Dans cette photo du 20 novembre 2010, Asia Bibi écoute les responsables d'une prison à Sheikhupura près de Lahore, au Pakistan. THE CANADIAN PRESS/AP, File / THE ASSOCIATED PRESS

Après huit ans passés dans les couloirs de la mort au Pakistan pour blasphème, Asia Bibi pourra se réfugier au Canada

Share

Asia Bibi a été condamné à mort au Pakistan, il y a huit ans, pour blasphème après avoir été reconnu coupable d’avoir insulté le prophète Mahomet.

Le plus haut tribunal du Pakistan vient de confirmer, mardi, l’acquittement de Mme Bibi prononcé en octobre dernier et élimine donc le dernier obstacle juridique à son départ de ce pays où l’islam est la religion officielle. Les musulmans y constituent de 95 % à 97 % de la population, alors que le reste des habitants est principalement chrétien et hindou.

Ottawa se dit maintenant prêt à faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la sécurité et permettre à Asia Bibi de se réfugier au Canada. Affaires mondiales Canada considère que son cas est une priorité.

Saiful Malook, l’avocat de Mme Bibi, indiquait dans un article d’opinion dans le Washington Post, le mois dernier, que si sa cliente pouvait un jour quitter le Pakistan, sa destination la plus probable serait le Canada. L’automne dernier, le premier ministre Justin Trudeau déclarait à l’Agence France-Presse, à Paris, qu’Ottawa était en pourparlers avec le gouvernement pakistanais dans cette affaire, sans commenter davantage, étant donné la nature délicate des négociations.

Un partisan pakistanais de l’Ahle Sunnat Wal Jamaat (ASWJ), un parti religieux extrémiste, tient une image de la chrétienne Asia Bibi lors d’un rassemblement de protestation à la suite de la décision d’une cour de l’acquitter de blasphème, à Islamabad, le 2 novembre 2018. AAMIR QURESHI/AFP/Getty Images

Des manifestations au Pakistan ont retardé sa libération

Après le premier acquittement de Mme Bibi, en octobre, des partis religieux radicaux avaient manifesté dans les rues. À la toute dernière minute, des responsables religieux ont également interjeté appel de l’acquittement.

Le gouverneur d’une province qui avait pris la défense de Mme Bibi a été tué par balle, tout comme un ministre du gouvernement minoritaire qui remettait en cause les lois de l’islam contre le blasphème.

La loi pakistanaise sur le blasphème est souvent utilisée lors de règlements de compte ou pour intimider les fidèles de religions minoritaires, y compris les chiites.

Le gouverneur du côté pakistanais du Pendjab, Salman Taseer, reçoit Asia Bibi, en novembre 2010. M. Taseer a été assassiné un mois et demi plus tard parce qu’il s’était opposé à l’utilisation de la loi condamnant le blasphème dans le cas de Mme Bibi. Photo : The Associated Press

Des preuves « douteuses » de la culpabilité de Mme Bibi

Asia Bib récemment British Pakistani Christian Association/AFP/Getty Images

Mardi, le juge en chef de la Cour suprême du Pakistan, Asif Saeed Khan Khosa, a conclu que les accusateurs de Mme Bibi, il y a huit ans, s’étaient rendus coupables de parjure et qu’ils auraient pu être incarcérés à vie si l’affaire n’était pas aussi épineuse.

Le juge Khosa a ajouté que « l’image de l’islam que nous présentons au monde me cause beaucoup de peine et de tristesse ». La plupart des preuves déposées contre Mme Bibi étaient douteuses et certaines semblaient même avoir été fabriquées, a dit le magistrat. Il a rappelé que le religieux qui a accusé Mme Bibi s’est contredit, ce que personne n’a pas contesté au cours du procès.

Affaires mondiales exhorte maintenant le gouvernement pakistanais à prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer la sécurité de Mme Bibi.

Aide-mémoire...
Les problèmes de Mme Bibi avaient commencé en 2009, quand elle avait offert de l’eau à des ouvriers agricoles avec qui elle travaillait.
Une dispute avait éclaté lorsque certains ont refusé de boire dans le même contenant qu’une chrétienne, et deux d’entre eux l’ont ensuite accusé d’avoir insulté le prophète Mahomet.
Elle a été condamnée à mort l’année suivante.

Des partisans du parti politique islamiste Jamiat Ulema-e-Islam-F protestent, le 2 novembre dernier, après que la Cour suprême du Pakistan eut acquitté Asia Bibi, une chrétienne accusée de blasphème, et eut annulé sa peine capitale pour outrage au prophète Mahomet. (Bilawal Arbab/EPA-EFE)

RCI avec La Presse canadienne et la contribution de Radio-Canada

En complément

La destination la plus probable d’Asia Bibi serait le Canada – Radio-Canada 

Asia Bibi bientôt au Canada? – Radio-Canada 

Maintenant sortie de prison, la chrétienne Asia Bibi plus vulnérable que jamais au Pakistan – Radio-Canada 

Share
Mots-clés : , , , , , , ,
Publié dans : Immigration et Réfugiés, International, Politique

Vous avez remarqué une erreur ou une faute ? Cliquez ici !

