence s’est avérée essentielle pour établir une vision centrale claire qui permettra d’orienter la mobilisation des ressources pour répondre aux besoins.

Selon le comité d’experts, la stratégie nationale devrait également aider le Canada à se préparer à l’apparition de symptômes précurseurs de la démence et à la recherche sur des médicaments modificateurs de la maladie. Cela permettrait un changement positif sur la vie de nombreuses familles canadiennes, mais pourrait aussi entraîner de la pression supplémentaire sur le système de santé et de services sociaux et rendre plus difficile d’assurer un accès équitable.


PRINCIPALES CONCLUSIONS DU RAPPORT DU COMITÉ D’EXPERTS

1. Approche globale – Le Canada peut être fier des contributions issues des nombreuses stratégies provinciales en matière de démence qui ont déjà été élaborées et mises en œuvre. Ces initiatives se comparent très avantageusement à celles adoptées dans d’autres parties du monde. 

2. Favoriser la participation active des personnes vivant avec la démence – Il est de plus en plus courant que les personnes vivant avec la démence participent activement à leurs propres soins, de même qu’à la recherche et au façonnement des services de santé. Cette approche est considérée comme une pratique exemplaire émergente dans presque toutes les stratégies en matière de démence du Canada et d’ailleurs dans le monde.

3. Prévention, sensibilisation et approches pour bien vivre avec la démence – Il existe suffisamment de données probantes pour encourager l’adoption de projets de promotion de la santé (amélioration des niveaux de scolarisation, saine alimentation, exercice, désaccoutumance au tabac, prévention des traumatismes crâniens) et d’interventions de prévention (détection précoce de l’hypertension, de l’hyperlipidémie et du diabète, entre autres).

4. Améliorer les services sociaux et les soins de santé offerts aux personnes vivant avec la démence – Beaucoup de personnes vivant avec la démence de même que leurs aidants ont un accès limité aux évaluations et aux services en lien avec la démence.

5. Éducation et soutien pour les aidants – Les aidants souhaitent offrir des soins et en tirent des bienfaits. Cependant, ils font face à des défis associés à leurs responsabilités accrues envers la personne vivant avec la démence, défis qui ont des effets sur leur propre santé, leur emploi et leurs finances. 

6. Bâtir et soutenir la main-d’œuvre du secteur des services sociaux et des soins de santé – La planification des effectifs est essentielle pour s’assurer que le nombre et le type de fournisseurs de soins sont adéquats pour répondre aux besoins.

7. Recherche et innovation – Les investissements doivent être répartis équitablement entre les quatre thèmes de recherche (recherche biomédicale; recherche clinique; recherche sur les services de santé; et recherche sur les facteurs sociaux, culturels et environnementaux qui influent sur la santé des
populations).

8. Mise en œuvre – Un leadership solide du gouvernement, la collaboration des diverses parties prenantes et une définition claire des rôles sont des éléments essentiels pour guider, encourager et évaluer le changement.


(Photo : iStock/monkeybusinessimages)

La Loi relative à une stratégie nationale sur la maladie d’Alzheimer et d’autres démences a été adoptée par le Parlement en 2017. Elle prévoit l’élaboration d’une stratégie nationale en matière de démence pour le Canada.

La ministre fédérale de la Santé, par l’entremise de l’Agence de la santé publique du Canada, a demandé à l’ACSS de produire une évaluation officielle basée sur des données probantes afin d’orienter les priorités de cette stratégie nationale.

Qu’est-ce que la démence?

Le terme démence décrit une combinaison de déficiences cognitives et fonctionnelles acquises qui réduisent la capacité d’une personne à réaliser des activités courantes et à vivre de manière autonome. Les changements d’humeur et de comportement sont fréquents. La démence n’est pas un aspect normal ou inévitable du vieillissement, même si la probabilité de la développer augmente après le milieu de la vie.

  • La démence touche les femmes de manière disproportionnée, elles sont plus nombreuses à vivre avec la démence et à agir à titre d’aidantes.
  • La démence a de nombreuses facettes et elle touche des personnes de toute culture, origine ethnique, religion, nationalité, orientation sexuelle et capacité. Cependant, les données probantes disponibles suggèrent que chez les Premières Nations, la prévalence de la démence est 34 % plus élevée qu’au sein de la population générale et qu’elle augmente à un rythme plus rapide. 

Pour en savoir plus : 

Sources : Académie canadienne des sciences de la santé. (2019). Améliorer la qualité de vie et les soins pour les personnes vivant avec la démence et leurs aidants. Le comité d'experts sur les soins aux personnes vivant avec la démence au Canada, ACSS. 
Share
Catégories : Politique, Santé, Société
Mots-clés : , , , ,

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions ou dans une des deux langues officielles, soit le français ou l'anglais. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*