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Écrasement d’Ethiopian Airlines : le Canada refuse d’immobiliser ses Boeing 737. Pourquoi?

La Chine, l’Indonésie, l’Australie et la Corée du Sud viennent de clouer au sol tous leurs Boeing 737 MAX 8 pour des inspections, ce à quoi se refuse pour le moment le Canada, l’un des pays avec l’une des aviations civiles les plus sécuritaires du monde.

Le ministre des Transports Marc Garneau écoute une question lors d’une conférence de presse à Ottawa, lundi. Il a dit qu’il n’hésiterait pas à voler sur un Boeing 737 MAX 8. (Adrian Wyld/Presse canadienne)

Au moins trois lignes aériennes, Cayman Airways, Comair, AeroMexico, et Aerolineas Argentinas ont aussi choisi de garder au sol les appareils 737 MAX 8.  À Singapour, une plaque tournante du transport aérien en Asie, le régulateur de l’aviation civile a également interdit les Boeing 737 MAX dans son espace aérien.

Les autorités de l’aviation civile ou les compagnies aériennes ont ainsi immobilisé au sol, mardi, environ 40 % de la flotte mondiale de 737 MAX 8.

Le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, estime cependant qu’il est tout simplement trop prématuré de dire ce qui a causé l’écrasement du tout nouvel avion de ligne éthiopien. Alors, tant que les enquêteurs n’auront pas déterminé la cause de cet incident meurtrier, les 41 Boeing 737 MAX 8 appartenant à des transporteurs aériens canadiens seront libres de voler au Canada.

Prêt à monter à bord n’importe quand

La catastrophe d’Ethiopian Airlines qui a coûté la vie à 157 personnes, dont 18 Canadiens, est le deuxième accident mortel du genre pour un modèle Boeing 737 MAX 8 en moins de six mois.

« Je monterais, sans hésitation, à bord d’un avion de ce type à ce moment précis. Je rassure les Canadiens en leur disant que nous déterminerons la cause de l’écrasement [en Éthiopie]. Cet avion a déjà des millions de kilomètres de vol », a dit le ministre Garneau.

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Des secouristes fouillent les débris du Boeing 737 MAX 8 qui s’est écrasé dimanche, à Addis-Abeba, en Éthiopie. Photo: The Associated Press / Mulugeta Ayene

Laisser calmement l’enquête suivre son cours

M. Garneau précise que les organismes de réglementation canadiens ne veulent pas « sauter aux conclusions » malgré les similitudes entre les incidents indonésiens et éthiopiens.

Il a déclaré qu’étant donné que l’enregistreur de vol et d’autres sources critiques de données de vol ont déjà été récupérés sur les lieux de l’accident, une enquête peut être effectuée relativement rapidement.

« Les fonctionnaires de Transports Canada travaillent avec leurs homologues américains afin d’évaluer les prochaines étapes. Le National Transportation Safety Board des États-Unis recueille toutes les informations disponibles et une équipe a été envoyée sur place. Toute décision sera prise sur la base de données scientifiques et dans le but de maintenir les plus hauts niveaux de sécurité », a dit un porte-parole du ministère des Transports.

Du côté des compagnies aériennes canadiennes

WestJet, dont le siège social est situé à Calgary, a déclaré qu’elle « travaille avec Boeing pour assurer l’exploitation continue et sécuritaire de notre flotte MAX », qui comprend 13 MAX 8.

« Nous avons piloté cinq variantes différentes du Boeing 737 depuis 1996, et la flotte exploite actuellement environ 450 départs quotidiens sûrs de B737, a déclaré Morgan Bell, porte-parole de WestJet dans un communiqué. Nous suivons la situation de près et ne spéculerons pas sur la cause de l’incident. »

Air Canada a indiqué dans un courriel que ses 24 appareils MAX 8 avaient donné d’excellents résultats et respectaient les normes de sécurité et de fiabilité.

L’Association des pilotes d’Air Canada (APAC), qui représente 4000 pilotes, appuie la décision du ministre et ne demande pas à ce que les avions soient cloués au sol. Elle veut toutefois s’assurer que « le dossier se retrouve sur le dessus de la pile du bureau du ministre » et, reconnaissant que ce dernier est proactif, veut se garantir qu’il le demeure « pour assurer la sécurité du public voyageur canadien ».

Aux quatre coins du monde pourtant, dont aux États-Unis, le doute s’installe sur la fiabilité de sa plus récente version, lancée il y a moins de deux ans. En Bourse, l’action de Boeing a perdu jusqu’à 13 % de sa valeur lundi.

L’immobilisation complète des 737 MAX 8 serait un revers majeur pour Boeing. Ils sont non seulement la locomotive des ventes et des bénéfices, mais 350 exemplaires de cet avion, entré en service depuis 2017, volent actuellement.

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Lundi, la Chine, qui possède un cinquième des livraisons mondiales de Boeing 737 MAX 8, a ordonné à ses compagnies aériennes nationales de suspendre les vols de ces avions. Leur utilisation pourra reprendre seulement après confirmation par les autorités américaines et Boeing de mesures prises pour garantir avec efficacité la sécurité des vols.

RCI avec La Presse canadienne, AFP, Reuters, CBC News et la contribution de Radio-Canada

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