Syndicats de la petite enfance et opposition dénoncent le projet de loi sur la maternelle à 4 ans au Québec. Crédit : Radio-Canada

Tirs groupés de l’opposition sur le projet de loi de la CAQ portant sur la maternelle 4 ans au Québec

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Les partis d’opposition, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et le Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance (CQCEPE) ont critiqué en bloc le dépôt « à tout prix » du projet de loi sur la maternelle à 4 ans par la Coalition avenir Québec, soutenant qu’elle est inopportune et que les infrastructures feront défaut à sa mise en œuvre.

Une promesse phare du gouvernement Legault

Quand le projet a été présenté en campagne électorale, les caquistes n’ont pas précisé que c’était une obligation pour les écoles de revoir leurs projets pour inclure des maternelles 4 ans dès l’année prochaine, déplorent les trois partis d’opposition.

Il y a eu des communications entre le ministre de l’Éducation et les commissions scolaires. Jean-François Roberge leur demande de créer des places pour l’instauration de la maternelle 4 ans dès la prochaine rentrée scolaire.

Les porte-parole du Parti québécois, du Parti libéral et de Québec solidaire s’insurgent contre ce qui est perçu comme une tentative de forcer le projet 4 ans au détriment d’autres enjeux propres aux commissions scolaires.

Il faut des ressources supplémentaires pour la mise en œuvre de ce projet qui vise, d’ici 5 ans, à doter les commissions scolaires de 5000 places en maternelle 4 ans, dont 220 dès la rentrée 2020-2021.

C’est ce qui expliquerait les réticences observées dans certaines commissions scolaires. À cela, il faut ajouter qu’il y a des parents qui ne veulent pas envoyer leurs enfants à la maternelle à cet âge, parce qu’ils ont le sentiment d’abdiquer leurs responsabilités.

Un sondage Léger réalisé pour le compte de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) démontre que le CPE demeure le choix de prédilection d’une proportion importante de parents. À coût et accès égal, 49 % des parents disent préférer le CPE pour leur enfant de 4 ans, contre 19 % qui affirment préférer la maternelle.

Cette préférence s’exprime aussi pour les enfants de 1 à 3 ans : 51 % des parents préfèrent le CPE à tous les autres types de services éducatifs pour leur enfant de cette tranche d’âge.

51 % des parents considèrent que le CPE représente ou incarne le mieux la qualité, contre 6 % pour les maternelles 4 ans.

« Le gouvernement doit prendre acte de ces résultats, a affirmé Geneviève Bélisle, directrice générale de l’AQCPE. Il s’appuie sur la liberté de choix des parents pour justifier sa décision d’offrir la maternelle 4 ans partout sur le territoire, de façon universelle. Or, ce choix ne pourra s’exercer si on ne poursuit pas le développement du réseau des CPE. On constate des résultats du sondage que le seul obstacle à la fréquentation d’un CPE est le manque de places. Comme le premier ministre, nous ressentons l’urgence d’agir pour assurer la réussite de tous les enfants. Mais on ne doit pas confondre l’objectif et le moyen. Les CPE ont fait leurs preuves. Les parents le reconnaissent et ils veulent en majorité y envoyer leurs enfants. On demande au premier ministre de reconnaître que le mur à mur n’est pas la solution à privilégier. »

Dans certains cas, l’opposition soutient que les commissions scolaires peuvent avoir raison d’afficher une certaine hostilité par rapport aux propositions du projet de loi du ministre Jean-François Roberge. Les délais sont trop courts et les partis suggèrent d’accorder plus de temps aux commissions scolaires pour mettre en place les conditions favorables à l’instauration des classes devant abriter la maternelle 4 ans, s’il le faut à tout prix.

Une classe de maternelle 4 ans dans un milieu défavorisé en Outaouais Crédit : Radio-Canada

M. Legault fait fausse route, soutiennent les syndicats

Comme l’opposition, les principaux syndicats relevant de la petite enfance font part de leur désaccord à l’idée d’instaurer la maternelle à 4 ans.