@*@ Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères restants

Note: En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio Canada International a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit. Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s'ils respectent la nétiquette.

Nétiquette »

Quand vous vous exprimez dans le cadre d'une tribune, vous devez être aussi courtois que si vous parliez à quelqu'un face à face. Les insultes et attaques personnelles ne seront pas tolérées. Ne pas être d'accord avec une opinion, une idée ou un événement est une chose, mais manquer de respect envers autrui en est une autre. Les grands esprits ne se rencontrent pas toujours, et c'est bien là l'intérêt des tribunes!

La nétiquette est l'ensemble des règles de conduite régissant le comportement des internautes. Avant d'intervenir dans une tribune, il est important d'en prendre connaissance. Sinon, on risque l'expulsion!

  1. Les tribunes de RCInet.ca ne sont pas anonymes. Au moment de s'inscrire, les utilisateurs sont tenus d'indiquer leurs nom, prénom et lieu de résidence, qui s'afficheront au moment de la publication de leur commentaire. RCInet.ca se réserve le droit de ne pas publier un commentaire s'il existe un doute quant à l'identité de son auteur.
  2. L'usurpation de l'identité d'autrui dans l'intention d'induire en erreur ou de causer un préjudice est une infraction grave passible d'expulsion.
  3. Les tribunes de Rcinet.ca sont ouvertes à tous, quels que soit l'âge, l'origine ethnique, la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle.
  4. Les propos diffamatoires, haineux, racistes, xénophobes, homophobes, sexistes ou disgracieux envers l'origine ethnique, l'appartenance à une religion ou à un groupe d'âge ne seront pas publiés.
  5. Dans Internet, les majuscules équivalent aux cris et peuvent être interprétées comme de l'agressivité, ce qui est plutôt désagréable pour vos interlocuteurs. Tout message contenant un ou des mots écrits en majuscules (à l'exception des sigles et des acronymes) sera rejeté. Il en sera de même pour les messages contenant un ou des mots en caractères gras, italiques ou soulignés.
  6. Le langage vulgaire, obscène ou malveillant est interdit. Les tribunes sont des lieux publics, et vos propos pourraient heurter certains internautes. Les personnes faisant usage d'un langage grossier seront expulsées.
  7. Le respect mutuel est de mise entre les utilisateurs. Ainsi, il est interdit d'injurier, de menacer ou de harceler un utilisateur. Vous pouvez exprimer votre désaccord avec une idée sans attaquer quiconque.
  8. L'échange d'arguments et de vues contradictoires est un élément clé d'un débat sain, mais il ne doit pas prendre la forme d'un dialogue ou d'une discussion privée entre deux participants qui s'interpellent sans égard aux autres participants. Les messages de ce type ne seront pas affichés.
  9. Radio Canada International diffuse en cinq langues. Les échanges dans les forums doivent se faire dans la même langue que le contenu que nous publions. L'usage d'autres langues, à l'exception de quelques mots, est interdit. Les messages sans rapport avec le sujet ne seront pas publiés.
  10. L'envoi de messages à répétition nuit aux échanges et ne sera pas toléré.
  11. L'insertion d'images ou de tout autre type de fichier dans les commentaires est interdite. L'inclusion d'hyperliens vers d'autres sites est permise, à condition qu'ils respectent la nétiquette. Toutefois, Radio Canada International n'est aucunement responsable du contenu de ces sites.
  12. La copie d'un texte d'autrui, même avec référence à son auteur, est inacceptable si cet extrait constitue la majeure partie du commentaire.
  13. La publicité et les appels à la mobilisation, sous quelque forme que ce soit, sont interdits dans les tribunes de Radio Canada International.
  14. Tous les commentaires et autres types de contenus sont modérés avant publication. Radio Canada International  se réserve le droit de ne pas publier les messages des internautes.
  15. Radio Canada International se réserve le droit de fermer une tribune à tout moment, sans préavis.
  16. Radio Canada International se réserve le droit de modifier ces règles de conduite (nétiquette) en tout temps, sans préavis.
  17. En participant à ses tribunes, vous autorisez Radio Canada International à publier vos commentaires sur la toile pour un temps indéfini. Cela suppose aussi que ces messages seront indexés par les moteurs de recherche d'Internet.
  18. Radio Canada International  n'est nullement tenue de retirer vos messages du web, si un jour vous en faites la demande. Nous vous invitons donc à bien réfléchir à vos propos et aux conséquences de leur publication.

*