Rappelant que la maternelle 4 ans existe déjà partout au Québec, dans des endroits bien ciblés, et qu’elle soutient la communauté défavorisée, la députée de WestmountSaint-Louis et porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, Jennifer Maccarone, demande au gouvernement de revenir sur sa proposition d’imposer la maternelle 4 ans pour tous.

« Le réseau des services de garde a développé une expertise qui a fait ses preuves et qui fait la fierté des Québécois. Ce sondage démontre aujourd’hui que la voix des parents s’ajoute à celle du réseau des services de garde, du réseau de l’Éducation et des chercheurs. La maternelle 4 ans pour tous, ce n’est pas la solution. Le gouvernement doit être à l’écoute de la population. À part le premier ministre, qui veut vraiment des maternelles 4 ans mur à mur », a dit Jennifer Maccarone.

Allant dans le même sens, la vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Line Camerlain, rappelle que la maternelle 4 ans est pertinente comme mesure éducative et préventive pour les enfants issus de milieux défavorisés qui ne fréquentent aucun service éducatif, mais que le déploiement universel n’est pas nécessaire.

« Le gouvernement caquiste, en s’entêtant à vouloir rendre la maternelle universelle, ne s’attaque pas aux vraies priorités en éducation. Nous invitons une fois de plus le ministre Jean-François Roberge à tenir compte de tous les enjeux et de la position des acteurs du milieu. La CSQ continue de soutenir le déploiement des maternelles 4 ans quand il se fait en milieu défavorisé pour rejoindre les enfants qui ne fréquentent aucun service éducatif à la petite enfance », ajoute la vice-présidente de la Centrale.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, doit modifier la Loi sur l'instruction publique pour offrir la maternelle à tous les enfants 4 ans.

Le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge Photo : La Presse canadienne 

À noter
Le premier ministre François Legault et le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, ont tenu un point de presse jeudi pour dévoiler les détails du projet de loi no 5 modifiant la Loi sur l’instruction publique et d’autres dispositions à l’égard des services de l’éducation préscolaire destinés aux élèves âgés de 4 ans.

Ils ont soutenu que ce projet de loi permettra, à compter de 2020-2021 :

  • le déploiement progressif et à grande échelle des classes de maternelle 4 ans à temps plein;
  • l’accès graduel à ce service éducatif à tout enfant de 4 ans sans égard au milieu économique dans lequel il vit;
  • la possibilité pour les parents d’opter pour la maternelle 4 ans à temps plein ou pour un service de garde éducatif à l’enfance.

M. Legault et son ministre de l’Éducation mentionnent aussi que les travaux entourant la création d’un cycle d’apprentissage pour l’éducation préscolaire, composé de la maternelle 4 ans et de la maternelle 5 ans, sont amorcés pour assurer la continuité des services et renforcer l’accompagnement des enfants, et que l’ajout de ressources spécialisées à l’école permettra aux enfants de la maternelle 4 ans de bénéficier de services adaptés à leur situation.

« Ultimement, la maternelle 4 ans, pour tous, mais non obligatoire, va nous permettre d’augmenter le taux de diplomation et d’améliorer la réussite scolaire de nos enfants. Je pense que nous pouvons tous être fiers de cette grande ambition que nous nous donnons. Bien sûr, ce changement ne se fera pas du jour au lendemain. En ce moment, la maternelle 4 ans est uniquement offerte dans certains milieux défavorisés. Pourtant, les difficultés d’apprentissage n’ont pas de code postal et tous les enfants du Québec devraient pouvoir profiter de ce service. Tous nos enfants devraient avoir accès plus tôt au réseau scolaire et ainsi pouvoir être suivis plus jeunes s’ils ont des difficultés d’apprentissage. », a relevé Jean-François Roberge.

SOURCE : Aile parlementaire du Parti libéral du Québec, Association québécoise des centres de la petite enfance, Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le cabinet du premier ministre du Québec et Radio-Canada 

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